Le succès inattendu qu'a rencontré Napoleon Dynamite autant auprès de la critique et du public en 2004 a propulsé Jared Hess dans les hautes sphères hollywoodiennes, avec quoi il a pu réaliser Nacho Libre, une comédie certes comique, mais oubliable. Son plus récent film, "Gentlemen Broncos", marque un retour à l'humour singulier qui a fait sa réputation.
Ici, le héros (où plutôt l'antihéros) est Benjamin Purvis, un jeune adolescent passionné par les romans de science-fiction vivant seul avec sa mère, veuve qui travaille dans un modeste magasin de lingerie et qui rêve d'avoir un jour sa propre collection. Lorsque Benjamin s'inscrit à un camp de jour pour jeunes auteurs, il soumet l'un de ses écrits à Ronald Chevalier, célèbre écrivain qu'il vénère depuis son enfance. En manque d'idées pour son nouveau roman, Dr. Chevalier n'hésitera pas à plagier les travaux de son étudiant.
Bien que le scénario n'ait absolument rien en commun avec celui de Napoleon Dynamite, le film donne l'impression d'en être la suite spirituelle. On y retrouve le même style artistique dépassé, les mêmes environnements ruraux et les mêmes dialogues maladroits. L'aspect plagia n'entre en scène que vers la fin du film et n'en est jamais l'élément le plus important. Le but ici s'agit plutôt de présenter l'Amérique rurale sous sa forme la plus insolite. Impossible de savoir si Jared Hess se moque d'eux avec affection ou dédain, mais le plaisir qu'il prend à le faire est contagieux. Le film aurait peut-être pu bénéficier de davantage de drôlerie et laisser tomber une ou deux scènes de science-fiction (oui, il y en a!), mais il est difficile de ne pas tomber sous le charme de cette extravagance cinématographique.
"Gentlemen Broncos" étant un film visuellement très accompli, il était plus que souhaitable que le transfert haute-définition puisse lui rendre justice. C'est bien le cas: la qualité de l'image donne une impression de profondeur et le niveau de détails est très haut. Les quelques scènes de science-fiction offrent un véritable festin visuel kitsch que la beauté de l'image rend palpable. Seule ombre au tableau, les scènes de nuits qui abondent de grains et de textures défaillantes. Heureusement, elles sont peu nombreuses. La piste audio ne donne peut-être pas l'immersion escomptée, les bruitages manquant souvent de finesse, mais parvient tout de même à satisfaire. L'utilisation de plusieurs tubes des années 60, y compris l'excellente chanson écologiste "In the Year 2525", ajoute un peu de prestige à la trame sonore. Bref, la version Blu-ray du film mérite amplement le détour, ne serait-ce que pour sa qualité visuelle.
Là où les choses se gâtent, c'est au niveau des suppléments. La piste de commentaires du réalisateur et du directeur de la photographie manque abondamment de contenu, et les quelques anecdotes qui y sont racontées ne sont pas assez nombreuses pour en justifier l'écoute. Une revuette de production de quinze minutes intitulée "One Nutty Movie" composée essentiellement d'images et de dialogues aléatoires entre l'équipe de tournage est également présente. Par contre, les scènes supprimées auront de quoi ravir les fans. Bref, plus d'informations sur le film et moins de cabotinage aurait été souhaitable.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |