Premier véritable effort de Steven Spielberg à l'extérieur du film de genre, "The Color Purple" a pris l'affiche en 1985, étant sélectionné à 11 reprises aux Oscars, mordant la poussière à chaque fois. Son entrée en format Blu-ray se fait par la grande porte, bénéficiant d'une très belle présentation.
Le destin tragique de Celie (Whoopi Goldberg) de 1909 à 1949, de son mariage malheureux à Albert (Danny Glover) au départ de sa sœur chérie Nettie (Akousa Busia), de son amitié à la chanteuse Shug (Margaret Avery) aux combats de la brave Sofia (Oprah Winfrey). Des années de misère qui seront peut-être récompensées par un peu de bonheur et de quiétude.
Faste transposition du populaire roman d'Alice Walker, la version cinématographique de "The Color Purple" ne manque pas de moyens. Spielberg a toujours été un cinéaste talentueux et il le prouve aisément avec ses larges mouvements de caméra et son désir de toujours atterrir dans le feu de l'action. L'émotion et les bons sentiments coulent à flot dans ce véritable mélo qui prêche souvent par excès, notamment dans sa façon de présenter ses héroïnes (presque toutes exemplaires) et ses personnages masculins (que des salauds!). Bien que les nombreux thèmes importants (le sort des femmes afro-américaines au début du 20e siècle est celui qui prend le plus de place) soient parfois traités avec beaucoup de naïveté (l'Afrique est une oasis de bonheur?) et que le récit traîne en longueur (153 minutes), l'ensemble finit par captiver. Principalement grâce aux performances de tous les comédiens qui livrent de vibrantes compositions. Danny Glover incarne un proche cousin du Diable, Whoopi Goldberg a rarement été aussi bien dirigée, alors que Oprah Winfrey montrait un talent certain pour le jeu.
La mise en scène soignée passe également par cette superbe photographie qui se répercute rapidement au sein des images, détaillées et toujours jolies à regarder. Les teintes sont surprenantes, tout comme les contrastes homogènes et la juste définition des contours. La piste sonore anglophone en DTS Master Audio 5.1 est d'un très bel effet, faisant continuellement ressortir des enceintes des bruits de lucioles, de chevaux, de vent et de trains. Même si les voix sont claires, il est parfois recommandé d'insérer de visibles sous-titres blancs afin de saisir les nombreuses subtilités des expressions. De son côté, la musique de Quincy Jones est lyrique et mélodique à souhait.
Cette édition est offerte dans un format digibook de 40 pages qui est parsemé de photos et d'informations variées. Le menu principal du disque est statique, reprenant la pochette originale, soit celle de l'ombre d'une femme qui lit une lettre. Le tout est bien entendu de couleur pourpre. Une agréable mélodie se fait toutefois entendre, berçant ainsi la navigation. Les suppléments sont les mêmes que sur l'édition DVD de 2003. Il y a des bandes-annonces, des galeries de photographies (des interprètes et de l'équipe technique) et un documentaire en quatre parties qui traitent de l'apport de la trame sonore, de l'adaptation en format long-métrage, du choix de la distribution et des épreuves rencontrées (par exemple lors de la scène d'introduction qui en est une d'accouchement, le réalisateur attendait impatiemment la venue au monde de son premier enfant). Pertinent, mais rien de nouveau sous le soleil.
"The Color Purple" est un mélodrame bien intentionné qui profite de son grand soin technique et de la forte présence de distribution. Ce n'est pas un opus foudroyant comme pouvait l'être Schindler's List quelques années plus tard, mais il s'agit plutôt d'un effort appréciable, une tentative louable du cinéaste de toucher à autre chose.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |