Legend [Blu-ray]
Ultimate Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Ridley Scott
Année: 1985
Classification: PG
Durée: 90 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 025192072918

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
17 juin 2011

Avant de se lancer dans une série de films contemporains, il est bon de remarquer que le réalisateur britannique Ridley Scott choisit pour ses quatre premiers sujets des histoires d'un autre temps et d'un autre monde. Ainsi, après son premier et superbe opus, The Duellists, sis lors des guerres napoléoniennes Scott réalisa ses deux chefs-d'œuvre de science-fiction, Alien et Blade Runner avant de s'attaquer à un conte à la manière des frères Grimm avec son "Legend" sorti en 1984. Malheureusement, alors qu'il avait visé juste pour ses trois premiers longs-métrages (ses trois meilleurs films selon moi), il rata quelque peu la marque avec son dernier né fantastique.

En effet, plusieurs problèmes ou irritants targuent cette fable produite par le légendaire Arnon Milchan. La simplicité du scénario étant certainement la première d'entre eux. Il est vrai que les fables ou les contes sont rarement complexes puisqu'ils sont d'abord adressés aux enfants qui doivent en comprendre la morale pour s'améliorer, mais le cinéma est un médium bien plus sophistiqué que l'art oral ou le livre (mais pas nécessairement meilleur!). Un simple conte adapté ne fonctionne simplement pas avec des acteurs. Peut-être pour un film d'animation de Walt Disney qui reste près du livre jeunesse, mais pas pour une production en 35mm de millions de dollars. La trame narrative en est trop mince.

"Legend" tombe exactement dans ce piège. On a beau avoir mis quelques créatures fantastiques comme des licornes, fées, elfes et gobelins, un décor féérique éclairé avec style et une musique planante et pseudo-magique de Tangerine Dream et d'y retrouver l'éternelle lutte entre le bien et le mal, le scénario ne décolle vraiment jamais. Peut-être est-ce en partie dû au fait que l'univers fantastique du film ne fait pas vraiment partie d'une réalité tangible comme c'était le cas pour Willow. La dizaine de personnages évolue en vase clos: On a une princesse sans château ni parents, une hutte de paysans isolée au milieu des bois, trois-quatre vilains gobelins sans armée, une fée sans fratrie et le bon héros solitaire qui doit affronter la créature maléfique (rouge avec des cornes évidemment!) dans son antre désert. Pas de ville, pas de population du royaume, pas de mode réel, bref pas de majesté.

L'autre erreur majeure de Scott fut l'octroi du rôle du héros au eau brummell Tom Cruise. Ce bon vieux Tom avec sa gueule de "all american boy" joueur de football ou de winner de Wall Street est tout sauf crédible dans le rôle de Jack, cet habitant des bois qui se nourrit de racines et imite le cri de ses amis les animaux. Avec son talent limité d'acteur Cruise ne parvient certainement pas à nous convaincre.

Il reste donc pour sauver le film, Tim Curry en démon prévisible, mais efficace, des maquillages de Rob Bottin somptueux, quelques personnages secondaires rigolos et un savoir-faire technique sans équivoque du metteur en scène. Le résultat est donc décevant et pas très attachant, mais contient cependant assez d'atouts pour en faire un visionnement agréable.

La belle princesse Lily (Mia Sara) convainc son amoureux Jack (Tom Cruise) de l'amener dans le lieu secret où vivent les licornes, emblèmes des forces du bien. Malheureusement, de vilains gobelins envoyés par le seigneur des ténèbres les suivent, tuent l'une des créatures et font prisonnières l'autre et Lily. Le monde féérique se met à geler et la noirceur descend sur terre. Jack et ses amis les elfes doivent entrer dans le royaume de la bête maléfique pour délivrer leurs amis et sauver le monde...

La qualité audiovisuelle du Blu-ray est double. Comme l'explique le réalisateur dans un préambule, les deux versions contenues sur le disque sont différentes. Pour le montage du réalisateur, ma version préférée, on a perdu la copie originale et on n'a pu utiliser seulement qu'une nième copie de travail. La qualité globale s'en ressent malgré tous les efforts déployés pour redonner du lustre à cette version. La version dite "de salle" a par contre toute la beauté qu'elle mérite. On a su faire ressortir les éclats de lumière et les détails des couleurs pour rendre le tout merveilleusement chaleureux et parfois même magique lorsque nécessaire. Pour le son, la musique est malheureusement mal adaptée au ton de l'histoire, mais les voix et les ambiances sonores sont assez bien mixées, rendant la bande audio plaisante.

En suppléments, outre les deux versions mentionnées du film, on retrouve un commentaire audio de Ridley Scott, une revuette assez intéressante sur le tournage, une piste audio avec la musique isolée de Tangerine Dream, deux scènes inédites, un vidéoclip de Brian Ferry chantant la chanson titre, une galerie photo et une série de bandes-annonces et de publicités.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments8
Vidéo8
Audio8