A Clockwork Orange [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Stanley Kubrick
Année: 1971
Classification: R
Durée: 137 minutes
Ratio: 1.66:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (PCM51, DD51), Français de France (DD51), Espagnol (DD51), Allemand (DD51), Italien (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Chinois, Danois, Néerlandais, Finlandais, Allemand, Italien, Japonais, Coréen, Norvégien, Portugais, Suisse
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 085391293835

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
12 mai 2010

"J'étais enfin guéri!"

L'un des chefs-d'œuvre incontestables du réalisateur Stanley Kubrick est sans contredit "Orange Mécanique", fable sur une société futuriste dans laquelle les jeunes, aussi perdus soient-ils dans leur apprentissage de la vie, se permettent tout ce qu'il faut de "l'ultra violence" et du vieux "dedans-dehors". Ils sont gouvernés par un sentiment de nihilisme et demandent pourtant d'être respectés. Le vieil adage "si vous faites le mal, faites le bien" correspond très bien au gang sur lequel s'attarde le film de Kubrick.

Alex est le chef d'un gang et retire beaucoup de plaisirs de la vie... souvent au tragique détriment des autres. Il est amoral, mais possède de véritables qualités. Ce n'est que lors d'une attaque qui tourne mal qu'Alex sera confronté à faire un choix: demeurer en prison pour les prochaines quinze années, ou alors tenter le traitement Ludovico et sortir en un peu moins de deux semaines.

Presque tout a été dit sur la filmographie de Kubrick. Chef-d'œuvre, navet, impossible à comprendre, subtilités infinies, etc. Ce qui fait, quant à moi, la force de "Orange Mécanique", est dans le traitement de l'histoire. Bien qu'aujourd'hui usés à la corde, les procédés narratifs n'étaient rien de moins, en leur époque, que nouveaux. Raconter une histoire de cette façon en prenant un délinquant comme personnage principal, il fallait oser. Mais Kubrick ne s'arrêtait jamais là où oser était suffisant. Les icônes créées par le réalisateur étaient telles qu'elles ont été reprises à travers les âges. De Tarantino à Clint Eastwood, les réalisateurs de talents ont tout de suite vu l'impact du film et, faisant clin d'œil sur clin d'œil à l'œuvre, permirent au film d'obtenir le statut suivant: rien de moins que l'un des piliers du septième art. Si l'évolution cinématographique pouvait se compter en une centaine de films importants, "Clockwork Orange" serait parmi eux. Rien n'échappe à la caméra de Kubrick. Les petits détails et sa mise en scène méticuleuse et explosive offrent des moments d'anthologie faisant désormais histoire dans les livres. On pourrait blâmer le scénariste et réalisateur de bien des choses: sévère, intransigeant et difficile, mais jamais de sincérité, de prise de position, de manque de talent, etc. La liste serait longue, donc faites-vous une fleur et visionnez le film, ça sera moins long.

Bien que supérieur au DVD standard, l'image n'est cependant pas à tout casser. On remarquera une réduction du bruit dérangeante qui retire bon lot du grain de la pellicule, rendant floues les actions et scènes les plus apparentes. On perd un net monceau de détails dans les séquences nocturnes et même si certains moments ressortent avec leur saturation et contrastes, le transfert actuel est bien gênant puisqu'il ne propose rien qui cassera la baraque. Un tout petit transfert minimal, qui montre davantage de défauts que de qualités. Hé Warner, le 40e anniversaire du film, c'est en 2011.

Loin d'être une référence en la matière, l'aspect sonore atteint un maximum très rapidement. Déjà la musique d'introduction de Wendy Carlos sonne cacophonique et ce n'est que le début. Il fait toujours plaisir d'entendre les premiers dialogues d'Alex (Malcolm McDowell), mais malgré le peu d'efforts faits par le studio, on sent une nette distance entre le propos et son spectateur par un manque flagrant d'ambiophonie. Certes, le film date de 40 ans en 2011 et certes, Warner pourrait s'occuper d'une restauration plus complète étant donné la date d'anniversaire approchante.

Une piste de commentaires par Malcolm McDowell et l'historien Nick Redman permet d'établir de nouveaux faits et anecdotes sur le tournage et sur l'impact du film. Le documentaire "Still Ticking" observe quant à lui la longévité du long-métrage et sa place dans le cinéma contemporain, tout comme son impact en son temps et aujourd'hui. La revuette "Great Bolshy Yarblockos" propose une relative revuette sur la production du film et pour compléter, un profil de carrière de l'acteur Malcolm McDowell ainsi que la bande-annonce de "Clockwork Orange". Ça semble beaucoup, mais comparé à ce que les fans de Kubrick pouvaient s'attendre, c'est bien maigre. Pourtant, les livres d'histoire du cinéma sont remplis d'images et d'anecdotes attendant d'être racontées. Pourquoi ne pas avoir saisi l'occasion? Remarquez, 2011 célèbrera le 40e anniversaire du film... Warner, vous écoutez?

La cote actuelle est déterminée en vertu de la qualité du film, non de se présentation ou de ses suppléments. Bien sûr, l'aspect audio-vidéo est en tout point supérieur à celui du DVD standard, mais les suppléments semblent freiner une réelle envie de raconter les dessous de cette production. La piste de commentaires offre de nombreuses anecdotes et de faits plus ou moins inédits et les autres revuettes permettent un minimum d'immersion dans le processus historique. Seulement, fidèles amis lecteurs, cette édition est le minimum et probablement la seule qui existera jamais. Dommage. Warner, l'an prochain, c'est le 40e anniversaire de quel film déjà?


Cotes

Film10
Présentation8
Suppléments6
Vidéo7
Audio6