Resident Evil: Degeneration
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Makoto Kamiya
Année: 2008
Classification: 14A
Durée: 96 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Portigais (DD51), Français (DD20), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Coréen, Thaïlandais, espagnol, Chinois, Portugais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
4 décembre 2009

Capcom, la célèbre compagnie de jeux vidéo, a créé un monstre. Même si ses succès les plus inoubliables sont les Mega Man et autres Street Fighter, il y a toujours un épisode de Resident Evil dans le rétroviseur. Cette série glauque a envahit toutes les consoles en plus de donner naissance à trois films médiocres mettant en vedette la plus jolie que talentueuse Mila Jovovich. Pour leur quatrième essai "Resident Evil: Degeneration", les scènes de prises réelles ont été remplacées par une animation luxueuse rappelant étrangement... celle d'un jeu vidéo!

L'action se déroule quelques temps après le troisième tome de la vénérable Playstation, première du nom. La ville de Raccoon vient d'être détruite et le gouvernement a caché les causes de cette catastrophe. Un nouveau virus transforme la population en zombies, cette fois dans un aéroport bondé. Pour sauver la situation, l'agent Léon S. Kennedy refait équipe avec Claire Redfield pour trucider des méchants et faire une enquête approfondie sur la situation.

Avec ses références et ses clins d'œil, voilà un long-métrage qui s'adresse principalement aux admirateurs de la série. Les héros sont les mêmes que dans le deuxième - et meilleur - volet, on y fait à nouveau mention de la compagnie Umbrella et les motivations des personnages sont toujours aussi troubles. Les néophytes se trouveront plutôt devant un produit qui recycle mécaniquement tous les codes des films de zombies, humour en prime. Rien de très surprenant, si ce n'est une réalisation appliquée de Makoto Kamiya qui valorise uniquement le divertissement. En revanche, les adeptes et les nouveaux venus seront déçus de la construction plus que simpliste du récit. Après une intéressante introduction, les enjeux sont rapidement abandonnés au profit d'un gros mutant destructeur. À partir de là, la course est de mise, et non la réflexion, l'émotion ou l'enquête policière. Les ambiances sombres qui donnaient froid dans le dos ne sont également pas de la partie, ce qui est toujours dommage pour un ersatz d'Aliens.

Ce titre ne se fera certainement pas regarder pour son tiède scénario, mais plutôt pour ses scènes d'action qui sont plus spectaculaires que convaincantes. L'animation, si elle est flamboyante et parfois à couper le souffle (le jeu sur l'eau, les cheveux, les ombres et la lumière sont sidérant), se veut rigide à quelques endroits. Cela n'empêche pas les images de captiver par leur précision et leur beauté. Les couleurs demeurent toujours parfaites, tout comme le rendu volontairement froid et artificiel, ainsi que le développement fascinant des contrastes qui doivent composer avec plusieurs teintes sombres. Les pistes sonores sont d'excellente qualité, faisant continuellement vibrer les différents haut-parleurs. Rapidement, les enceintes sont desservies par des explosions, des tirs de balles et l'écrasement d'un avion. De quoi sursauter alors que les enjeux ne le méritaient pas nécessairement. Les voix ne sont pratiquement jamais asservies par ce flux sonore continuel, et il y a de splendides sous-titres jaunes pour les gens qui en ressentent le besoin. La musique alterne entre gros heavy metal et thèmes plus légers pour faire ressortir une atmosphère de tension.

La colorée pochette laisse figurer le visage des deux héros, quelques morts-vivants et une flamme proéminente. Après une explosion et un atterrissage raté, le menu principal du DVD s'ouvre sur un endroit détruit qui est baigné dans les débris et une lente mélodie. Les suppléments semblent nombreux, sauf qu'ils ne sont pas nécessairement pertinents. Hormis peut-être ce documentaire de trente minutes qui s'attarde au choix des doubleurs, à la création des effets spéciaux, au développement de l'intrigue et à son insertion dans les réalités quotidiennes (entre lutte au terrorisme et tragédie biologique). Sinon il y a de courtes biographies des multiples personnages, des scènes manquées (le doublage n'est pas une science infuse) qui font rarement rires, une fausse entrevue avec Leon et une vingtaine de bandes-annonces, dont deux annonçant la sortie du très attendu Resident Evil 5 pour la PlayStation 3 et la Xbox 360.

"Resident Evil: Degeneration" est sans doute plus intéressant que les trois daubes à l'effigie de Mila Jovovich. Cela n'empêche pas que la réputée licence n'est pas toujours exploitée convenablement, se limitant à offrir des séquences explosives au lieu de faire réfléchir sur le deuil, la difficulté de tuer d'anciens amis transformés en zombies et la mainmise mondiale du capital financier sur les effectives humaines.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments4
Vidéo9
Audio9