Flushed Away
DreamWorks Home Entertainement

Réalisateurs: David Bowers, Sam Fell
Année: 2006
Classification: G
Durée: 84 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol)
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
25 février 2007

Avez-vous remarqué comme parfois les sujets des films, et aussi des films d'animation, peuvent se retrouver dans des productions de studios différents proches dans le temps. Rappelez-vous récemment Madagascar et The Wild. Deux films différents, mais dont le sujet était quand même proche. L'histoire semble se répéter avec cette fois-ci le monde des souris. En effet, Dreamworks nous propose ici "Flushed Away", alors que Disney-Pixar va sortir dans quelques mois Ratatouille, toujours avec des souris comme personnage. Est-ce la guerre entre les studios (ça on le sait déjà) ou bien une pure coïncidence qui reste malgré tout un peu troublante.

Restons donc sur "Flushed Away", puisque c'est de la sortie DVD de ce film que nous allons ici faire la critique. L'association entre Dreamworks et le studio anglais Aardman a donné deux longs métrages, dont l'un s'est quand même mérité l'Oscar du meilleur film d'animation en 2005, Wallace & Gromit: The curse of the Were-Rabbit. Le deuxième est le film dont il est question ici. L'entente entre les deux studios a pris fin d'un commun accord au début de février 2007, plus tôt que prévu. Même si Wallace & Gromit ont gagné l'Oscar, il faut bien avouer que les recettes du film n'ont pas été aussi grandes qu'escomptées. Et malheureusement, "Flushed Away" n'a pas bien marché au cinéma. La rupture était alors certainement le meilleur choix pour les deux. Il n'y a pas que de stupides décisions dans les studios américains.

Le film est en quelque sorte une version moderne des personnages en pâte à modeler de la génération de Wallace & Gromit. On a transposé en images de synthèse les figurines bien connues de Nick Park (dont le nom reste absent de cette production). Passer de l'argile à l'écran d'ordinateur, ce n'est pas quelque chose qui peut plaire aux puristes, mais qui passera beaucoup mieux auprès des enfants. Et ce sera peut-être là la planche de salut de ce film au format DVD, ce dernier, comme nous le verrons plus loin, étant généreusement rempli.

Roddy St. James (voix anglaise de Hugh Jackman), comme il se nomme, est un rat des villes. Il habite avec sa jeune maîtresse dans une cage cossue et dorée quelque part dans une belle maison de Kensington, le quartier royal de Londres. Aujourd'hui, les habitants des lieux partent en vacances et c'est la période préférée de Roddy: la maison au complet est à lui. Son monde se limite malgré tout aux autres jouets de l'endroit, et ces derniers sont plutôt inanimés. C'est alors que surgit Sid (Shane Richie), un rat d'égout qui a été malencontreusement victime d'un reflux dans l'évier de la cuisine. En tentant maladroitement de le renvoyer dans son monde, c'est Roddy qui sera "flushé" dans la toilette et qui va se retrouver dans le monde "d'en dessous". Il rencontrera Rita (Kate Winslet) qui a maille à partir avec "The Toad" (Ian McKellen), un crapaud coriace qui veut récupérer un rubis. Alors que Roddy et Rita tentent de lui échapper, le méchant fait appel à son cousin français "Le Frog" (Jean Reno) et à son équipe pour mener à bien la récupération.

Pour un public adulte, l'histoire de "Flushed Away" peut manquer de consistance. Certes, il y a bien la poursuite entre le crapaud et nos deux amis, mais il manque une base solide à tout ça. Par contre, pour un public jeune, c'est le film par excellence: les temps morts pratiquement inexistants, des couleurs vives à profusion, des personnages amusants et de la musique. Que demander de plus pour satisfaire un auditoire moins exigeant? De plus, l'ajout des "limaces" sera encore plus apprécié, puisqu'il rajoute une sorte de lien manquant dans les images.

Cette édition de "Flushed Away" est un peu décevante du point de vue pratique: outre le boîtier bilingue, dont on salue l'initiative, on retrouve un pauvre disque gris manquant cruellement de graphisme, perdu dans un boîtier complètement vide. Dommage. Du point de vue technique, par contre, l'image proposée est d'une excellente qualité, avec des couleurs bien saturées et des scènes très précises. On est gâtés aussi du côté sonore avec des pistes anglaise et française très bien fournies et surtout avec une ambiance détonante, plus limitée dans la piste espagnole. La plupart des pages de menus sont animées par des scènes originales et sonorisées, qui passent en boucle.

Les suppléments, nombreux, sont de quatre catégories, ce qui est rare. Tout d'abord, ceux que nous retrouvons directement sur le DVD. On commence par une piste de commentaires des réalisateurs David Bowers et Sam Fell. Les deux intervenants commentent les images au fur et à mesure, donnant leur idée de départ, ce qu'ils ont voulu faire ressentir et ce qu'ils voulaient faire passer comme idée. Intéressant, mais parfois redondant avec les images. Du côté animation, tel qu'annoncé sur la jaquette, deux nouvelles chansons des limaces. Limitons notre ardeur, car elles ne durent qu'à peine trente secondes chaque. Plutôt décevant. On se rattrape un peu avec un court documentaire de production (moins de dix minutes) sur la partie musicale du film, importante, depuis les arrangements originaux Harry Gregson-Williams jusqu'aux morceaux populaires surtout chantés par les limaces. Plus intéressant pour les plus grands, le documentaire "Meet the Cast" permet, comme son titre l'indique, de retrouver les acteurs durant la phase de postsynchronisation des voix. Plusieurs bandes-annonces sont disponibles, bien entendu, mais on s'arrêtera surtout sur celle de Shrek The Third, certainement très attendue, et Bee Movie qui, contrairement à ce qui est montré, sera bien un film d'animation. Pour rester dans la promotion des titres de la compagnie, un "juke-box" qui permet d'écouter six chansons de six autres films. La meilleure façon de se les faire demander ensuite.

Disponible dès le menu principal, la partie DWK, pour "Dreamworks Kids". Nous y trouvons, fidèlement aux éditions DVD de Dreamworks, un juke-box pour écouter directement douze chansons du film. Sympa. Puis dans un tutoriel vidéo de près de quinze minutes, un des animateurs du film nous explique comment construire une limace avec de la pâte à modeler. Instructif. Dans le même style, on peut apprendre à dessiner Roddy. Enfin, un petit jeu directement jouable à partir de la télécommande du lecteur DVD. Ensuite, il y a ceux que l'on retrouve sur la partie DVD-ROM, donc utilisant un ordinateur. À l'instar d'autres productions de Dreamworks, tel que Shrek, il y a de nombreuses activités utilisant une imprimante (de préférence HP, comme indiqué). Même s'il n'est pas nécessaire de préciser qu'il faut surveiller l'usage de cette partie, notons toutefois qu'il est pratiquement certain que plusieurs de ces ateliers plairont autant aux jeunes qu'aux parents, surtout pour l'occupation fournie. Enfin, il y a l'accès à des jeux interactifs uniquement accessibles par Internet. Il est d'ailleurs dommage que l'information ne soit pas plus précise sur le boîtier qui annonce fièrement "21 jeux et défis", mais dont il convient de suivre le petit astérisque et de s'abîmer les yeux à aller lire en petits caractères la mention indiquant l'accès au réseau Internet. Les jeux sont effectivement très amusants et là encore, ils tiendront occupés les joueurs longtemps. Mais seront-ils encore là dans 6 mois ou dans un an? Rien ne nous l'assure. Mais là aussi, il faut bien avouer qu'il a du bon travail de fait.

Ceux qui espèrent retrouver la petite étincelle de plaisir que procure le visionnement de Wallace & Gromit seront déçus. Certes, on reconnaît bien l'appartenance à la même famille et l'animation est si bien faite que parfois, on se demande si ce ne sont pas des figurines en pâte à modeler. Les plus observateurs apercevront même un Gromit en peluche dans la chambre de Roddy, proche d'un lapin tout droit sorti de "The Curse of the Were-Rabbit" et même un lion "Alex" du film Madagascar. Et encore plus rapidement, quand il se cherche son habit du jour, Roddy sortira de la penderie une tenue de Wallace! Le film n'est pas aussi mauvais que beaucoup l'ont laissé croire. Il ne faut pas toujours essayer de chercher l'histoire derrière l'histoire, mais simplement d'apprécier celle qu'on nous propose, même si elle n'est pas trop élaborée. "Flushed Away" plaira beaucoup à un jeune public, mais devrait aussi interpeller les plus grands. De plus, il ne dure pas très longtemps et il est techniquement très bien fait. C'est en plus un film qui peut facilement se laisser revoir souvent.


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments8
Vidéo9
Audio9