Harry Potter and the Philosopher's Stone [Blu-ray]
Ultimate Edition
Warner Home Video

Réalisateur: Chris Columbus
Année: 2001
Classification: PG
Durée: 152 / 159 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHDMA61), Français (DD51EX) / Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (BD-50 + BD-25 + DVD-9)
Code barres (CUP): 883929109982

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
12 octobre 2010

"J'espérais vous voir bientôt, je l'avoue, Monsieur Potter!"

Après avoir essuyé un refus de plus d'une douzaine de maisons d'édition, l'auteure J.K. Rowling est enfin parvenue à publier ses écrits, dont l'inspiration est venue dans un simple voyage de train, personnages formés, histoires toutes faites, etc. Une fois publiés, ses romans ont tout de suite captivé les jeunes et moins jeunes ainsi que l'attention des studios. L'époque où l'auteur crevait de faim était révolue et les aventures du jeune magicien allaient bientôt enflammer l'écran des salles sombres.

À l'approche de ses onze ans, le jeune Harry Potter apprend par le géant Hagrid (Robbie Coltrane) qu'il est un magicien. Sa vie d'orphelin adopté dans une famille de radins et ringards tire presque à sa fin. Ayant été accepté à l'école de sorcellerie de Poudlard, Harry rencontre des personnages qui deviendront tantôt ses amis, tantôt ses ennemis jurés. Ainsi, il entame sa première année à l'école de magie, sous la direction du rusé et quelque peu fou Dumbledore (Richard Harris), écoutant les rumeurs voulant que Vous-Savez-Qui (le réputé Voldemort) soit sur le point de revenir d'entre les morts.

Toute adaptation cinéma possède ses qualités et ses défauts. La plupart du temps, on regrette certains passages disparus au profit d'un rythme plus rapide ou simplement pour offrir un spectacle d'effets spéciaux révolutionnaires. Ici, nous avons droit à une adaptation correcte avec une excellente équipe d'acteurs, fort jeunes, néanmoins talentueux pour incarner leurs légendaires rôles. La complicité entre eux est évidente et le plaisir de jouer ensemble dans un film taillé sur mesure l'est tout autant. Les apparitions du regretté Richard Harris témoignent d'un besoin de sagesse pour le jeune Potter, lui procurant la figure paternelle la plus rapprochée qu'il puisse avoir. Les évènements se succèdent avec un certain entrain, mais parfois perdent un peu de vue la narration initiale. Par contre, l'idée initiale était d'obtenir une bonne vue sur l'introduction du jeune homme au monde de la magie et ses environnements. Les effets numériques sont très au point, pour l'époque, mais commencent à montrer des signes d'âge. La réalisation de Columbus prouve qu'il a un talent inné pour diriger les enfants et obtenir le meilleur d'eux sans gâcher le spectacle. Il y a une richesse dans l'univers magique écrit par Rowling et le tout se transpose très bien à l'écran, prenant parfois des libertés tant sur le plan visuel que dans la narration. Ces petites libertés permettent par contre d'emprunter un chemin plus court quant au dénouement de certains passages, résultant parfois en ce que certains pourraient appeler "la voie facile", ruinant parfois de bonnes idées du roman. Le méga "happy-end" en règle est bel et bien au rendez-vous, étant donné qu'il s'agit du premier tome. L'ambiance, bien que drapée de noir, est plus légère, mais procure une cohérence dans son ensemble tant du fond que de la forme. Tout ce que le compositeur John Williams touche se transforme en une mélodie instantanément reconnaissable et Harry Potter ne fait pas exception à la règle. Impossible de dissocier les premières notes minimalistes des aventures de Potter et compagnie. Ce premier film aurait pu être beaucoup plus raté s'il avait été mené par un autre réalisateur, mais Columbus offre une bonne première incursion dans l'univers du jeune sorcier, en espérant que la sauce ne soit pas juste répétée pour les suites à venir.

Pour le moment, il faut savoir que les deux éditions présentées sont: la version cinéma de 152 minutes et la version rallongée de 159 minutes, reprenant les scènes coupées en majorité sans plus. Les fans aimeront sans doute ces moments ajoutés tandis que les autres trouveront le rythme du film un peu plus lourd.

Pour cette première aventure en sol magique, Warner offre un transfert vidéo de qualité correcte sans plus. Les textures variées sont très fidèlement reproduites, mais perdent beaucoup de leur définition dans les scènes nocturnes (aussi bien dire qu'il y en a plusieurs). Les actions demeurent claires, mais encore une fois sont sujettes à devenir indicibles la nuit. Les teintes de couleurs choisies pour la palette du film sont bien reproduites: couleurs chaudes pour la sécurité dans le château de l'école de magie, teintes froides pour les sentiments d'insécurité, etc. Néanmoins, on aperçoit une petite instabilité dans le transfert. Les effets spéciaux commencent à montrer des signes d'âge puisque parfois, l'image devient plus saccadée et imprécise. Il faut espérer que les prochains films de la série sauront davantage capturer la magie et la richesse de l'univers de J.K. Rowling, malgré un travail honnête déjà atteint. Tantôt agressive, tantôt minimaliste et intimiste, la piste sonore principale de la version cinéma propose la meilleure du disque. Les souffles des acteurs sont magnifiquement représentés, les effets sonores sont vivants et plutôt originaux lors des emplois de baguette magique. L'ambiophonie propose une excellente profondeur de champ. Les effets sonores éloignés se rapprochant font très bien travailler les enceintes arrière tandis que les basses permettent aux enceintes avant de procurer une vie active et des moments inquiétants lorsque permis.

Si vous ne possédez toujours aucun de ces films, sachez que les suppléments reprennent déjà la totalité de ce que vous avez déjà vu, en plus d'ajouter quelques nouveautés. Avec un certain recul, le tout est intéressant malgré de brefs moments moins pertinents. Le premier disque propose les deux versions du film en plus d'un "In-Movie Experience" qui permet d'en apprendre davantage sur la production du film, avec plusieurs entrevues, des scénarimages, un concept image sur image, des prises de vues du film, etc. Disponible sur la version cinéma, cette expérience permet de comprendre davantage les difficultés d'une telle entreprise.

Le second disque propose la majorité des suppléments. "Introduction par Daniel Radcliffe" propose deux minutes durant lesquelles l'acteur vous entretient sur ce que vous trouverez sur ce disque. Pas nécessaire, mais bien. "Créer le monde d'Harry Potter: Partie 1: La magie commence" est un (trop) court documentaire d'une heure survolant les concepts de production, la distribution des acteurs et les choix d'aller à l'encontre des romans. Parfois pertinent, le tout s'engouffre parfois dans la félicitation et l'intention de faire un "excellent film". "Un bref aperçu du monde d'Harry Potter" consiste à un spécial télévisé s'attardant sur la production de façon un peu superficielle. Il y a des scènes additionnelles qui sont ajoutées dans la version allongée et apportent une certaine dimension nouvelle aux personnages sans plus. Pour finir, il y a une galerie de bandes-annonces et annonces télévisées.

Le troisième et dernier disque propose le reste des suppléments, déjà vus sur la première édition DVD, donc ce disque est très orienté vers les enfants étant donné la possibilité de faire des "trucs" pour se rendre à certaines galeries des suppléments. Dommage que les bonus ne soient pas aussi passionnants que ceux disponibles sur les DVD, par exemple, de King Kong, Lord of the Rings et autres films épiques aux bonus plus que satisfaisants. Il aurait été plus fascinant de couvrir tous les aspects dans un long documentaire plutôt que de séparer le tout en huit segments à sortir dans les futurs coffrets. L'avenir dira si cette décision en était une bonne ou non.

Le premier film est intéressant et propose une introduction correcte au monde d'Harry Potter. Le film ne représente pas la meilleure adaptation d'un roman, mais suggère au moins que le meilleur est probablement à venir. Le transfert vidéo est correct, mais ne parvient pas à surprendre au-delà de la brève satisfaction. La piste sonore propose parfois un aspect minimaliste et autant de vivacité lors des scènes plus spectaculaires. Quant aux suppléments, ils offrent une variété intéressante et plutôt pertinente d'informations sans pour autant surpasser les attentes des spectateurs. Si vous ne possédez toujours aucun de ces films sur Blu-ray, cette édition "ultime" du premier film constitue la meilleure édition du marché à se procurer. En tant que film, la magie opère facilement. Il reste à espérer pour les autres films de l'impressionnante série.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments6
Vidéo7
Audio8