C'est déjà le temps de notre quatrième revue annuelle des meilleurs et pires coups de l'année dans le monde du DVD! Cette année je ne vous dirais pas que le DVD a pris plus de popularité puisque dans ma revue de l'an dernier nous avons constaté que la technologie était bien implantée, même par chez nous! L'incertitude de l'arrivée d'un format haute définition qui remplacerait le DVD est bien passée dans la tête des consommateurs. Les gens sont bien contents de ce que le support DVD leur apporte déjà et plusieurs se sont déjà plongés tête première à se fabriquer une collection personnelle de leurs films favoris. Même l'astronaute Padalka sur la station spatiale s'est fait livrer le 25 mai dernier un bon lot de DVD par la fusée Progress-M49 et la M50 le 16 août suivant! Le gagnant du prochain format DVD haute définition devra préalablement être capable de jouer les DVD existants sinon l'attrait de cette technologie sera limité aux consommateurs de produits haut de gamme. Justement cette technologie haute définition a fait bien des vagues cette année alors qu'elle est réellement encore en développement aux yeux du grand public... nous en parlerons plus loin dans cette revue.
Durant les six premiers mois de 2004, l'industrie du vidéo a envoyé aux différents marchants de l'Amérique du Nord plus de 649 millions de DVD, soit 52% de plus que l'an dernier à la même date. Depuis 1997, il s'est vendu près de trois milliards de DVD, une croissance incomparable pour un média de divertissement. Il y a à ce jour 40 482 (en date du 9 décembre) titres de DVD de disponibles en zone 1 (titres discontinués et adultes exclus). L'inévitable est finalement arrivé. On a vendu en Amérique du Nord plus de DVD que de billets de cinéma en 2003-2004 et pas juste un peu, mais 30% de plus! En 2002-2003, les revenus étaient à peu près égaux alors qu'on avait vendu 9,3 milliards de dollars US en billets de cinéma et 9 milliards de dollars US en DVD. Mais pour l'année se terminant le 30 juin, les ventes de billets de cinéma se chiffrent à 9,2 milliards de dollars US tandis que les ventes de DVD s'élèvent à 12 milliards de dollars US, et la tendance n'est pas près de changer!
Cette année, la folie était la TV sur DVD! Les gens se sont arraché les coffrets de séries télévisées comme jamais et plusieurs studios ont sauté sur l'occasion de faire de l'argent en offrant non seulement des séries populaires, mais aussi en fouillant dans leurs coffres-forts pour y sortir des séries qui n'ont pas vécu très longtemps sur les ondes malgré leur potentiel. Certaines de ces séries sont devenues très populaires justement parce que le DVD permet une plus grande visibilité chez un public qui ne les avait pas nécessairement vues à la télévision. Henri McGee, le président de HBO approuve la folie des DVD citant qu'au moins 50% de ceux qui achètent leur série The Sopranos ne sont même pas abonnés à HBO. McGee y va aussi avec des chiffres semblables pour Sex and the City et Six Feet Under qui se retrouvent dans les meilleurs vendeurs sur DVD. David Bowers de la chaîne Showtime dit quant à lui que seulement le cinquième des propriétaires de coffrets de Queer as Folk sont abonnés à sa chaîne payante. Il tente maintenant d'avoir le même succès avec The L Word, la réponse lesbienne à son autre série lancée sur DVD en novembre dernier. Le DVD est un excellent moyen de visionner des séries qui ne sont justement diffusées que sur des canaux spécialisés auxquels nous ne sommes pas abonnés. Le fait est que même des séries mortes à la télévision reprennent vie sur DVD comme l'an dernier avec Firefly qui sera porté au grand écran et Family Guy qui revient en force au petit écran, juste parce que les DVD se vendent très bien! Cette année, c'est Freaks and Geeks qui a repris vie lorsque près de 40 000 internautes ont demandé la sortie de la série sur DVD dans une pétition compilée par de loyaux fans.
Un problème qui peut bloquer la sortie de certaines séries télévisées sur DVD est l'agrément de la musique ("music clearance"). En effet, les séries qui utilisent de la musique populaire se doivent de payer les dividendes aux propriétaires des pièces musicales pour la diffusion de la série et par après pour la production sur DVD. Cela peut aller à un million et beaucoup plus pour des séries telles que Miami Vice et WKRP in Cincinnati où la musique populaire est omniprésente. Certains studio décident de changer tout simplement la musique comme dans le cas de Roswell, Felicity et Dawson Creek alors que d'autres studios donnent les droits à d'autre studios qui s'occupent d'agréer la musique, par exemple DreamWorks avec Freaks and Geeks dont les droits DVD ont été pris en main par Shout! Factory. Cela peut augmenter les prix considérablement comme avec SCTV: The First Season qui se détaille à plus de $100 pour seulement neuf épisodes. Les Européens ont eu la "chance" quant à eux d'obtenir une édition deux disques de Miami Vice assez coûteuse, mais sans suppléments et d'une qualité audiovisuelle déplorable, voir affreuse. Au moins, les menus étaient beaux! Nous allons, nous aussi en 2005, avoir notre version de cette série, mais en bien mieux!
La même chose se produit pour les films, documentaires et séries télévisées contenant des documents d'archives parce que les contrats d'utilisation sont échus. Selon un article paru dans le magazine en ligne Wired News, le documentaire sur les droits civils Eyes on the Prize (gagnant de nombreux prix) ne peut ni être diffusé, ni mis sur DVD tant que les droits sur les séquences historiques qu'il contient ne soient payés de nouveau. La plupart des documentaires sont faits avec peu de budget et les réalisateurs de ces films louent les séquences pour un certain nombre d'années, qui une fois expirées doivent être à nouveau payées et souvent à prix plus élevé (dépendant sûrement aussi de la nouvelle popularité du documentaire). Essentiellement, à cause du manque de budget, ces films sont relégués aux oubliettes jusqu'à ce qu'une âme généreuse paie la note.
Nous avons vu arriver sur DVD des séries télévisées que nous ne pensions jamais revoir un jour dont The A-Team, Who's the Boss?, Wonder Woman, Boy Meets World et Dallas, en plus des plus ou moins vieilles séries préférées de tous avec entre autres Happy Days, Laverne & Shirley, Lateline, Columbo, Magnum P.I., Quantum Leap, Knight Rider et Night Gallery, sans oublier des classiques modernes comme Millennium, Sliders, Harsh Realm, Everybody Loves Raymond, Home Improvement et Golden Girls. Je dois m'arrêter ici, car seulement avec toutes les séries qui sont sorties cette année je pourrais remplir beaucoup de pages! Évidemment, les séries qui se sont bien vendues ont vu leurs saisons subséquentes apparaître rapidement en DVD. De plus, les toutes dernières saisons de séries venant à peine de quitter le petit écran se sont retrouvées sur les tablettes des magasins alors que les saisons précédentes n'étaient pas encore disponibles. C'est arrivé entre autres avec Universal pour leurs Law & Order: Season 14, Law & Order: Special Victims Unit: Season 5, Law & Order: Criminal Intent: Season 3, en plus de la saison finale de Frasier chez Paramount et même un DVD spécial pour la finale de Friends a été lancé quelques jours après sa diffusion!
N'étant pas en reste, les séries canadiennes ont également profité de la popularité du médium. Par exemple TekWar, The Hitchhiker et The Adventures of Sinbad ont fait leur apparition, mais des transferts de mauvaise qualité placent ces produits loin derrière la compétition. Ce n'est pas le cas du Québec qui nous a offert des coffrets TV de qualité avec entre autres Fortier, Une galaxie près de chez vous, Le temps d'une paix et Quelle famille!. Aussi populaire que jamais, la TV réalité a fait un gros boom sur DVD avec des productions comme Big Brother, Cops, The Simple Life, Survivor et tout dernièrement The Apprentice et La Richard Show! C'est un domaine à surveiller, car la popularité de cette télévision forte en excitation sur DVD fera sûrement un grand bond l'an prochain! À quand Loft Story et Occupation Double sur DVD?!
Les fans de Star Trek ont probablement trouvé l'année coûteuse avec Star Trek: Voyager qui a eu un plan étrange pour ses dates de sorties: Un en février, un en mai et les cinq autres compressés dans le reste de l'année à travers les sortie d'autres titres de Star Trek, dont enfin la série originale! Mais la plus "grosse" sortie TV sur DVD de 2004 est probablement General Hospital 38: The Complete Season qui comporte 252 épisodes distribués sur 55 DVD avec quelques pistes de commentaires et bien des extras au prix de $779.95US (ou $789.95US en édition collectionneur avec un bassin de lit!). Je ne sais pas s'ils vont en vendre beaucoup! Le studio Paramount, quant à lui, a annoncé fièrement que son coffret Chapelle's Show: Season One Uncensored! a battu le record de nombre de copies vendues pour une série télévisée, soit 2 millions, tassant du même coup The Simpsons: The Complete First Season de la première position, qui s'est "seulement" vendu à 1,9 million d'exemplaires (en pas mal plus de temps aussi!)!
Mais la TV sur DVD n'est pas 100% joyeuse. Elle a atteint les bas-fonds par l'entremise d'une casseuse de party notoire! La série Roseanne est une des plus demandées sur DVD, mais la compagnie de production Carsey-Werner-Mandabach hésite à donner le feu vert à celle-ci. La raison, selon la créatrice et vedette de la série Roseanne Barr, a certainement à voir avec l'argent qu'ils font avec les reprises de la série sur les canaux spécialisés. Roseanne est prête à faire toutes sortes d'affaires pour les DVD comme des pistes de commentaires où elle expliquerait sa version des conflits derrière les caméras ainsi que des introductions à chaque épisode. Elle se rappelle d'un bon nombre de scènes improvisées et coupées qui doivent sûrement exister quelque part. Cependant, elle ajoute que si la parution de la série en DVD a un impact négatif sur son chèque de syndication, qu'elle ne fera rien pour en encourager la sortie. Les acteurs de la série Seinfeld ont aussi fait des revendications monétaires pour le DVD afin de participer aux suppléments. Carsey-Werner-Mandabach affirme cependant que si leur série That '70s Show se vend bien chez Fox qu'il procèderait à la mise en marché de Roseanne et de The Cosby Show. Toujours question d'argent.
Les ventes de DVD musicaux ont presque doublé par rapport à l'année dernière, évidemment parce qu'il y en a beaucoup plus, surtout des DVD de musique live. Selon les informations que j'ai sous la main, c'est le DVD de Coldplay Live 2003, qui s'est le mieux écoulé durant les douze derniers mois devant celui de U2, Live from Slane Castle. Les ventes ont atteint 6,4 millions de copies durant cette période et de ce nombre, 60% des DVD vendus étaient pour des enregistrements live.
L'année a été aussi remplie d'une chose que nous aimons moins: les erreurs sur les pochettes. Nous sommes maintenant habitués de voir de telles erreurs (spécifications erronées, extras non présents, etc.) sur les pochettes de compagnies telles Christal Film, mais de voir de telles erreurs chez les grands studios par exemple Warner qui a oublié d'indiquer la présence d'une piste française sur le DVD Enter The Dragon (même sur la version française de la pochette!) et Paramount qui a indiqué la présence d'une bande-annonce sur le DVD de Star Trek: Generations alors qu'il n'y en avait pas (cependant, ça ne nécessitait pas un rappel des produits quant à moi).
Avec la popularité grandissante des écrans larges, le panoramique anamorphique devient également de plus de plus populaire, même si des studios continuent à faire quelques encarts à cette pratique comme pour Ransom: Special Edition qui était en letterbox (non-anamorphique) avec probablement le même transfert que sur la première version du DVD (Yark). Les studios ne facilitent pas toujours le choix des ratios d'écran pour les consommateurs, par exemple le coffret de Star Wars: Original Trilogy qui vient en couleur argent en panoramique et or en format plein écran. Une personne qui ne sait pas lire les emballages va prendre celle en "or" parce que l'or c'est meilleur que l'argent aux olympiques! Cela me rappelle une histoire qui s'est passée au début de l'année alors qu'un adolescent se plaignait que ses parents lui avaient acheté un DVD plein écran parce qu'ils croyaient que "Full Screen" voulait dire que "Widescreen" n'était pas la version complète ("Full version"). Mouhahahaha! Le format "ajusté pour votre écran" a été traîné dans le boue cette année alors qu'on l'a affublé de toutes sortes de noms comme Walmart ou encore recadré pour autistes (par langamers.ch pour justement le coffret Star Wars). Il n'y a aucune bonne raison d'acheter un film en format plein écran s'il existe en panoramique. Comme chaque année, il y a des DVD qui sortent en version plein écran seulement pour des films tournés en panoramique, souvent pour des films que seulement une poignée de gens vont acheter, les fans du film en question. C'est le cas du film Castle Keep qui avait tout d'abord été offert en version plein écran TRÈS coupée. Heureusement, Columbia a vite réagi aux plaintes et a sorti une version panoramique anamorphique... sans offrir aux consommateurs la possibilité d'échanger leur copie. Une autre histoire de ratio qui en a dérangé plusieurs s'est produite avec le coffret de Ingmar Bergman dont certains films étaient cadrés trop en panoramique (1.66:1) par rapport à leur ratio original (1.37:1). Cependant, MGM avait reporté la sortie à plus tard en offrant au public d'acheter les titres avec le bon ratio sur une base individuelle.
Parlant d'erreur, Buena Vista et Flexplay ont essayé durant 2004 de donner la respiration artificielle à leur EZ-D, DVD jetables après 48 heures, en satisfaisant les environnementalistes avec des programmes de recyclage et même en offrant au public un EZ-D gratuit s'ils en rapportaient six... Rien à faire, le monde n'est pas intéresser à payer $6US pour avoir une sélection limitée de films d'une qualité moyenne (même avec l'introduction des EZ-D double couche). Des quelques marchés tests, le Texas a complètement délaissé le produit qui ne se vendait pas très bien et les autres ont suivi peu de temps après. Quand une idée est mauvaise, pourquoi continuer à essayer de la ressusciter?! Charles L. Ball Jr (avec ses 20 ans de carrière en marketing pour diverses compagnies... dont Disney) a même été nommé responsable des relations avec les studios pour les inviter à tester le produit. Je ne sais pas qui serait assez fou pour s'aventurer dans une technologie pour laquelle les consommateurs n'ont aucun intérêt! Pendant ce temps au mois d'avril, Buena Vista annonçait un partenariat avec Papa John's Pizza pour distribuer un duo pizza/EZ-D ce qui triple les endroits où les EZ-D sont disponibles (4400 endroit en date de décembre). Le réalisateur Chazz Palminteri a décidé quant à lui d'offrir son DVD Noel (mettant en vedette Penélope Cruz et Susan Sarandon) seulement sur EZ-D. Heureusement, ça ne deviendra pas une norme... Je ne vois pas beaucoup de studios se garrocher sur cette technologie! En France, quelques semaines plus tard, un concept similaire de "DVD à la séance" nommé "DVD-D" a vu le jour. Sauf qu'au lieu de réagir avec l'air, un écrou central laisse un produit corrosif détruire le disque de l'intérieur ce qui l'empêche d'être lu huit heures après son ouverture. Son distributeur, Cdiscount, assure les gens que le DVD-D est complètement recyclable et ne présente aucun danger pour l'environnement. Ce n'est pas l'avis de la société "Eco-Emballages" qui confirme que seul l'emballage est recyclable et que le disque lui-même ne l'est pas.
Toujours dans la même veine, la compagnie ClearPlay est arrivée sur le marché l'an dernier avec une idée qui pouvait sembler bonne (et faire jouir les Walmartiens qui achètent des versions plein écran des films). Leur logiciel permet de censurer les films pour permettre une écoute familiale, permettant aux gens de faire écouter n'importe quel film à leurs enfants sans se soucier de la violence et du mauvais langage (la version "Flanders" des films). Imaginez James Bond qui ne couche pas avec tout ce qui bouge et qui n'a pas de "permis de tuer" ou encore Saving Private Ryan sans la violence! Si la simple modification d'un film panoramique en format plein écran fait des vagues, imaginez le raz-de-marée causé par l'altération d'un film, sans l'accord du réalisateur, afin d'en montrer une version épurée qui change la nature même de l'oeuvre. En avril, RCA a "innové" en offrant directement au commun des mortels un lecteur DVD avec la technologie ClearPlay intégrée, malgré que ClearPlay soit présentement en attente d'un jugement sur la légalité de leur produit. Il coûtera $80 US pour le lecteur programmé avec 100 filtres, $20 US de plus pour 500 filtres et $5 US par mois (ou $40 US par années) pour mettre à jour continuellement le lecteur avec de nouveaux filtres pour les nouveaux DVD sur le marché. Aussi bien ne pas voir le film si vous ne voulez pas le visionner dans son intégralité. Le 16 juillet dernier, RCA a arrêté de produire ces lecteurs, car une firme floridienne du nom de Nissim Corp cite que ClearPlay utilise une technologie qui viole quatre de leurs brevets. Le gouvernement américain a tenté de donner un coupe de pouce à Clearplay en affirmant qu'il s'agit d'une bonne technologie puisqu'elle laisse le choix aux parents. Ce n'est pas fini!
Ce qui n'est pas fini non plus c'est la disponibilité d'emballages spéciaux pour les films. Alors que c'est une pratique courante d'offrir de beaux coffrets en Europe et en Asie (principalement pour contrer le piratage), ici cela se fait rare. Nous avons beau avoir Master And Commander en édition collectionneur avec une carte et un livret, Showgirls V.I.P. avec des tas de cochonneries, Northern Exposure dans un sac de couchage avec un zipper, Monster Legacy avec les statues tout comme l'édition collectionneur de Matrix et j'en passe, mais ça demeure l'exception plutôt que la norme! Parlant d'emballage, avez-vous remarqué que Paramount a silencieusement introduit un nouveau genre de boîtier simple avec un mécanisme de barrures, tout d'abord sur le DVD de Paycheck en mai dernier. Du côté qui s'ouvre, deux petits leviers ont été ajoutés pour principalement empêcher le vol de DVD et les enfants de toucher aux disques. Le problème c'est que les enfants ont souvent plus de facilité que les parents à ouvrir ces bidules! La plupart des autres studios restent fidèles à la méthode de l'autocollant sur un ou plusieurs côtés du boîtier de DVD.
Miramax a fait un bon coup en engageant Warren Lieberfarb, l'ancien chef de Warner Home Video, celui même que l'on a crédité pour le lancement et le développement commercial du format DVD, pour le marketing de leurs produits. Je me demande cependant si c'est lui le "génie" qui a pensé faire une demi-douzaine de versions de Kill Bill comme le rapportait fièrement Rick Sands, le chef des opérations chez Miramax:
"This is the beauty of having two volumes. Vol. 1 goes out, Vol. 2 goes out, then Vol. 1 Special Edition, Vol. 2 Special Edition, the two-pack, then the Tarantino collection as a boxed set out for Christmas. It's called multiple bites at the apple. And you multiply this internationally. Mr. Tarantino has also cut an alternate version of the movie for Japan."
Ouche! Comme le mentionnait Bill Hunt du site web The Digital Bits, "ce gars a des couilles solides pour aller raconter publiquement (et à un journaliste qui va écrire cela) qu'il veut laver le public de leur argent difficilement gagné". Peut-être que leur but est d'informer les consommateurs pour qu'ils puissent faire un choix éclairé, mais puisque chacune des versions aura des suppléments différents, l'achat d'un seul produit ne permet pas d'obtenir la totalité du contenu disponible. En plus que Tarantino annonçait le projet de faire une pourriture telle le American Pie: Beneath the Crust qui ne contient que des suppléments différents sans le film, ce qui nous force à racheter le film original, car ce DVD ne se vend pas seul. Je sais que le but des studios est de faire de l'argent, mais de là à "crosser" les fans... ils vont un peu trop loin. Après, ils vont se demander pourquoi les gens téléchargent leurs films sur Internet.
Rick Sands a mis et remis son pied dans sa bouche plusieurs fois cette année au point où je me proposais de faire une liste de ses paroles! Tenez par exemple, le film Hero du réalisateur Zhang Yimou sort cette année en Amérique chez Miramax. Cependant, ce film existe en Asie depuis plus de deux ans. Les DVD asiatiques de ce film sont disponibles en importation depuis des mois et des mois, voire des années, en zone 0 (jouable partout dans le monde) et ce, légalement. Sands s'en va dire que tous ces DVD sont des produits piratés, que c'est mieux d'attendre après la version "légale américaine" de Miramax. Il faut dire que le cas de Hero n'est pas unique chez Miramax. Ils sont assis sur des tas de bons films asiatiques, mais attendent le "bon" moment pour les sortir. Comme Infernal Affairs (avec Andy Lau et Tony Leung) qui sortira bientôt parce que Martin Scorsese est en train de faire un remake sous le nom de The Departed (prévu pour 2005 - avec Matt Damon et Leonardo DiCaprio), mais quand est-ce qu'ils vont sortir Infernal Affairs 2 et Infernal Affairs 3 qui existent depuis un an sur DVD en Asie?
L'an dernier, dans ma revue de l'année, je vous ai parlé de l'apparition de nouvelles bannières regroupant des films sous un même statut, numérotés, donnant le goût de les collectionner. Ma préférée cette année a encore été la ligne "Studio Classics" de Fox qui nous a offert des bijoux tels que My Darling Clementine, The Diary Of Anne Frank, Peyton Place, Grapes of Wrath, Desk Set, Alexander's Ragtime Band, The Prime of Miss Jean Brodie, The Snake Pit, Three Coins in the Fountain, The Three Faces of Eve, Zorba The Greek et mon préféré de tous How to Steal a Million (avec Audrey Hepburn bien sûr). Cette bannière reviendra en 2005 avec trois titres en février (Leave Her To Heaven, A Letter To Three Wives et Return To Peyton Place) ainsi que le reporté Laura en mars sous la nouvelle bannière "Film Noir Collection". Universal a lancé sa ligne "Studio Selections" qui est composée de "classiques" plus récents dont Cloak & Dagger, Colossus: The Forbin Project, Commandments, The Cure, Little Miss Marker, Missing, Splitting Heirs, Sweet Liberty et Private School. La plupart des titres me sont méconnus, tout comme ceux déjà annoncés pour 2005 (D.C. Cab, Ghost DadYanks, ...). Une bannière qui fait pitié dans sa sélection de titres c'est celle de Superbit de Columbia TriStar (ils ont changé de nom pour Sony Pictures en novembre). Non, mais qui choisit les titres? Avons-nous vraiment besoin de Black Hawk Down en version Superbit sans suppléments alors que deux autres versions existent et une en particulier très intéressante? Criterion de son côté continue à lancer des titres de plus en plus obscurs, pas très grand public, toujours numérotés.
La plupart de ces collections arborent habituellement des images qui ont été restaurées. Les méthodes de restauration des films se sont améliorées énormément au cours de l'année. Nous voyons de plus en plus de vieux films sans le moindre signe d'âge. Le chef de file dans ce domaine cette année a été encore une fois John Lowry de chez Lowry Digital qui utilise maintenant, de concert avec son propre logiciel, 600 PowerMac G5 équipés de 2.34 téraoctets de mémoire pour son procédé de numérisation 4K. Ce procédé prélève, avec un numériseur Imagica, 4000 lignes par image d'un négatif, ce qui est beaucoup plus que les DVD d'aujourd'hui et près de quatre fois plus que les téléviseurs haute définition existants. Malgré le fait que ce procédé soit utilisé fréquemment pour ajouter des effets spéciaux aux films, Lowry est le premier à numériser un film entier afin de le restaurer image par image à sa beauté d'origine (et même plus). L'idée ici n'est pas seulement de créer des DVD avec une image très précise, mais aussi d'archiver une bande maîtresse numérique pour usage dans les formats futurs du divertissement à la maison. Ils travaillent présentement à la numérisation d'un bon nombre de film de James Bond.
Parlant de restauration, quelques compagnies ont voulu attirer un public plus jeune en colorant des vieux classiques avec plus ou moins de succès. Quelques fois ça ne donnait pas un bon résultat comme avec Night of the Living Dead où les personnages avait l'air d'être fait en plâtre (mort ou non) et d'autres fois le résultat était assez intéressant comme avec les Three Stooges qui paraissaient presque mieux en couleurs! Ces colorisations ont apporté un commentaire assez humoristique de George Lucas (ce n'était pas son intention) qui disait que les épisodes colorés des Three Stooges étaient une attaque à l'héritage national et que ces films devaient être préservés pour qu'il puisse les montrer tels quels à ses enfants. Nous disons bravo à Monsieur Lucas pour ce moment de lucidité qui, malheureusement, semble lui faire défaut lorsqu'il s'agit de ses propres films! En effet, avec tous les changements qu'il a faits cette année à Star Wars et THX-1138, je crois fermement qu'il a causé bien plus de dommages à l'héritage national que Columbia Tristar l'a fait avec la coloration de leurs trois comiques... et en plus Columbia a aussi inclus la version originale en noir et blanc sur le DVD, ce que Lucas a refusé de faire, prétextant que si les versions originales (de Star Wars) n'existent plus pour lui, et bien elles n'ont jamais existé non plus pour personne d'autre! On dit que la ligne entre le génie et l'idiotie est bien mince!
Les "double-dips", cette manie de sortir une nouvelle version "améliorée" d'un DVD parce que sa suite sort sur grand écran, ont été trop populaire chez les studios cette année. Souvent, le nouveau DVD n'offre que quelques éléments de plus que l'ancienne édition (et souvent qu'une partie des suppléments qui se retrouvaient sur l'ancienne version). Ceci est intéressant pour ceux qui n'ont pas pu se procurer l'ancienne version, mais ça "écœure" les collectionneurs. Universal ont même renommé Pitch Black en The Chronicles of Riddick: Pitch Black pour profiter du nouveau film The Chronicles of Riddick. Il y a un autre genre de "double dips" qui consiste à offrir une édition collectionneur pour un film déjà existant en DVD. J'avoue que quelques-uns de ces titres m'ont particulièrement intéressés dont The Pink Panther Film Collection, The Great Escape: Special Edition, The Good, The Bad and The Ugly: Special Edition et Robocop Trilogy. Un de ces titres très attendus (remis plusieurs fois en 2003 ainsi qu'en février, avril et septembre 2004) est finalement apparu dernièrement sans toutefois faire de vagues, soit Ed Wood (y paraît que le plaisir est dans l'attente, mais un gars s'écoeure...). Mais Buena Vista s'est repris en fin d'année en offrant le disque que j'ai étrangement le plus aimé de l'année, Mary Poppins: 40th anniversary, qui en était rendu à sa troisième version sur DVD.
Une option des DVD qui est revenue un peu à la charge cette année est la présence d'une section DVD-ROM. La plupart du temps, elle ne contient qu'un petit programme offrant des liens vers des sites Web et à l'occasion un module de lecture de scénario. Les compagnies qui ajoutent des sections DVD-ROM à leur DVD ont commencé à produire leur propre programme de démarrage au lieu d'utiliser le programme InterActual que je déteste tant. Cela permet aussi de rendre les suppléments DVD-ROM compatibles avec le Mac. Parlant d'InterActual, ils étaient fiers en mai de dire qu'ils avaient maintenant plus de 22 millions d'installations (le double comparé à la fin 2003) à travers le monde de leur logiciel (est-ce que ça compte ceux qui l'ont désinstallé après avoir vu l'inutilité de ce programme?). Disney crie à qui veut bien l'entendre qu'elle vient de sortir le premier DVD dont les bonus sont compatibles avec MacOS X, soit The Haunted Mansion. Au programme, des effets sur des photos d'utilisateurs, une visite 3D du manoir et des fonds d'écrans, thèmes, économiseurs d'écrans personnalisables et d'autres cochonneries. Issus d'un partenariat avec InterActual et Apple, les bonus vont apporter "une expérience formidable aux utilisateurs du très populaire système d'exploitation MacOS X d'Apple". Si avec tout cela, les utilisateurs de Mac n'achètent pas plus de DVD Disney (comme si cela avait un impact) souhaitons tout de même que d'autres éditeurs emboîtent le pas de Disney pour satisfaire tous les utilisateurs!
Dans le même ordre d'idées que les sections DVD-ROM, plusieurs DVD se sont retrouvés avec une section XBox! En effet, l'insertion de ces DVD dans votre console de jeu XBox vous donne accès à une version jouable d'un jeu par rapport au film (et met à jour le kernel (logiciel noyau) de votre XBox en même temps - comme ceux qui se connectent à XBox Live). J'ai pu expérimenter les jeux Star Wars Battlefront dans le coffret Star Wars Trilogy, Escape From Butcher Bay sur le DVD Chronicles of Riddick, Van Helsing sur celui de Van Helsing et tout dernièrement King Arthur sur le tout récent DVD de King Arthur. J'espère que c'est un phénomène qui va continuer à grandir!
Avec la baisse du coût de l'équipement de production DVD, plusieurs nouveaux joueurs ont vu le jour, produisant d'excitants documentaires et des films qui n'auraient probablement jamais vu le jour autrement. Microfilms a fait son apparition cette année, exclusivement sur le marché canadien, offrant des documentaires tels que Horns and Halos, Cola Conquest, Project Grizzly et The Stone Reader ainsi que des films comme The Bank, The Interview, Swimming, Melvin Goes to Dinner et Why Can't I Be a Movie Star?, dans plusieurs des cas des découvertes uniques que mes collaborateurs s'arrachaient! L'équipement à rabais a attiré bien des consommateurs qui s'équipent pour enregistrer des DVD maison, mais font face à des problèmes de compatibilité entre les lecteurs et les disques. Une étude menée au printemps a démontrée que dans un test de 14 différents graveurs DVD avec 50 marques de disques de l'économique au plus coûteux, peu d'entre eux étaient compatible d'un lecteur à l'autre et même certains disques ne pouvaient même pas être relus dans le même lecteur! Espérons que cette recherche a servi à créer la prochaine génération de graveurs.
L'industrie des gros studios a aussi fait des vagues alors que MGM était à vendre! Warner ainsi que Sony voulaient mettre la main à tout prix sur la librairie de films classiques de cette entreprise qui contient entre autres la série James Bond. Le fait que ces deux studios prônent chacun un format différent de DVD haute définition pourrait faire un gagnant de celui qui offre le plus de films sur leur format respectif: Blu-Ray (Sony) et HD-DVD (Warner), une guerre qui ressemble de plus en plus à celle de VHS contre Betamax, une guerre où les opposants offriront une image HDTV de qualité très semblable ainsi qu'obligatoirement des pistes sonores Dolby Digital 5.1 et DTS 5.1 à toute fin près identiques. Avec des structures physiques semblables au DVD actuel, adaptés aux technologies de laser bleu de demain, ces deux formats ont tenté de séduire les studios à prendre leur camp. Côté manufacturier, le HD-DVD a tout un avantage alors qu'il est compatible avec le matériel de production courant alors que le Blu-Ray requiert tout un autre arsenal plus moderne. Côté production de contenu, le Blu-Ray offre environ 5 gigaoctets d'espace de plus que son compétiteur ce qui est un peu plus alléchant. Déjà en décembre, plusieurs studios avaient fait leur choix. HD-DVD compte dans ses rangs Warner Bros., New Line, Paramount, Universal et HBO (DreamWorks devrait suivre Universal) alors que Sony et son format Blu-Ray obtient la faveur de 20th Century Fox, Buena Vista (qui distribue Disney, Hollywood, Touchstone, Miramax et Dimension) ainsi que MGM qu'il vient d'obtenir. Officiellement, Lions Gate, Image, Anchor Bay, Criterion et autres petits studios n'ont pas encore pris position, moi non plus d'ailleurs. De toute façon, personne n'a signé de contrat exclusif pour un format en particulier. Le consommateur quant à lui devrait pouvoir se brancher aux alentours du printemps alors que l'un ou l'autre des formats sera en avance. Warren Lieberfarb, celui même responsable de plus de 52% des revenus actuels des grands studios, et responsable d'un seul format DVD, veut mettre son grain de sel dans le débat entourant la prochaine génération de DVD. Il a été engagé par Microsoft comme stratège des médias numériques et cela semble rapporter, car leur norme de compression Windows Media High Definition Video (WMV HD) fait partie des standards offerts sur les deux formats. Tout comme Bob Chapek, président de Buena Vista Home Entertainment, il a crié haut et fort que les deux camps devraient travailler ensemble afin de créer un format unique et ne pas aliéner le consommateur. Malheureusement, personne ne semble écouter.
Continuons du côté technique, du côté du DVD actuel, avec ces gens qui ont inutilement capoté à cause de la menace nommée "DVD Rot" qui consiste en l'oxydation lente de la couche d'aluminium du DVD causée par la moisissure, l'air et les contaminants, rendant ainsi le DVD graduellement illisible, problème plus souvent relié au laserdisc qu'aux DVD. Un analyste de Melbourne, Rohan Byrnes, a découvert le problème en 2002 et n'a trouvé que quelques DVD, tous produits durant les premières années de la création du format, avec le problème. Le quotidien australien Sydney Morning Herald a fait comme tous bons médias et a amplifié l'ampleur du phénomène aux yeux d'un public qui ne comprend pas toujours comment fonctionne la technologie. Byrnes affirme que le problème n'a rien d'inquiétant, car très peu de DVD montrent des signes de cette "maladie". La plupart des difficultés de lecture qui affectent les DVD étant liés au délaminage du disque, et non au "DVD Rot".
Cette année, les cours de justice à travers le monde se sont fait aller, tout d'abord avec le cas de Jon Lech Johansen ("DVD Jon - l'homme derrière le logiciel DeCSS qui décrypte l'encodage du DVD) qui s'est "réglé" par son acquittement (mais je doute que ce soit fini avec lui, car il attaque maintenant les méthodes de cryptage d'Apple) et ensuite avec ceux s'attaquant aux logiciels de copie de DVD, comme celui de 321 Studios. Les mois d'avril et de mai ont été remplis de ces derniers cas puisque l'on retrouve de tels logiciels un peu partout sous différentes variantes, publicisées surtout dans les pourriels que nous recevons maintenant en quantité industrielle. Un groupe de consommateurs a créé le "Digital Media Consumers' Rights Act" afin de combattre le monstre engendré par la loi "Digital Millennium Copyright Act" afin de permettre aux individus de copier pour leur usage personnel les médias protégés par le DMCA, par exemple de copier un DVD Disney pour prêter aux enfants tandis que l'original est conservé loin des petites mains. Je comprends que les studios veulent se protéger contre les pirates, mais taper sur les doigts du consommateur moyen ne règlera rien, puisque de toute façon, les lois n'empêcheront pas les pirates de carrière à poursuivre leurs activités illicites. Cependant, les policiers de plusieurs pays ont mis la main sur des réseaux de copie et de distribution de DVD illégaux. Après chaque arrestation, les policiers organisaient des démonstrations publiques dans lesquelles des rouleaux compresseurs détruisaient les milliers de DVD saisis afin de passer le message que ce crime ne paie pas. J'aimerais bien voir cela dans notre coin de pays!
Justement, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a saisi plusieurs centaines d'exemplaires pirates de concerts de plusieurs artistes canadiens et internationaux et a inculpé un homme de Hamilton, Victor Joseph Patrick Avalis, de cinq chefs d'accusation pour violation des droits d'auteur. La saisie a été effectuée le 13 juin 2004, lors d'un événement commercial ouvert au public qui se déroulait dans un hôtel du centre-ville de Hamilton. Des renseignements que la GRC a obtenus de la part des enquêteurs de l'Association de l'industrie canadienne de l'enregistrement ont mené à la saisie et aux accusations subséquentes. "Le vol de propriété intellectuelle par le piratage constitue une violation flagrante des lois sur le droit d'auteur", a déclaré l'inspecteur Peter Goulet, agent responsable de la Section de l'exécution des lois fédérales de la GRC dans la région du Grand Toronto. "Le piratage n'est pas un crime sans victime - c'est une menace insidieuse et grandissante à une entreprise honnête. Sur la scène internationale, le piratage devient également une activité criminelle intéressante pour les réseaux de crime organisé et les entreprises de crime dont les profits sont fréquemment réinvestis dans d'autres entreprises criminelles sérieuses telles que le trafic de drogue et le blanchiment d'argent.". "Les membres du groupe Nickelback sont ravis que l'individu soit inculpé de ces chefs d'accusation et souhaitent remercier la GRC pour leurs efforts dans cette affaire", a ajouté Jonathan Simkin, qui est depuis longtemps avocat de Nickelback et copropriétaire (avec Chad Kroeger) de 604 Records. "Le piratage, c'est du vol, et les individus qui essaient de gagner de l'argent en volant la propriété intellectuelle devraient être poursuivis avec toute la rigueur de la loi. Le piratage entraîne également la mise en marché de produits non conformes aux normes et de qualité inférieure. Le groupe musical Nickelback est fier de la qualité des enregistrements qu'il a lancés sur le marché et le crime de cet individu, s'il est prouvé, fait du tort non seulement à Nickelback, mais à tous les amateurs de musique.".
Dans l'espoir de ralentir ce commerce, un groupe d'entreprises du cinéma et de revendeurs de Grande-Bretagne ont lancé une campagne d'un montant de 1,5 million de livres sterling (environ 3,5 millions de dollars canadiens) dans les cinémas et sur son site internet pour mettre en garde contre le caractère délictuel de l'achat de DVD pirates. "Contrefaire des DVD est plus rentable que le trafic de drogue. Un kilo de disques pirates vaut plus qu'un kilo de résine de cannabis", écrit le groupe dans un communiqué. Dans le Sunday Times de Johannesburg, le journaliste Rowan Philp affirmait que les gens qui achètent des DVD piratés commanditent indirectement le terrorisme international! Selon un rapport de l'Interpol, préparé par le comité américain sur les relations internationales, le piratage est la méthode de levée de fonds préférée par un bon nombre de groupes terroristes et que l'argent recueilli atteindrait des organisations telles qu'al-Qaeda et Hizbollah. Mais est-ce que le marketing peut être aussi relié au piratage? Alors que le DVD de Shrek 2 n'était pas prévu d'arriver en magasin avant le 5 novembre, des copies parfaites du film (moins les extras et les langages autres qu'anglais) se sont retrouvées entre les mains des internautes, si nettes que nous pourrions penser qu'elles ont eu comme source un DVD original (don de quelqu'un en post-production ou à l'étape de la réplication?)...
Revenons au cas de Robert Moore, président de 321 Studios et créateur de logiciels qui permettaient aux utilisateurs de copier les DVD (DVD XCopy) et les jeux d'ordinateur (Games XCopy). Son entreprise a fermé ses portes au début du mois d'août suite aux pressions exercées par les poursuites des studios hollywoodiens et autres gros joueurs. Il a eu beau se défendre en affirmant avoir produit un logiciel dont le seul but était de créer des copies de sauvegarde de DVD et de jeux, mais nous ne pouvons pas nier que la majorité de ses clients s'en servait pour faire, entre autres, des copies illégales. Le tribunal de grande instance de Paris a quant à lui tranché: effectuer une copie de DVD, même sur une cassette VHS, n'est pas un droit. Cette décision de justice risque de clore définitivement le débat sur le droit à la copie privée, mais va sans doute ouvrir la porte à une série de nouvelles actions en justice: si, en effet, il est interdit de copier un support numérique, la taxe qui frappe les supports vierges (cassettes, VHS, CD-R, DVD-R...) est à tout le moins illégitime, et potentiellement illégale! Alors que de la loi "Digital Millennium Copyright Act" veut à tout prix vous empêche de copier des DVD (ou faire la commandite de Ben Laden), j'ai lu une partie du projet de loi "Intellectual Property Protection Act" qui m'a donné des frissons dans le dos. Imaginez-vous qu'ils veulent rendre illégal de sauter les annonces au début des films! C'est totalement ridicule! Est-ce qu'ils veulent ensuite rendre illégal de ne pas porter attention à ces annonces?! Où on s'en va avec cela! Mais qui cela protégerait?
Hollywood s'est trouvé des alliés pour verrouiller les DVD. L'initiative, baptisée AACS LA (LA pour Licensing Authority), compte parmi ses membres IBM, Intel, Warner Bros., Disney, Microsoft, Sony, Panasonic et Toshiba. C'est la première fois que les deux industries parviennent à s'entendre sur ce sujet. Leur objectif est de créer un standard de protection contre la copie de films. Si la technologie reste encore à créer, son nom est déjà trouvé: AACS (Advanced Access Content System). Elle est vouée à remplacer les systèmes anticopie dont sont équipés les DVD actuellement. Cette norme s'inscrit dans le concept en vogue de "maison numérique": le consommateur pourra conserver des copies de films sur son PC (lire Windows Media Center), à la maison, et les visionner sur d'autres appareils connectés à ce réseau interne, ou les transférer sur un lecteur de DVD portable. Au chapitre de la sécurité, tout est prévu, y compris les éventuelles fuites de code sur internet. AACS devrait reposer sur un système de clés individuelles qui déverrouilleront le contenu stocké sur un DVD. Ces clés pourront être désactivées par les studios d'Hollywood si leur code est accidentellement publié. Des sociétés membres du groupe estiment que cette nouvelle technologie viendra complémenter les systèmes de DRM (Digital Rights Management) et de protection de contenu, tel Windows Media de Microsoft. L'AACS LA travaille déjà sur les spécifications, en espérant qu'elles seront prêtes avant la fin de l'année prochaine, tout comme les licences. Elles seront alors transmises aux fabricants de produits d'électronique grand public, notamment, ainsi qu'aux fournisseurs de contenu.
Le DVD est maintenant utilisé à toutes les sauces, pour l'éducation, la sécurité des travailleurs en milieu de travail, et même cette année nous avons pu voir le Coran sur DVD avec des extras comme des scènes à colorier, des versets en karaoké, des extraits lus par un des cheiks les plus connus au monde et des sous-titres français ou phonétiques (je ne crois pas qu'il y ait des bandes-annonces et des scènes retranchées!). À plusieurs occasions, le DVD a été utilisé cette année comme œuvre de bienfaisance. Par exemple, les profits de la vente du DVD du mariage du prince espagnol Felipe ont été remis à la Fondation pour les victimes du terrorisme qui remettra la somme aux familles des victimes de l'attaque du 11 mars dernier dans une gare de Madrid (qui a fait 191 morts et environ 1800 blessés). Jusqu'à maintenant, 230 375 dollars US ont été remis à la Fondation. Aussi, le DVD Live Aid des concerts présentés à Londres et à Philadelphie qui avaient permis d'amasser plus de 70 millions de dollars pour lutter contre la famine en Afrique (avec entre autres Led Zeppelin, U2, Bob Dylan, David Bowie, Madonna, Paul McCartney, Eric Clapton, Neil Young et Queen) a été lancé avec le but d'amasser d'autres fonds pour la même cause.
Pour terminer sur une note humoristique, le millionnaire William Henry Gates (de son petit nom Bill) a confié au journal allemand Bild que le DVD sera désuet dans moins de dix ans, car le fait d'utiliser un disque argenté semblera tout bonnement ridicule dans le futur proche. "Ces trucs peuvent être rayés, ou simplement se perdre". L'homme qui ne s'est "jamais trompé" ajoute qu'ils vont être remplacés par des ordinateurs commandés par la voix, dotés de capacités de stockage quasiment illimitées, qui sauront ce que nous aimons regarder, quelles sont nos émissions préférées, ou celles interdites à nos enfants". Le concept d'utilisation d'un disque qui ne coûte presque rien à manufacturer ne semble pas convenir au géant du logiciel qui s'impose maintenant dans le matériel. C'est presque aussi drôle que le DVDrewinder, un produit qui s'adresse à ceux qui ont la nostalgie des cassettes audio et VHS. Rembobiner les 180 minutes d'une cassette VHS dans un vieux magnétoscope pendant 10 min... Ah! Le DVD Rewinder est LE produit indispensable de cette fin d'année. En effet, il vous suffit de mettre un DVD ou un CD dans l'appareil, qui ensuite fera mine de les rembobiner avec le bruit qui va avec (ou tout autre son au format MP3)!