L.A. Confidential [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Curtis Hanson
Année: 1997
Classification: 18A
Durée: 138 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (TrueHD51, DD51), Français (DD51), Québécois (DD51), Espagnol (DD51), Allemand (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Chinois, Danois, Finlandais, Allemand, Italien, Norvégien, Portugais, Suédois
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + CD)

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
19 octobre 2008

Chinatown et "L.A. Confidential" constituent sans contredit la crème du néo noir contemporain. Gangsters, policiers, détectives privés et femmes fatales évoluent dans le même registre sombre et envoûtant de corruption et de conflits moraux qui enrobait le film noir typique des années 1940-50. De plus, les deux films se déroulent à Los Angeles et recréent avec minutie une époque fascinante du développement effréné de la Cité des Anges. "L.A. Confidential", adapté du roman éponyme de James Ellroy par le cinéaste Curtis Hansen, se déroule deux décennies plus tard que le film de Roman Polanski et demeure l'une des oeuvres les plus importantes des 20 dernières années.

Los Angeles, années 1950. Trois flics, le jeune Edmund Exley (Guy Pierce), ambitieux, froid, calculateur et idéaliste, Bud White (Russell Crowe), un dur émotif doté d'une présence imposante et Jack Vincennes (Kevin Spacey), cool, charmeur et conseiller technique pour une émission de télé. S'ajoutent, un journaliste à sensation sans scrupules (Danny DeVito), un mystérieux millionnaire (David Strathairn) et une call-girl (Kim Basinger) qui ressemble étrangement à une vedette Holywoodienne. Le destin de ces personnages s'entrecroise quand Exley est appelé sur la scène d'un crime ou plusieurs personnes ont été sauvagement abattues, incluant l'ex-partenaire de White. L'enquête menée par les trois hommes révélera un univers labyrinthique de crime organisé, de corruption policière, d'avidité et de passion.

Un film d'époque aux allures de film noir avec trois personnages masculins principaux, dont deux interprétés par des acteurs australiens quasi inconnus? "L.A. Confidential" n'avait rien pour mettre l'eau à la bouche des grands studios, qui ont refusé de financer le projet. Heureusement, Arnon Milchan, dirigeant de la maison de production New Regency, a cru en la vision du cinéaste Curtis Hanson et, après l'avoir épaulé dans l'embauche de Guy Pierce et de Russell Crowe, a facilité celle de Kim Basinger, Danny DeVito et Kevin Spacey. Doté d'un budget de 35 millions, présenté et acclamé à Cannes et ensuite distribué par Warner, le film a engendré des recettes de plus de 125 millions, en plus de récolter deux Oscars dans une année dominée par l'ouragan Titanic. Pas mal pour un film qualifié au départ d'invendable!

Scénarisé par Brian Helgeland (Mystic River) et Curtis Hanson, "L.A. Confidential" capture l'essence d'une époque en évitant de noyer la trame narrative dans la nostalgie et les excès stylistiques propres au film noir. Le film nous entraîne au coeur du Los Angeles des années 1950, mais l'approche demeure directe et moderne et la direction artistique combinée à la superbe cinématographie de Dante Spinotti sont entièrement mises au service du récit. Le cinéaste impose un rythme qui sied parfaitement au développement d'une intrigue complexe et de personnages multidimensionnels, laissant le spectateur s'imprégner de toutes les nuances, sans risquer de s'y perdre.

Avec autant de personnages forts, "L.A. Confidential" aurait facilement pu sombrer dans les clichés et l'incohérence, mais l'univers créé par Hanson est totalement crédible, en grande partie grâce à la richesse du scénario et aux prestations des acteurs. Kim Basinger n'a pas volé son Oscar de meilleure actrice de soutien et Russell Crowe en aurait mérité un, mais sans l'apport de Pierce, Spacey, Strathairn, Cromwell (le chef de police) et DeVito, dont la prestation et la narration ajoutent une touche humoristique, le film n'aurait pas eu le même impact. "L.A. Confidential" est un exemple parfait de ce qu'une solide distribution d'ensemble peut apporter à un film.

Le transfert de cette édition Blu-ray est très bon. La pellicule est claire et propre et révèle une belle profondeur lors des scènes extérieures. Le niveau des contrastes et de détails est excellent, et puisque le réalisateur privilégie les plans rapprochés, on note toutes les subtilités dans les textures et les expressions des visages. L'image est parfois un peu douce et le rendu des couleurs inégal, mais en général le résultat est plus que satisfaisant. L'environnement audio est servi par une piste en Dolby TrueHD qui apparaît modeste, mais appuie efficacement les images. L'activité est concentrée dans les enceintes avant et les dialogues sont mis en évidence, mais bien qu'elle manque un peu de tonus dans les graves, cette piste parvient à créer une ambiance sonore agréable. Les quelques scènes d'actions permettent aux enceintes arrière d'apporter leur contribution et la trame musicale s'intègre bien à l'ensemble. La présentation et les menus épousent le classicisme du film, mais "L.A. Confidential" aurait mérité une édition spéciale de type "livre" (Digibook) de la part de Warner.

De nombreux suppléments intéressants, exclusifs à cette édition Blu-ray, sont offerts. La pièce de résistance demeure l'excellente piste audio de commentaires avec, tenez-vous bien: L'historien du cinema Andrew Sarris, Curtis Hanson, James Ellroy, Russell Crowe, Kevin Spacey, Guy Pierce, James Cromwell, David Stathairn, Kim Basinger, Danny De Vito, Ruth Myers (costumes), Brian Helgeland (scénario), Jeannine Oppewall (direction artistique), Dante Spinotti (direction photo) et Peter Honess (montage)! Ça fait du monde, mais le propos est toujours informatif et l'ambiance jamais bordélique. On retrouve par la suite une série de revuettes incluant des entrevues récentes avec Hanson, Crowe, Spacey, Basinger, etc. "Whatever You Desire: Making L.A. Confidential" s'attarde a la genèse du projet, au casting, et touche a plusieurs autres éléments de la production, jusqu'au succès du film a Cannes. "Sunlight and Shadow" aborde l'aspect visuel du film, "A True Ensemble" est dédié à la distribution et à la chimie qui s'est installée entre les acteurs, et "From Book to Screen" couvre l'adaptation du roman d'Ellroy au grand écran. La revuette originale "Off the Record" est également incluse, mais semble un peu fade et redondante après les segments précédents. On retrouve aussi l'émission pilote, tournée en l'an 2000, de la série "L.A. Confidential" avec Kiefer Sutherland dans le rôle de Jack Vincennes. Cette série télé n'a jamais vu le jour. Pour terminer, on a droit à une piste audio qui isole la trame musicale et à une carte interactive d'une quinzaine de décors du film qui permet d'accéder à de brèves séquences accompagnées de narration décrivant le contexte historique. Le boîtier inclut un second disque, un CD de musique qui se veut un échantillon de la bande sonore.

Tout baigne dans "L.A. Confidential", un classique qui bénéficie d'une excellente édition Blu-ray. Fortement recommandé.


Cotes

Film9
Présentation5
Suppléments8
Vidéo8
Audio7