Avant que le projet ne tombe dans les mauvaises mains, David Goyer et le réalisateur de Blade devaient s'atteler à cette adaptation de la bande dessinée Marvel. Seulement, le studio voulait en faire le film quasi familial qu'il est devenu, au lieu d'une histoire sombre et plus en lien envers The Dark Knight que de Daredevil du même metteur en scène.
Johnny Blaze est un jeune motocycliste suivant son père d'un cirque à l'autre, l'aidant dans un spectacle où les deux cascadeurs tentent la mort et la défient à chaque fois dans des acrobaties périlleuses. Seulement, Barton, père de Johnny, est souffrant du cancer et refuse de faire les efforts nécessaires pour l'avouer à son fils, qui le sait déjà. Un soir, après une représentation, le diable (hé oui, ça arrive ces choses-là) se pointe à la tente des Blaze et, une fois le père assoupi, offre à Johnny de sauver la santé de son père en échange de son âme. Naïvement (sinon, pas de film), Johnny accepte. Le lendemain, Barton est pétant de santé et, contre toute attente de son fils, périt dans une cascade. Johnny essaie de s'enfuir avec sa dulcinée, mais le diable (hé oui, ça arrive encore) l'imprègne d'un pouvoir qui sommeille en lui. Quelques années plus tard, Johnny poursuit le spectacle que son père faisait, mais alors qu'il retrouve sa flamme, le diable (hé zut, il me lasse) revient et éveille le Ghost Rider en Johnny afin de retrouver le fils du démon, qui essaie de s'accaparer du monde entier.
Comme vous l'aurez deviné, on ne nage pas dans la haute voltige intellectuelle. En fait, tous les clichés du catalogue sont présents. Le père qui ne révèle rien ni ses sentiments envers son fils façon années 70, la flamme qui n'a pas oublié Johnny et qui se fait enlever par le méchant du film pour aucune raison apparente, les décors reflètent d'un piètre talent et ne cessent de heurter les yeux. Les effets spéciaux procurent quelques moments intéressants, mais on est à des années-lumière du personnage original de Marvel. Où un acteur de la tempe de Johnny Depp aurait mieux fait l'affaire, on choisit le limité Nicolas Cage qui carbure au cabotinage. En fait, la grande majorité des acteurs se laisse aller à de très faibles interprétations égales à eux-mêmes. Wes Benltey baisse d'un cran jouant le type emo-gothique aux tendances, les personnages l'entourant sont d'une stupidité telle qu'on a peine à croire en l'histoire qui se passe à l'écran. L'idée d'une guerre entre anges et démons est peut-être intéressante, mais quand elle ne s'applique pas au héros adapté, il vaut mieux rester avec le matériel d'origine et adapter avec respect, ou ne rien faire du tout.
Les dialogues tombent à plat et ne font qu'expliquer l'instant même et le récit semble bloqué jusqu'au dernier tiers, où les personnages ont l'air de découvrir tout d'un coup comment se rendre du point A au point B. Quant aux costumes, ils reflètent bien les clichés des décors, des dialogues et du peu de psychologie injectée dans le projet. Ce n'est ni plus ni moins qu'une histoire du bien contre le mal, mais il y a de meilleures façons de la rendre intéressante (The Dark Knight par exemple) plutôt que de sombrer dans la prévisibilité. La bande dessinée originale ne songeait pas à toujours sur-expliquer le récit en cours, mais le film s'arrête aux cinq minutes pour que le spectateur sache bien ce qui doit se passer et ce qui s'apprête à arriver. En bref, on ne s'amuse pas du tout à regarder cet amas où les acteurs et techniciens semblent convaincus de nous livrer un chef-d'œuvre. La musique tonitruante essaie tant bien que mal de livrer une quelconque ambiance et elle y parvient à merveille: une ambiance quelconque. Il y a bien quelques aspects intéressants: l'ensemble est néanmoins cohérent, quelques gags sont bien choisis et les scènes d'action sont plutôt bien faites, avec des effets spéciaux un peu mieux que la moyenne.
Pour une première édition sur Blu-ray, "Ghost Rider" se tire très bien d'affaire. Nous sommes en présence d'un transfert de bonne qualité dont les textures variées offrent un beau spectacle. Les couleurs sont un peu plus saturées qu'à la normale, mais c'est le style qui veut ça. La peau des acteurs, le cuir, le métal et autres aspects ont un très beau fini et permettent un visionnement plaisant. La piste principale est amusante et offre bon nombre de surprises, une profondeur et une attention aux détails de bonne facture. La musique ressort avec puissance, les dialogues sont naturels et les effets sonores ajoutent à l'agressivité du tout.
Nous avons affaire à une édition dont les suppléments se limitent à: "mon dieu, je travaille avec untel et unetelle" ou "des acrobaties fantastiques" ou mieux encore "je n'ai jamais vu des cascades de la sorte"... pourquoi ai-je l'impression de me retrouver dans des suppléments dignes d'un film avec Tom Cruise??? On retrouve quelques-uns (pas tous) des suppléments de l'édition double disque, soit une piste de commentaires de Gary Foster, une seconde piste de commentaires de Mark Steven Johnson et Kevin Mack, les revuettes "Spirit of Vengeance", "Spirit of Adventure", "Spirit of Execution" et "Sin & Salvation", des animatiques.
"Ghost Rider" est un échec sur presque tous les aspects. L'adaptation est ratée tout comme celle de Daredevil. Aussi bien le dire, le transfert audio et vidéo est très beau et ne reflète pas du tout la qualité du film. Les suppléments sont légers et à l'image du récit (prévisible et oubliable). Mark Steven Johnson n'est pas un réalisateur talentueux et ses adaptations ne cessent de briser les personnages sur lesquels ils sont basés. Là où il y aurait fallu quelqu'un de plus expérimenté, on se retrouve avec un pauvre type incapable de tirer le meilleur de son sujet.
| Film | 4 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |