Les Calinours contre-attaquent et rares sont les mois qui passent sans qu'un produit dérivé atterrisse sur le marché. Cette mode peut s'expliquer par la nostalgie qui tenaille plusieurs personnes, les poussant à revenir à leurs héros d'enfance des années 1980. Mais lorsqu'il y a trop de changements et d'évolutions comme c'est le cas de "Care-Bears : Oopsy Does It!", les admirateurs de ces oursons trop mignons seront les premiers à rouspéter.
L'ours vert Oopsy est triste. Il est le seul Calinours à ne pas avoir de signe sur le ventre. Alors, il broie du noir, accumulant les gaffes, se mettant des copains à dos. Un jour, il se lie d'amitié avec un grille-pain qui parle. Ce dernier, quoique mignon, est au service du méchant Grizzle qui cherche, comme c'est toujours le cas, à détruire ces nounours trop heureux. Qui viendra à leur rescousse? Le héros rejeté de tous qui apprendra que la différence a bien meilleur goût.
Peu importe les prémisses, les histoires des Calinours sont souvent les mêmes. Le Mal se frotte au Bien et lorsque tout semble perdu, l'espoir arrive à la toute fin pour faire triompher l'ordre et la justice. Que les thèmes se répètent et que les récits finissent par être moralisateurs, cela n'a guère d'importance. Ce qui compte, ce sont ces figures attachantes et craquantes qui multiplient des calembours savoureux.
Malheureusement, il n'y a rien de tout ça ici, pour la simple et bonne raison que les moyens utilisés ne sont plus les mêmes. Les beaux dessins en deux dimensions sont disparus au profit d'une trois dimensions sans âme. Non seulement les péripéties des personnages laissent complètement indifférents, mais ils semblent avoir perdu tout leur charme. Lorsque la principale raison de s'intéresser à ces animaux poilus disparaît ("ah, ils sont tellement choux!"), un sentiment de lassitude se fait rapidement ressentir. C'est extrêmement dommage, car la technologie utilisée est jolie. Les dessins sont souvent somptueux et l'animation demeure très fluide. Les couleurs sont vives et attrayantes, captivant rapidement la rétine. La définition des contours est tout à fait honorable, alors que les teintes naïves plairont immédiatement aux plus jeunes. Sauf que ces effets demeurent de la poudre aux yeux. Cette beauté n'est que plastique, donc vide et sans grande profondeur.
Un sentiment qui se répercute au niveau du son. En apparence, tout baigne dans l'huile. Les voix sont suffisamment élevées et il y a de très visibles sous-titres blancs en anglais et en espagnol pour rejoindre un large public. Les pistes sonores anglophones sont de bonne qualité et les haut-parleurs sont exploités avec doigté, recréant des bruits de pas, des échos de rires et des paroles pas toujours reconnaissables du grille-pain. Pourtant, de terribles lacunes se font ressentir. Les voix utilisées manquent de chaleur et d'authenticité. Lorsqu'ils parlent, tous les ours finissent par se ressembler. Et il y a cette musique, omniprésente, qui n'est jamais fantaisiste trop longtemps, préférant emprunter les voies de la chanson qui fait mal aux oreilles.
La présentation est généralement admirable. Le disque vient avec une figurine agréable au toucher. À l'intérieur du boîtier se trouvent quelques jeux écrits (ainsi que de nombreuses publicités) pour "prolonger le plaisir". La pochette est également jolie. Des ours verts, roses, mauves, bleus et jaunes se retrouvent dans un parc d'attractions. Là s'arrêtent cependant les bonnes nouvelles. Le menu principal du DVD reprend la même image que la pochette, sans toutefois lui procurer le moindre mouvement ou la moindre mélodie. En guise de supplément, il y a un vidéoclip de deux minutes intitulé "We Are the Care Bears". Se rendre jusqu'à la fin demeure toutefois un exploit tant la guimauve enfle et explose dès les premières secondes.
"Care-Bears : Oopsy Does It!" s'adresse aux jeunes enfants, âgés entre trois et six ans, qui n'ont jamais été en contact avec les anciennes aventures des Calinours. Peut-être qu'eux, et eux seuls, pourront ressentir du plaisir à côté de ces personnages aux couleurs multiples. Il n'est pourtant pas plus difficile de les initier aux péripéties des vrais héros de leurs parents plutôt de leur faire subir ces clones en trois dimensions.
| Film | 3 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |