Cloudy with a Chance of Meatballs
2-Disc Super-Sized Edition
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateurs: Phil Lord, Chris Miller
Année: 2009
Classification: G
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1 / 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 27
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)
Code barres (CUP): 043396339552

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
31 décembre 2009

Au moins une vingtaine d'animations de tout genre prennent l'affiche dans une année cinématographique normale. Afin de sortir du lot, il faut innover et proposer quelque chose de nouveau. Sans bénéficier des images les plus spectaculaires et du scénario le plus élaboré, "Cloudy With a Chance of Meatballs" séduit par son côté imprévisible. Ce n'est pas tous les jours que des hamburgers tombent du ciel...

Flint (voix de Bill Hader dans la version originale) cherche à se faire aimer par ses inventions pour ainsi se rapprocher de son père (James Caan). Malheureusement, tout ce qu'il touche finit par se retourner contre lui. Il a cependant mis au point une machine étonnante qui permet de faire pleuvoir des aliments! Le maire Shelbourne (Bruce Campbell) voit par là une façon de sauver l'économie du village. À force d'insister, il convainc Flint d'en mettre plein la vue et la bouche aux visiteurs. Ce qui devait arriver arriva et cette technologie si séduisante finit par se rebeller en inondant la Terre de nourriture en tout genre. Pour sauver l'humanité, le créateur reçoit l'aide de quelques individus, dont son singe et bras droit, ainsi que d'une journaliste particulièrement allumée (Anna Faris).

Cette adaptation du célèbre livre pour enfants par le tandem Phil Lord et Chris Miller ressemble à une recréation du film des Simpsons. Après s'être mis tout le monde à dos, le héros réussit à éradiquer une menace mondiale. Cela passe également par des personnages colorés et variés, dont ce policier qui saute partout, ce maire qui grossit à vue d'œil, et surtout cet hilarant père de famille moustachu qui ne comporte qu'un seul sourcil! Les situations mouvementées déferlent à un rythme effarant, faisant rapidement passer ces 90 petites minutes parsemées de moments de bravoure, d'affrontements savoureux et d'irrésistibles clins d'œil cinématographiques (à Indiana Jones, Independence Day, Armageddon, etc.).

Si le long-métrage privilégie le divertissement et l'amusement au détriment de la profondeur, quelques thèmes explorés sont cruellement d'actualité. Il y a ces petites villes qui tombent dans la désuétude et ce culte de la beauté. Il est surtout question de malbouffe au sein de ces populations qui mangent tout et n'importe quoi. Cette manifestation peut effectivement donner faim dans les premières minutes, mais l'objectif de couper l'appétit est atteint par la suite. Non seulement la recréation du monstre ressemble à un corps humain, mais il y a des aliments qui finissent presque par manger des humains! Rajoutez à cela quelques échos à la surconsommation et à la mondialisation et vous obtenez un récit moins bête qu'il ne le laisse paraître.

Le ton ironique n'est cependant pas trop sardonique, rapprochant le tout de l'esprit de Matt Groening au détriment de celui de Matt Stone et de Trey Parker. L'univers particulièrement bien exploité offre plusieurs moments de fantaisies, dont ces fantasmes de crème glacée, d'ours gommeux et de jello. Lorsque l'imagination est au pouvoir, presque rien ne peut l'arrêter. La naïveté du propos, l'abus des morales et le déroulement schématique ne forcent toutefois pas le spectateur à tout revoir à la vitesse de l'éclair, ce qui est souvent le cas d'ouvrages pour toute la famille.

L'animation serait possiblement étonnante en 2004, mais pas en 2010. Pour pallier cette simplicité des traits se trouvent des images resplendissantes, d'étonnants niveaux de détails, de formidables couleurs psychédéliques et des contrastes qui frôlent la perfection. Sans ce mini blocage qui se fait parfois ressentir, l'ensemble serait pratiquement sans défaut. Le soin apporté aux pistes sonores est presque aussi éclatant. Les enceintes grouillent de bruits divers, dont des explosions, des cris d'oiseaux, du vent, des alarmes, de la pluie et des feux d'artifice. Cette déflagration n'empiète jamais sur les dialogues. Bien que la traduction dans la langue de Molière soit intéressante, celle dans les mots de Shakespeare demeure la plus recommandable, avec l'apport de l'irrésistible Bill Hader, d'Anna Faris, de James Caan, de Bruce Campbell, d'Andry Samberg et du vénérable Mr. T! En cas de besoin, il y a de très visibles sous-titres jaunes en anglais, en français et en espagnol.

La jolie pochette représente les héros sous une pluie de spaghetti à la viande et à la sauce tomate. Le menu principal du DVD parsème un habile montage de scènes d'une mélodie rythmée. Outre le résultat final, le premier disque propose également un segment pour combattre la famine, de la publicité variée, un lien vers des bonus supplémentaires sur l'Internet et une piste de commentaires des cinéastes et scénaristes Phil Lord et Christopher Miller, ainsi que de Bill Hader. Les trois hommes ont une belle complicité et leurs propos à la fois dynamiques, instructifs et divertissants ajoutent une nouvelle dimension. Le second DVD regorge de suppléments plus ou moins intéressants. Un jeu beaucoup trop simple ne permet pas de réellement s'amuser en détruisant de la nourriture. La pièce "Raining Sunshine" n'est pas toujours agréable pour les oreilles, alors que les yeux ne savent pas quoi faire pendant la très courte revue sur la réalisation du vidéoclip. Déjà, les documentaires sur le tournage et les voix égayent grâce à leurs anecdotes humoristiques. L'ardeur descend quelque peu lors de ces trois scènes rallongées et de ces deux séquences retranchées qui ne servent strictement à rien. L'honneur est sauf grâce à ce dossier fascinant sur l'utilisation des effets spéciaux, la création de la bouffe et l'apport des technologies afin de créer des couleurs et des objets si uniques.

Les admirateurs de Up et de (9) noteront que la qualité graphique est loin d'être à la fine pointe de la technologie. Ce n'est pas trop grave, car le film fonctionne à la façon d'un jeu vidéo nostalgique, pas nécessairement attirant pour les yeux, mais si agréable et sympathique de s'y perdre. Une version rigolote et nettement plus potable que le médiocre 2012.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments7
Vidéo9
Audio8