Nouvelle comédie qui aurait très bien pu porter le sceau de Judd Apatow, "I Love You, Man" dépasse la formule du maître de l'amitié virile grâce à sa relative vraisemblance et son authenticité plus comique que vulgaire.
Peter (Paul Rudd) et Zooey (Rashida Jones) sont sur le point de se marier. Il n'y a qu'un hic: monsieur n'a pas de garçon d'honneur. En repensant à son existence, il se rend compte qu'il n'a même jamais eu de meilleur ami. Mais remédier à ce problème n'est pas évident. En "magasinant" un compagnon, il risque de rencontrer des gens qui exigent plus qu'un ami. Par hasard, il tombe sur le très honnête Sydney (Jason Segel) et c'est le coup de foudre amical. Jusqu'au moment où son nouveau comparse transforme de plus en plus sa vie parfaite et rangée...
La comédie masculine. Voilà un genre qui prend de plus en plus d'espace depuis l'essor de Judd Apatow. Même si le nom du populaire producteur, réalisateur et scénariste n'apparaît pas au générique de "I Love You, Man", son influence est palpable. Seulement dans la façon de traiter la relation entre ces deux hommes qui font tout pour combattre les préjugés homosexuels. En fait, ils parlent continuellement de sexe en agissant comme des grands adolescents qui savent, heureusement, redevenir sérieux aux moments les plus opportuns. Et il y a même des clins d'oeil à des productions populaires, dont le fameux Chocolat qui mettait en vedette Johnny Depp.
Ce nouveau long-métrage de John Hamburg s'avère pourtant plus crédible et réaliste que tous les Superbad et Pineapple Express de la planète. Ce qui, de la part du cinéaste des très ordinaires Safe Men et Along Came Polly, est toujours un peu surprenant. Plusieurs situations sont authentiques dans la façon de traiter le tragique en comique. Les dialogues sont mordants et ils ne prennent pas nécessairement racine dans la facilité.
Cela n'empêche toutefois pas le récit d'être plutôt inégal, débutant en force pour se terminer de façon complètement inoffensive. La première partie est de loin la meilleure. C'est également celle où apparaît le plus longtemps Paul Rudd. Depuis le disjoncté Role Models, ce comédien chéri par Apatow a prouvé qu'il pouvait tout faire et il campe avec jubilation le gars d'à côté. Sa chimie avec Jason Segel fonctionne généralement bien, quoique la révélation de Forgetting Sarah Marshall a tendance à en faire beaucoup trop.
Sans nécessairement exploiter tous les avantages du Blu-ray, les qualités techniques demeurent appréciables. Les images sont jolies, avec ces couleurs toujours justes, cette belle définition des contours et ces contrastes harmonieux. Les pistes sonores, discrètes dans leurs façons de recourir aux différentes enceintes, mettent à l'avant-plan les nombreux dialogues et les jeux de mots savoureux. Le tout peut être accompagné de corrects sous-titres blancs. La musique, rythmée et mélodique, s'articule autour du groupe rock Rush.
La pochette est un peu quelconque. Elle montre les trois principaux protagonistes dans une pose plus ou moins convaincante. Plus soutenu est le menu principal, où un montage de scène est affiché sur un panneau publicitaire. Le tout est accompagné d'une mélodie qui ne paye pas de mine. Les suppléments, comiques, mais superficiels, font toutefois passer un bon moment. Il y a une piste de commentaires narrés par Hamburg, Rudd et Segel qui discutent de tout et de rien, y allant de multiples anecdotes sur les situations en place. Un traditionnel documentaire sur le tournage revient sur les inspirations du réalisateur, le choix des comédiens et leurs définitions des différents personnages. Une horde de segments offrent des séquences improvisées, allongées, ratées et inédites qui font généralement sourire. Une bande-annonce complète le tout.
Patrice Leconte avait déjà exploré les difficultés de se faire des amis avec son très gentil Mon meilleur ami qui mettait en vedette Daniel Auteuil et Dany Boom. De manière plus enfantine, "I Love You, Man" reprend ces concepts inusables en y apportant une folie assumée. Bien que la mise en scène d'Hamburg ne soit pas toujours à la hauteur et que quelques gags tombent à plat, la galette se laisse consommer avec un plaisir presque coupable. Tant mieux, la bande-annonce laissait présager une comédie stupide et vulgaire interchangeable, comme il y en a tant chaque année.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |