Film de cartes qui se veut à la fois intelligent et très humain, "The Cincinnati Kid" de Norman Jewison montre un Steve McQueen au sommet de son art qui n'arrêtera devant rien ni personne pour prouver qu'il est le meilleur.
En Nouvelle-Orléans, une très attendue soirée de poker est sur le point de se dérouler. Lancey Howard (Edward G. Robinson) semble imbattable et il invite périodiquement des joueurs à se mesurer à lui. Cette fois-ci le résultat sera peut-être différent. Le très talentueux Cincinnati Kid (Steve McQueen) devrait être du nombre et plusieurs personnes aimeraient le voir remporter le grand lot.
Premier film majeur du réalisateur Norman Jewison (à qui l'on doit l'excellent In the Heat of Night, "The Cincinnati Kid" qui est basé sur le livre de Richard Jessup se suit comme une intéressante chronique de personnages. Autour du héros se trouve une demi-douzaine d'individus qui cherchent à survivre dans cet univers où l'argent facile risque de corrompre la plus honnête des personnes. Les protagonistes doivent faire des choix (entre la vie et l'honneur par exemple) et personne ne s'en sortira indemne. Au sein d'une très belle distribution qui comprend Karl Malden, Rip Torn et la superbe Ann-Margret, Steve McQueen brille à nouveau avec son regard bleu et sa démarche si personnelle.
L'ensemble se veut également un exposé des rouages du poker. Les séances de cartes sont nombreuses et elles s'avèrent très crédibles. Un professionnel a travaillé avec les comédiens et cela paraît à chaque instant. Ces parties sont au service d'une belle mise en scène, dynamique et travaillée, qui ne lésine jamais sur les moments plus humains. Une façon de ralentir les enjeux qui porte fruit, et ce, même s'il aurait été très possible d'explorer encore davantage la psychologie de chaque être.
L'agréable musique a donné naissance à un superbe tube de Ray Charles. Les pistes sonores en Mono se concentrent sur les dialogues. Ceux-ci s'entendent généralement aisément. Quelques mots peuvent toutefois se perdre dans le brouhaha sonore. Afin de tout comprendre, il est possible d'insérer de corrects sous-titres blancs ou d'opter pour un honnête doublage francophone. Les images précises optent pour une palette de couleurs composées de gris, des teintes solides, mais peu éclatantes et des contrastes imparfaits qui ne nuisent nullement au visionnement. Le tout est cependant toujours adapté au concept en place.
La pochette sombre montre Steve McQueen qui est en train de miser beaucoup d'argent à un jeu de table. Le menu principal du Blu-ray s'approprie ce concept statique en lui insufflant une très jolie mélodie. Les suppléments contiennent une bande-annonce, un court documentaire sur le tournage qui permet aux acteurs de parler des thèmes en place, une très intéressante piste de commentaires du cinéaste qui plonge tête première dans le processus de création, et des échanges plus techniques entre Phil Gordon et Dave Foley lors des séquences où le poker prend toute la place.
Passionnant divertissement mené par des interprètes hors pair, beaucoup de tension, quelques pointes d'humour et de romance, "The Cincinnati Kid" est un récit qui ne s'adresse pas seulement aux amateurs de cartes. Au contraire, l'histoire est suffisamment forte et maîtrisée pour intéresser les gens qui ont horreur du genre.
| Film | 7 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |