Quand j'ai vu la bande-annonce de "Disturbia" j'ai fait "beurk", on n'a pas besoin d'une relecture pour ados de Rear Window d'Alfred Hitchcock. Mais puisqu'il faut garder l'esprit ouvert, que je suis en général un fan de thrillers et que Shia LaBeouf est un jeune acteur plein de promesses, j'allais donc aborder le film sans idées préconçues. Au final, le film de D.J. Caruso n'est pas mauvais, mais s'écroule dans un dernier tiers qui s'enlise dans les invraisemblances et les effets choc faciles.
Troublé par la mort de son père dans un accident de voiture, Kale Brecht (Shia LaBeouf) est assigné à résidence pendant trois mois pour avoir frappé un de ses professeurs au visage. Essayant de combattre l'ennui, il espionne son entourage à l'aide de jumelles et d'une caméra vidéo. Son attention et celle de son copain Ronnie (Aaron Yoo) se portent tout d'abord sur la ravissante Ashley (Sarah Roemer), qui vient tout juste d'emménager dans la maison voisine. Mais peu à peu, il commence à douter de la véritable identité d'un autre voisin, Mr Turner (David Morse), qu'il soupçonne être un tueur en série recherché au Texas. Après avoir observé ce qui semble être un meurtre chez Turner, il poussera ses recherches plus à fond, aidé par Ronnie et Ashley. Kale a t-il l'imagination trop fertile ou son voisin insolite est-il vraiment un assassin?
Au départ, "Disturbia" n'a rien de bien original, mais arrive tout de même à maintenir notre intérêt grâce au talent de l'acteur principal, une touche d'humour et l'approche lente et méthodique avec laquelle le réalisateur aborde le suspense. Malheureusement, comme c'est souvent le cas dans les thrillers et dans les films d'horreur, le comportement des personnages plonge par la suite dans l'irrationnel et la logique est mise au rancart parce que le temps est venu de hausser la tension d'un cran et d'en mettre plein la vue. Et coïncidences et incohérences s'accumulent dans un crescendo prévisible et convenu. Le film est sauvé de la débâcle par la prestation de Shia LaBeouf, dont le jeu est assez nuancé pour apporter une certaine complexité à son personnage, et par celle de David Morse, efficace et glacial dans la peau d'un homme qui parvient à nous garder dans le doute quant à sa vraie nature, jusqu'à ce qu'il attrape lui aussi une "irrationalite" aiguë. Mais bon, ça, c'est la faute du scénario.
Le transfert proposé sur cette édition Blu-ray est solide. L'image est claire et nette et les couleurs sont vibrantes et naturelles, en particulier dans les environnements extérieurs. La qualité visuelle lors de la scène d'ouverture, alors que Kale pêche avec son père dans un paysage de carte postale, est particulièrement impressionnante. Par contre, la majorité du film se déroule à l'intérieur et le niveau des contrastes est parfois trop élevé, donnant au film un look quasi surréaliste. Je n'ai noté aucun problème d'encodage. La piste audio est dynamique et équilibrée, et le spectateur est enveloppé par une ambiance sonore très immersive. Les enceintes arrière sont amplement mises à contribution, mélangeant la subtilité des bruits ambiants avec des effets sonores plus appuyés lors des scènes d'action. La musique et les dialogues sont parfaitement intégrés à l'ensemble.
La présentation et les menus sont dans les normes pour ce format et plusieurs suppléments sont offerts, tous en haute définition. Puisque c'est loin d'être la norme, une bonne tape dans le dos pour Dreamworks. Pour débuter, on retrouve une piste audio de commentaires avec le réalisateur et les acteurs Shia LaBeouf et Sarah Roemer. Le ton est à la fête et blagues et anecdotes fusent, mais il ne faut pas s'attendre à une analyse technique en profondeur. Ensuite, la revuette "The Making of Disturbia", sans offrir une tonne d'information, demeure intéressante et évite le simple matraquage promotionnel. On retrouve également une piste "Serial Pursuit Trivia Pop-Up" (inutile), un segment de scènes coupées et de bloopers, un vidéoclip, une galerie photo et la bande-annonce du film.
La qualité visuelle et sonore est au rendez-vous et la brochette de suppléments est adéquate, mais "Disturbia" fait partie de ces films passablement divertissants qui sombrent rapidement dans l'oubli. Il ne reste qu'à espérer que le talentueux Shia LaBeouf (que l'on a vu par la suite dans Transformers) se verra offrir des rôles un peu plus substantiels dans le futur.
| Film | 5 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |