L'année 2007 a été complètement folle pour nous, un vrai tourbillon! Nous avons couvert le DVD haute définition, ce qui nous a projeté sur d'autres médias, dont de nouveau à la télévision (je suis toujours aussi nerveux!), dans les journaux et la radio, et de nous faire connaître encore plus au Canada. Malgré tout, certains membres de notre compétition protestent derrière leur clavier en prétendant qu'ils sont les plus beaux, les plus complets et les meilleurs tandis que nous sommes qu'une bande d'amateurs illettrés... Ah oui? Ah bon. Cela n'a pas empêché d'autres personnes à vouloir se joindre à notre équipe, notamment Simon Bergeron qui nous a offert des tonnes de revues, dont les plus rigolotes que j'ai lues! Parlant de revue, nous avons dépassé le nombre magique de 5000 revues de DVD (et autres formats) sur le site, des revues de plus en plus de qualité, nous gênant un peu (beaucoup) de nos premiers jets!
Le DVD fêtait ses 10 ans en mars 2007, alors que depuis son lancement il s'est vendu (seulement aux États-Unis) 1,7 milliard de DVD en plus de 5,1 milliards de DVD vierges. Le DVD Forum (220 membres représentant divers groupes, autant professionnels qu'industriels du monde entier) se félicite du succès, mais oublie qu'il a manqué à ses devoirs, soit de voir à l'uniformité dans l'évolution du produit avec l'existence de deux formats concurrents pour le DVD haute définition. Alors que nous avions dit que le Coin du DVD ne porterait que sur le DVD (comme son nom l'indique), vous, les lecteurs, avez décidé autrement. La multitude de questions à ce sujet nous a forcés à entrer dans cette guéguerre de brevets. Un ancien compétiteur du site, Steve Tremblay, s'est offert à nous critiquer quelques disques Blu-ray en attendant que nous ayons de l'équipement de revue nous-mêmes. À partir de l'automne, vous pouviez lire sur le site des revues de disques HD-DVD et Blu-ray aux alentours de leur date de sortie.
Couvrir la haute définition nous permettait aussi de mettre au grand jour, les âneries des différents joueurs de cette bataille. Il y avait d'abord des batailles de spécifications qui finissaient par se ressembler (les deux formats offrent quant même exactement les mêmes possibilités audiovisuelles), des guerre de chiffres de ventes (certainement faussés), des insultes, de la partisanerie, des "pots de vin", de l'enfantillage sur l'interactivité (les deux formats se différentiant au bout du compte que dans l'interactivité) pour finir avec une guerre de prix sans bon sens (bientôt des lecteurs HD-DVD dans les boîtes de céréales disait le propriétaire d'un site américain). En gros, de la poudre aux yeux des consommateurs qui sont de plus en plus confus. Un sondage auprès des clients de Best Buy indique que 90% d'entre eux sont confus par la haute définition, y compris le 40% d'entre eux qui ont déjà un téléviseur HD. Est-ce qu'un indicateur peut être plus clair du mauvais travail d'informateur de l'industrie?!
La partisanerie joue un rôle important au sein de cette guerre. Au début de l'année, il n'y avait que Universal qui offrait exclusivement du HD-DVD. Tous les autres studios offraient soit les deux formats ou seulement du Blu-ray. Mais voilà que Toshiba s'est mis à offrir des montants d'argent importants aux studios neutres pour être exclusif à leur format. En me brisant le cœur, Paramount est traversé du côté rouge en même temps que sa propriété DreamWorks pour un montant total de quinze millions de dollars. Mais notez que ce contrat n'est que pour une seule année... les titres non parus sous Blu-ray devraient éventuellement faire surface dans du côté bleu. Cette transaction a enragé le réalisateur Michael Bay qui espérait voir son film Transformers dans son format préféré, mais a dû rétracter ses commentaires sous la pression du studio, pour ne réaffirmer son opinion quelques mois plus tard. De plus, le studio affirmait ne pas avoir eu de place sur le HD-DVD pour mettre de l'audio haute résolution sur ce disque... ce qu'il aurait pu faire avec le Blu-ray et son espace disponible. Ah!
Il y a eu aussi de la partisanerie
arrogante cette année de la part d'un groupe qui se veut le responsable du succès du format VHS contre le format Beta: les producteurs du monde de la porno. Ils étaient convaincus mettre terme à la guerre en choisissant un format (le HD-DVD). Mais ils ont oublié qu'à l'époque, il n'y avait aucun autre moyen d'avoir de la pornographie à la maison, alors qu'aujourd'hui il y en a en VHS, DVD et surtout en ligne. MAIS la médaille de la plus grande partisanerie va aux consommateurs eux-mêmes qui veulent que leur investissement dans l'un ou l'autre des formats soit le gagnant. On joue avec les chiffres des ventes pour leur faire dire n'importe quoi. J'ai entendu en mars des partisans HD-DVD dire que le compte était injuste parce que Sony a sorti des gros titres comme Casino Royale (Snif snif... c'est pas juste! Je vais le dire à ma mère). J'ai même entendu parlé de l'injustice où Sony ajoutait les consoles Playstation 3 dans le calcul de leur base de lecteurs Blu-ray, augmentant considérablement leur public, alors que le clan HD-DVD ne comptait que les lecteurs de salon... quoiqu'avec le grand déploiement des lecteurs HD-DVD pour la console XBox 360, on ne se gène plus pour les ajouter au compte! On y va plutôt maintenant dans la direction que les gens ont acheté la console PS3 pour jouer et non pour le lecteur Blu-ray alors que les membres de leur clan doivent acheter le lecteur séparément... donc le veulent pour de vrai. J'ai même entendu des gens dire que les lecteurs Blu-ray ne pouvaient pas lire les DVD réguliers alors que c'est tout à fait faux. Il y a eu aussi la chaîne de club vidéo Blockbust
er qui s'est prononcé en juin sur la location exclusive du format Blu-ray. Le dernier grand coup de l'année 2007 vient du clan HD-DVD, soit le "hackage" du site Internet de promotion Blu-ray pour le rediriger vers celui du HD-DVD. Effectivement très drôle.
Ce qui est moins drôle, c'est le piratage.
À la fin avril, un groupe de pirates a publicisé une clé de cryptage de seize caractères hexadécimaux qui est au coeur de la "protection" du HD-DVD (et probablement du Blu-ray). La plupart des gens ne savaient pas ce que c'était jusqu'au moment où les avocats se sont mis les pieds dans les plats en menaçant les sites qui le publiaient. Bravo! Au lieu de tenir cela mort, on mettait le tout sous le microscope des médias qui n'arrêtaient pas d'en parler. Plus tard dans l'année, la même chose est arrivée à la protection BD+ du Blu-ray (qui a été craqué quelques heures après son introduction), mais le tout a été réglé en arrière-scène sans vraiment que l'on en parle à grande échelle. Continuons du côté piratage avec une des nouvelles qui m'a fait le plus rire au départ, mais que j'ai trouvée extrêmement intelligente après avoir constaté les résultats. Lucky et Flo sont deux labradors entraînés à renifler les DVD piratés, du moins les composants chimiques utilisés pour la fabrication des supports vierges. Ils sont utilisés avec très grand succès surtout du côté de la Malaisie. Un succès est si grand, que les contrefaiseurs ont mis un prix sur la tête des deux chiens! Après six mois d'activité, Lucky et Flo sont parvenus à débusquer 1,6 million de DVD pirates, et autres supports, pour une valeur totale de 6 millions de dollars. Les chiens se démarquèrent également aux Philippines et aux États-Unis. Un tel succès que leurs successeurs, Paddy et Manny, sont déjà à l'entraînement! Nous devons aussi souligner le travail de la GRC dans le domaine du piratage, surtout avec le démantèlement d'un réseau de vendeurs de DVD contrefaits dans les derniers mois. La GRC a procédé à deux perquisitions à Montréal, visant notamment 200 graveurs et des milliers de DVD, et à l'arrestation de huit suspects présumés responsables de la vente de DVD contrefaits de 300 séries télévisées.
Les séries télévisées ont vu un nouvel essor sur DVD, surtout en fin d'année lorsque les séries de saisons complètes sont arrivées juste à temps pour Noël,
mais particulièrement aussi à cause de la grève des scénaristes américains membres de la "Writers Guild of America" (WGA) qui perdure depuis novembre et a rapidement interrompu la programmation télévisuelle régulière. Ironiquement, une des raisons de la grève est le non re-paiement de leur travail lorsqu'il se retrouve sur DVD. Nous avons vu apparaître cette année sur DVD les favoris Family Ties, Cagney & Lacey, Beauty and the Beast, Maude, Bosom Buddies, Hawaii Five-O, Sabrina, Teenage Witch, Flipper, WKRP in Cincinnati, The Drew Carey Show, The Odd Couple, Larry Sanders Show, Streets of San Francisco, The Untouchables, CHiPs, The Fall Guy, Picket Fences, Benson, Gunsmoke, The Fugitive, The Mod Squad en plus de
s nouveautés Psych, Lovejoy, Eureka, Ugly Betty, Friday Night Lights, 8 Simple Rules for Dating My Teenage Daughter, Two and a Half Men, The Dresden Files, Dirt, Sarah Silverman Program ainsi que mes préférés Heroes et Jericho. Du côté du Québec, nous avons pu mettre la main sur les séries télévisées Lance & Compte : La Revanche, La Job, C.A. Conseil d'administration, La Galère, Pure Laine, François en série, Les Hauts et les bas de Sophie Paquin, Bob Gratton: Ma vie, my life ainsi que TAXI 0-22.
Malgré toute l'attention mise sur la guerre haute définition,
l'année a aussi été très productive quand au DVD régulier. Nous avons pu profiter dans le confort de notre foyer de titres tels que The Departed (de Martin Scorsese), Casino Royale (de Martin Campbell avec le nouveau James Bond Daniel Craig), Blood Diamond (d'Edward Zwick), The Queen (de Stephen Frears avec Helen Mirren), Crank (avec Jason Statham), Black Snake Moan (avec Samuel L. Jackson et Christina Ricci), Shooter (d'Antoine Fuqua avec Mark Wahlberg), Ghost Rider (avec Nicolas Cage), Rocky Balboa (le retour de Sylvester Stallone), Borat: Cultural Learnings of America For Make Benefit Glorious Nation of Kazakhstan (de Larry Charles avec Sacha Baron Cohen), Apocalypto (de Mel Gibson), Pan's Labyrinth (de Guillermo del Toro), Dreamgirls (de Bill Condon), 300 (de Zack Snyder avec Gerard Butler et Lena Headey), Pathfinder (de Marcus Nispel), Zødiac (de David Fincher avec Jake Gyllenhaal), Flags of our Fathers et Letters From Iwo Jima (tous deux de Clint Eastwood), Fantastic 4: Rise Of The Silver Silver Surfer (de Tim Story), Grindhouse Presents Death Proof (de Quentin Tarantino), Grindhouse Presents Planet Terror (de Robert Rodriguez), Black Book (de Paul Verhoeven avec Carice van Houten), Spider-Man 3 (de Sam Rami avec Tobey Maguire), Transformers (de Michael Bay), Live Free or Die Hard (avec Bruce Willis), Shrek the Third, Ocean's Thirteen (de Steven Soderbergh), The Bourne Ultimatum (de Paul Greengrass avec Matt Damon), The Simpsons Movie (de Matt Groening), Harry Potter and the Order of the Phoenix (de David Yates), Pirates of the Caribbean 3: At World's End (de Gore Verbinski) et l'octogénaire The Jazz Singer (de Alan Crosland avec Al Jolson), sans compter la multitude de DVD lancées pour célébrer le centenaire de John Wayne.
Il y a eu aussi ce nouveau concept d'avoir des sorties directes sur DVD pour des films faits à partir de séries télévisées, par exemple Dukes of Hazzard: The Beginning et Babylon 5: The Lost Tales qui fonctionne plus ou moins. Nous avons également retrouvé énormément de coffrets de collection offerts cette année, mais mes préférés sont sans aucun doute Joan Collins Collection qui nous montre la star de Dynasty sous un autre œil et certainement le coffret Sergio Leone Anthology ainsi que les coffrets documentaires Planet Earth et The Universe.
Les préférés d'outre-mer se sont retrouvés aussi ici sur DVD, de par Les filles du botaniste (de Sijie Daï), Je vous trouve très beau (d'Isabelle Mergault avec Michel Blanc), Jean-Philippe (de Laurent Tuel avec Fabrice Luchini et Johnny Hallyday), La Tourneuse de pages (de Denis Dercourt avec Catherine Frot), Angel-A (de Luc Besson avec Jamel Debbouze et Rie Rasmussen), ainsi que La vie en rose (d'Olivier Dahan avec Marion Cotillard dans le rôle d'Edith Piaf).
Le Québec a aussi bien rempli les bacs des magasins avec un mélange de nouveautés et de classiques du répertoire de la province,
dont Un dimanche à Kigali (de Robert Favreau avec Luc Picard et Fatou N'Diaye), C'est pas la faute à Jacques Cartier (de Clément Perron et Georges Dufaux avec Paul Buissonneau, Jacques Desrosiers et Michèle Chicoine), Au nom de la loi (de Podz avec Patrick Huard, Jacynthe René et Louis Champagne), Roméo et Juliette (de Yves Desgagnés avec Charlotte Aubin et Thomas Lalonde), Congorama (de Philippe Falardeau), Le guide de la petite vengeance (de Jean-François Pouliot), À Vos Marques...Party (de Frédérick d'Amours avec Mélissa Désormeaux-Poulin), Ma Fille Mon Ange (d'Alexis Durand-Brault avec Michel Côté et Karine Vanasse), Requiem pour un beau sans-coeur (de Robert Morin avec Gildor Roy), Petit Pow! Pow! Noël (aussi de Robert Morin), Pudding chômeur (de Gilles Carle), Ma Tante Aline (de Gabriel Pelletier), Nitro (d'Alain Desrochers avec Guillaume Lemay-Thivierge et Lucie Laurie), Les 3 p'tits cochons (de Patrick Huard avec Guil
laume Lemay-Thivierge, Claude Legault, Paul Doucet), Dracula: Entre l'amour et la mort, Nos Voisins Dhantsu et bien sûr les Têtes à claques (On veut des bonbons... et des DVD)! J'ai presque oublié de citer le DVD de Celine Dion qui s'est écoulé assez rapidement en magasin. Il en reste pourtant en ligne!
Avec toutes ces sorties DVD, il est immanquable que quelques-uns de ceux-ci aient des problèmes qui auraient normalement dû être attrapés durant la procédure d'assurance de qualité. Il y a des erreurs d'emballage (comme le disque Blu-ray de Pirates Of The Caribbean: At World's End qui indique un transfert 1080i alors que c'est bel et bien du 1080p ou encore les collections haute définition "Jack Ryan" qui indiquaient des tas de suppléments alors qu'il y en avait aucun) ou, encore plus grave, des erreurs directement sur les disques (mauvais transferts audiovisuels, etc.). Habituellement, ces derniers sont plutôt balayés sous le tapis, mais cette année nous avons pu assister à une nouvelle politique d'humilité chez les studios. Chacun s'excuse à la clientèle du problème en plus de concevoir des programmes d'échange pour les consommateurs. Soulignons l'effort de Warner qui a échangé les disques défectueux de leur coffret Superman: Ultimate BoxSet, Sony Pictures qui a offert gratuitement une version remastérisée de The Fifth Element à ceux qui avait la vieille version Blu-ray grisaillée et Disney a répondu à l'appel de ceux qui avaient pointé le mauvais cadrage du disque Blu-ray Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl. Anciennement, nous n'en aurions jamais réentendu parler. Et les solutions arrivent de plus en plus vite des studios, par exemple Warner et les quelques ensembles-cadeaux "Harry Potter" Blu-ray et HD-DVD qui avaient un disque inversé dans le mauvais format.
Bien sûr, cela est une bonne pratique pour garder les consommateurs contents d'acheter d'autres produits.
Mais il ne faudrait pas exagérer avec eux. Il fallait tout de même s'y attendre qu'avec les formats haute définition qui ont accès au web via un branchement directement sur le lecteur que les esprits mercantiles des studios se mettent à l'œuvre. Le premier a été Universal avec le HD-DVD du film Evan Almighty. Lors du visionnement, nous voyons apparaître des boutons donnant accès au "U-Shop" qui offre d'acheter des items vus dans le film et/ou des articles promotionnels. Mais c'est tout de même moins mauvais que le nouveau brevet qu'a déposé IBM qui propose d'interrompre la diffusion d'un film avec de la publicité statique ou ciblée, prenant alors en compte les habitudes de l'utilisateur. Le lecteur se connecterait au serveur via Internet où des profils seraient stockés ainsi que les contenus diffusés. Bien évidemment, il sera impossible de sauter ces pubs en utilisant le bouton de lecture rapide, sinon ce ne serait pas intéressant pour les publicistes. Conscient du caractère impopulaire (nnnnnnoooooon!) et invendable du concept en l'état, IBM explique que cette publicité pourra réduire le prix de vente du DVD, argument de poids pour certains consommateurs (pas pour moi en tout cas).
Ceci termine l'année avec un sourire et un petit repos de la guerre HD qui fait vraiment du bien (ça fait une semaine que je n'ai rien entendu à ce propos). Mais soyez sans peur, cette guerre n'est pas terminée. Ma prédiction du vainqueur reste toujours du côté bleu ("le ciel est bleu, l'enfer est rouge" qu'ils disaient dans l'ancien temps) et j'ai bien l'impression qu'un terme sera mis à cette guerre, spécialement du fait que les deux camps vendent à perte. Pour ce qui est du DVD régulier, il a encore du kilométrage à faire. Tant que les gens vont en acheter, les studios vont continuer à en produire, spécialement que ça ne leur coûte pas grand chose. Cela ne m'étonnerait pas de retrouver encore des DVD pour encore quelques décennies!
Bonne nouvelle année de DVD 2008!