Clash of the Titans (2009) [Blu-ray]
Warner Home Video / BBC Video

Réalisateur:
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 106 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHDMA51),Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 883929141920

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
15 août 2010

Piètre variation sur un succès monstre du box-office de 1981, "Clash of the Titans" mise le tout sur le tout sur ses fabuleux effets spéciaux, au point de complètement oublier cette prémisse au fort potentiel tragique concernant la révolte des humains face aux forces divines. Au moins, l'édition Blu-ray n'a pas à se soucier de la pénible trois dimensions qui ne rajoutait absolument rien à la version présentée en salles, si ce n'est quelques dollars sur le prix du billet.

Persée (Sam Worthington) est en colère. Les dieux ont tué sa famille et il cherche réparation. Puisque le méchant Hadès (Ralph Fiennes) menace de détruire une importante ville en réveillant le mythique monstre Kraken, le jeune homme décide de sauver ses habitants. Grâce aux armes et aux conseils de son père, le tout puissant Zeus (Liam Neeson), il arrive à se frayer un chemin jusqu'aux trois diaboliques sorcières, naviguant sur le Styx jusqu'à l'immonde Méduse dont la tête s'avère être l'arme suprême.

Fortement inspirée par Star Wars, la première version de Clash of the Titans réalisé par Desmond Davis pouvait charmer avec ses risibles effets spéciaux du légendaire Ray Harryhausen. C'est que le récit, déjà désuet à l'époque, s'avérait une agréable, mais fortement oubliable aventure dominée par les élans du cœur. Rien de réellement édifiant, si ce n'est un simple divertissement, un plaisir coupable au même titre que les supérieurs Legend de Ridley Scott et le Willow de Ron Howard.

Comme le recyclage est souvent de mise à Hollywood, place à une nouvelle version plus ou moins fidèle à l'original qui conserve néanmoins l'essence de la trame narrative. Le mandat à été confié à Louis Leterrier, et comme il l'avait fait sur son décevant The Incredible Hulk, il offre une surenchère d'effets spéciaux, spectaculaires à souhait. Le combat avec ces scorpions géants est un grand morceau de bravoure, tout comme le trépidant affrontement avec la fille aux cheveux de serpents et ces envolées sur le dos de Pégase.

Tout ça est bien beau, mais cela n'en fait pas un bon long-métrage pour autant. Pas surprenant que la trilogie Lord of the Rings durait plus de trois heures. Elle prenait le temps de développer ses personnages, leur amenant une part d'humanité, les obligeant à faire des choix déchirants. Pas de tout cela ici. Le déroulement schématique enchaîne les moments musclés sans jamais s'attarder à l'histoire, ce qui donne au final un gros pétard mouillé, une daube explosive dont il est plutôt difficile de s'attacher.

L'ensemble ne se prend évidemment pas trop au sérieux et les clins d'œil abondent. C'est cependant insuffisant pour passer un bon moment et même être diverti le moindrement. Les personnages ont encore moins de prestance que dans la première mouture (c'est tout un exploit!) et les bonnes idées du scénario (par exemple cette confrontation entre Zeus et Hadès) n'aboutissent jamais. Aperçu pour la dernière fois à la même enseigne dans l'inoubliable Schindler's List, Liam Neeson et Ralph Fiennes sabotent leur talent en se livrant des répliques pathétiques et involontairement comiques. Quant à Sam Worthington, il prouve, après Avatar, qu'il ne possède pas le charisme de son physique, et encore moins la prestance.

Comme c'est trop souvent le cas pour ce genre d'exercice, tout est une question d'images et de son. Cette production ne fait pas exception. Le niveau de détails est hallucinant avec sa flamboyante palette de couleurs, ces contrastes qui touchent la perfection et ces textures extrêmement développées. Hormis un peu de blocage, la rétine n'en revient pas de ce monde parallèle qui en met plein la vue. Les pistes sonores sont tout aussi impressionnantes. Les différentes enceintes regorgent de bruits d'éclairs, de vent, d'eau, de cris et de déflagrations multiples, plongeant le cinéphile sur le champ de bataille. Les dialogues généralement bien équilibrés regorgent de savoureux accents britanniques ou une traduction québécoise tout à fait dans le ton. De très visibles sous-titres blancs peuvent être ajoutés dans plusieurs langues. La musique, beaucoup trop présente, ne reste pas toujours en tête pour les bonnes raisons.

Au total le boîtier comprend une copie Blu-ray, une seconde DVD et une dernière digitale. La pochette attire immédiatement l'attention, montrant le héros combattre un ennemi de sable. Le menu principal du disque est nettement plus décevant. Il n'y a qu'un quelconque plan fixe, accompagné d'une composition musicale plutôt mélodique. Les suppléments méritent le détour. Le tout débute par des documentaires détaillés sur les dieux, les ennemis les comédiens et les décors. L'équipe technique discute des éléments en plan avec légèreté et bonne humeur. Un second segment relate plutôt l'apport de Sam Worthington. Une fin alternative s'avère encore plus décevante que celle retenue, alors que de longues scènes supprimées permettent de développer plus en profondeur les personnages. Le bonus d'importance s'intitule "Maximum Movie Mode". Au lieu d'une ordinaire piste de commentaires, de nombreux segments apparaissent à l'écran pendant le visionnement, multipliant les informations sur le tournage et les thèmes abordés. Voilà une option qui demeure nettement plus intrigante que le résultat final.

Au lieu de mordre l'ambroisie et d'atteindre l'immortalité, cette relecture de "Clash of the Titans" ressemble à un vulgaire Cyclope qui, de son seul œil, ne pense qu'à enfiler le maximum de scènes d'action dans un temps record, sans rien offrir de très solide en retour. Pas surprenant que les fondations s'écroulent au premier coup de tonnerre de l'Olympe, et que les spectateurs, devant tant de moments interchangeables, ne pensent qu'à rejoindre les bras de Morphée, regrettant presque le récent et inconséquent Percy Jackson & the Olympians de Chris Columbus qui s'avérait tout de même le moindrement intéressant. En espérant que la suite qui verra le jour ces prochaines années soit plus convaincante...


Cotes

Film4
Présentation5
Suppléments7
Vidéo9
Audio9