Dans les fabuleux mondes des films d'horreur et de science-fiction, il est quelques vieux titres mythiques dont les amateurs attendent la sortie en DVD ou en disque bleu avec impatience. Le remarquable "Hardware" du réalisateur sud-africain Richard Stanley fait certainement partie de cette liste. Disponible seulement dans une copie VHS de piètre qualité depuis sa sortie en 1990 ce film, un des rares de que Stanley a su mener à terme - il fut en effet congédié de plusieurs tournages ou n'a pas pu obtenir le financement pour de nombreux autres projets - , tardait à trouver preneur pour une sortie sur disque numérique. Heureusement, une compagnie spécialiste de ce genre cinématographique, Severin, termine finalement l'attente en le sortant sur disque Blu-ray. Au grand désespoir des propriétaires de lecteurs DVD j'imagine (Mais non! Il y a aussi une version DVD de disponible)! Mais, qu'à cela ne tienne, le voilà finalement disponible sur le marché dans un excellent transfert et prêt à faire peur aux fans et à faire sourire les hérétiques.
Le film, situé dans une cité d'un futur apocalyptique où le niveau de radiations a atteint des niveaux extrêmes, où la pauvreté et le surpeuplement sont des faits acquis et où la marijuana est légale, raconte l'histoire d'un soldat (Dylan McDermott) de retour du front qui rapporte un cadeau à sa copine (Stacey Travis), une artiste de la sculpture du métal. Le cadeau en question est un sac plein de pièces de robots usagées trouvées dans un cimetière d'androïdes. Mais alors qu'il croyait que ces pièces désaffectées serviraient à faire une belle sculpture, il s'avère que ces morceaux de robots proviennent d'un prototype commandé par l'armée à une firme de cybernétique. Cet androïde de combat équipé d'armes chimiques et d'une capacité d'auto-réparation se réactive dans l'atelier de la sculpteure et décide de suivre son programme à la lettre, c'est-à-dire exterminer tout le monde qui se dresse dans son chemin! À l'aide des outils disponibles, il se refait une santé et se bizoune quelques petites armes contondantes. Le carnage cybernétique peut commencer...
J'avoue avoir pris plaisir à revoir ce film que j'avais bien aimé dans ma jeunesse. Par contre, les défauts que ma naïveté et mon enthousiasme d'alors avaient outrepassés se révèlent ici plus présents. Je dirais que tout l'univers apocalyptique de la ville est très réussi. L'éclairage orange permanent du aux radiations solaires, la saleté, la misère, la technologie omniprésente, mais périmée et le sentiment général de fatalité est bien rendu. La séquence du cimetière de robots dans le désert qui ouvre le film est aussi impressionnante. Les brèves apparitions d'Iggy Pop et de Lemmy de Motorhead sont les bienvenues. Le scénario est assez intéressant avec des dialogues corrects et des personnages crédibles. Bref, une bonne ambiance plausible de la vie sur terre dans plusieurs décennies. La partie la moins réussie du film est sans contredit la section avec le robot meurtrier en question. Fabriqués avec les moyens du bord, des effets spéciaux limités et des erreurs de réalisation, beaucoup de moments où l'androïde est présent sont peu crédibles. Heureusement, le réalisateur a su minimiser ses apparitions et jouer plutôt sur le suspense que sur l'action à proprement parler. Donc, une réussite sur presque toute la ligne avec quelques extraits plutôt risibles, mais pardonnables si vous êtes amateurs du genre film apocalypse-nucléaire-et-l'humanité-fout-le-camp!
La qualité d'image et de son du film est excellente. Malgré l'ensemble de couleurs assez varié, une belle chaleur des tons et une profondeur du détail donnent de l'ampleur à l'image. La vision du directeur de la photographie, d'une lumière orange ambiante est ainsi bien servie par le transfert. La bande son 5.1 est excellente et ajoute à l'ambiance de terreur et de désespoir. Les plages de fréquences sont aussi bien reproduites, permettant de bien complémenter chaque scène.
En suppléments, comme c‘est souvent le cas chez Severin, on a été plus que généreux. On retrouve ainsi presque une demi-heure de scènes retranchées ou allongées (certaines provenant d'une copie VHS appartenant au réalisateur elles sont donc de qualité moyenne), une excellente revuette récente sur le tournage avec des entrevues de Stanley, des producteurs, des principaux techniciens et de quelques acteurs, trois courts-métrages du réalisateur ("Incidents in an Expanding Universe", "Rites of Passage" et "The Sea of Perdition") dont le premier, tourné en super-8 fut l'inspiration directe pour "Hardware ", une brève entrevue du réalisateur discutant le bébé mort-né "Hardware 2" (dont le scénario se retrouve en ligne) et un commentaire audio optionnel du créateur. On a de plus créé une nouvelle image pour la pochette, plus propice, remplaçant l'ancienne.
| Film | 8 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 10 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |