Heavy Metal
Superbit
Columbia TriStar Home Entertainment

Réalisateur: Gerald Potterton
Année: 1981
Classification: R
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DTS51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Portugais, Taïlandais
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
4 mars 2003

C'est en janvier 1975, en France, que Jean-Pierre Dionnet, Philippe Druillet, Bernard Farkas et Jean Giraud (Moebius) fondent le magazine "Métal Hurlant", sous la maison d'édition "Les Humanoïdes Associés". Ce magazine se veut un recueil de bande-dessinées fantastiques et de science-fiction pour adultes. Reproduisant le concept aux États-Unis, l'éditeur du "National Lampoon Magazine" lance "Heavy Metal" en 1977. Plusieurs grands noms de la bande dessinée y défilent: Simon Bisley, Richard Corben, Jon J. Muth, John Totleben, Bill Sienkiewicz, etc. Maintenant la propriété de Kevin Eastman (créateur des Teenage Mutant Ninja Turtles), le magazine continue d'avoir des publications chaque mois. Quant à "Métal Hurlant", après qu'il ait changé de maison d'édition à plusieurs reprises, il arrête d'être publié en 1987. Mais, depuis la fin de 2002, il est de nouveau publié en France, en plus de l'être maintenant aux États-Unis (en version traduite et en format "comic book", bien entendu...).

En 1978, "Heavy Metal" conclut une entente avec Universal Pictures pour créer un film animé basé sur les personnages les plus célèbres du magazine, entre autres ceux de Bernie Wrightson (co-créateur Swamp Thing), Juan Giménez (dessinateur de La Caste des Méta-Barons) et Dan O'Bannon (co-scénariste de Alien). Co-produit par le Canada, les États-Unis et l'Angleterre, le film ne sera terminé qu'en 1981, année où il sort en salle. Fait notoire, à cause de problèmes de droits d'auteurs sur la musique, le film n'a pas pu être disponible sur vidéo avant 1996. C'est probablement ces 15 ans d'attente qui sont responsables d'une bonne partie du succès de ce film.

Un peu à la manière de la revue, le film est séparé en six parties, toutes reliées entre elles par de courtes séquences de raccord ("Grimaldi", précédé de "Soft Landing"). L'histoire générale nous présente le Loch-nar, une étrange boule verte qui contient tout le mal de l'univers et qui répand souffrance, anarchie et méchanceté partout où elle va. Dans la première partie, "Harry Canyon", on retrouve le Loch-nar dans un New York futuriste, où le chauffeur de taxi éponyme se porte au secours d'une ravissante demoiselle en péril (on ne peut s'empêcher d'y voir des similitudes avec The Fifth Element). Dans la seconde histoire, "Den", on assiste à la métamorphose du jeune et frêle Dan en tout-puissant héros. Le segment qui suit présente le procès d'un capitaine déchu ("Captain Sternn"). Ensuite, on nous raconte l'enlèvement d'une secrétaire du Pentagone par des extra-terrestres ("So Beautiful and So Dangerous"). La cinquième partie, "Neverwhereland", nous montre le Loch-nar transformant l'équipage d'un bombardier B-17 en zombies. Finalement, le segment "Legend of Taarna", probablement le plus célèbre, raconte l'histoire d'une race de scientifiques et explorateurs qui se font soudainement attaquer par des guerriers sous l'influence du Loch-nar. Sur le point d'être complètement annihilés, ils réussissent à interpeller la dernière survivante d'une race mystique avec qui ils avaient jadis un pacte. Cette dernière, Taarna, venge ses alliés et détruit finalement le Loch-nar.

Chacun des segments du film est unique. Pour commencer, le type de scénario est très différent, allant du "film noir" jusqu'à la comédie légère. L'animation est elle aussi très variée; certains dessins s'apparentent à ceux de Disney, tandis que d'autres sont plutôt du style "anime" japonais. Chaque segment a aussi sa musique propre; les interprètes les plus célèbres sont probablement les groupes Black Sabbath, Nazareth, Eagles et Cheap Trick. Notons aussi qu'en plus du Loch-nar, un autre détail revient immanquablement dans chacun des segments: une plantureuse jeune fille à la poitrine voluptueuse se retrouve nue, et plus souvent qu'autrement dans les bras du héros du moment. Bien entendu, cet aspect du scénario permet de cibler une partie non négligeable des amateurs de bandes dessinées américaines (généralisons hâtivement aux adeptes de la compagnie "Image" qui publie entre autres Witchblade et Tomb Raider...).

La qualité de l'image n'est pas mal, mais on se serait attendu à quelque chose de supérieur venant d'une édition Superbit. Les couleurs sont vivantes, les contours bien définis et les noirs subtilement nuancés, même s'ils manquent de profondeur. Bien entendu, le fait que le film soit un dessin animé facilite grandement la compression de l'image. Malgré tout, on constate énormément de fourmillement tout le long du film, probablement causé par le défraîchissement des couleurs sur la bobine de transfert. En effet, l'usure du matériel source peut rendre la numérisation bien difficile, ce qui est habituellement le cas pour un film réalisé à la fin des années 70. Les poussières et égratignures créant de forts gradients dans la colorimétrie, la définition d'une table de couleur adéquate est difficile à automatiser. Heureusement, le standard Superbit étant ce qu'il est, la numérisation à haut débit permet à ces défauts d'être présents sans pour autant affecter la qualité globale de l'image. Notons par contre que dans certains cas, une moins bonne compression pourrait générer une image plus belle puisque les égratignures seraient tout simplement ignorées. Bref, puisque la version dite collector de ce film offre une qualité comparable, il est difficile de justifier la pertinence d'une version Superbit; une réédition avec restauration numérique aurait été nettement plus intéressante.

L'apport justificatif de cette édition est sans aucun doute la présence de la bande sonore DTS. Le son est percutant, clair et ciblé; rien à voir avec la bande Dolby Digital, où on sent constamment la compression. Cette édition permet aussi de tester les limites du haut-parleur d'extrême grave, qui est sollicité à peu près partout dans le film. Le moteur du taxi est particulièrement impressionnant, dans le premier segment. Quant à l'ambiophonie, elle est très bien utilisée; on note cette impression de profondeur sur le plan sonore qui est synonyme d'un mixage tempéré et adéquat. Des effets ambiants bien placés sont aussi présents tout le long du film. Les explosions (fréquentes dans le film) sont bien rendues et marquantes. Notons aussi que si on choisit la piste sonore DTS, on nous présente à l'écran l'ancien logo ("The Digital Experience: This Theater Features DTS Digital Sound") qui était présenté lors des projections en salle il y a quelques années, rappelant ainsi de bons souvenirs!

Pour ce qui est des menus et extras, ils sont au minimum, comme en est la coutume sur les rééditions Superbit. Les menus n'ont pas d'image autre que le logo du film, sans musique. Quant aux suppléments, il n'y en a tout simplement pas.

Bref, le seul attrait de cette édition est la bande DTS, qui est nettement supérieure à la Dolby Digital, présentée sur la "vieille" version dite Collector. L'image de qualité égale et la présence d'un second DVD bourré de suppléments rend par contre cette dernière beaucoup plus attrayante.


Cotes

Film7
Menu1
Suppléments-
Vidéo8
Audio9