Jimmy et Fletch n'ont pas de veine. Littéralement. Jimmy vient de se faire planter là par son ex-petite amie et Fletch n'arrive pas à garder un emploi qu'il juge difficile (attendez voir ce que c'est). N'ayant rien à faire d'autre, ils se rencontrent au pub du coin et décident de partir à l'aventure, et ce, malgré le fait qu'ils soient fauchés. Au hasard d'un lacé de fléchette sur une carte du pays, ils vont au village de Cragwich. Là, ils sont subjugués par la première vision qu'ils ont de l'endroit: une flopée de jeunes femmes courte vêtues. Ils vont à l'auberge pour arroser ça et entendent les raconteurs parler d'une malédiction sur toutes les filles du village, qui deviendraient des vampires le jour de leur 18 ans. Jimmy n'y prête pas beaucoup attention tandis que Fletch voit ici sa chance bousillée de copuler allègrement. Seulement, lorsqu'ils croisent le chemin de quatre étudiantes en mythologie, les événements prennent une tournure pour le moins différente. En effet, Carmilla, la première vampire, serait sur le point d'être ressuscitée et seul le descendant d'un ancien chevalier nommé McLaren pourrait en venir à bout.
Pas aussi réussi que Shaun of the Dead, mais assurément dans la même veine humoristique, "Lesbian Vampire Killers" n'a rien du film porno ou hardcore auquel certaines personnes pourraient l'entendre. Il y a bien des tonnes de filles qui se tripatouillent et qui s'embrassent, mais là s'arrête l'érotisme. L'idée du film était de rendre un pastiche (inégal, mais enjoué) des films de vampires, le tout avec une certaine dose de filles et de tueurs de vampires. Le rythme plutôt rapide permet une écoute sans temps mort. Les acteurs sont bien dans le coup et rendent la pleine mesure de leur personnage. James Corden (le sans-emploi) est en chef de file, livrant un Fletch en pleine forme, désillusionné et sarcastique à souhait. Matthew Horne la joue héros qui s'ignore et Myanna Buring offre plein d'entrain à son personnage d'étudiante. Les effets spéciaux et visuels sont de bonne facture pour un film de petit budget, le réalisateur étant pleinement conscient de l'étendue de chaque dollar. Le tout donne une forêt très crédible, des décors plus ou moins normaux et une ambiance réussie pour une réalisation appliquée et dans la veine. Le catalogue des clichés entrepris par messieurs Cushing, Lugosi et compagnie est respecté à la lettre quand il ne s'agit pas d'en rire à gorge déployée, le tout pour un résultat parfois risible, mais puisque c'est dans le ton...
Superbe transfert qu'Alliance nous offre ici. Puisque les Weinstein au Sud n'ont pas produit de Blu-ray, sachez que l'édition canadienne est plus que surprenante. La saturation, les mouvements, les maintes textures lugubres en passant par les maquillages minimalistes sont fidèlement reproduits. Quelques rares ecchymoses lors des scènes nocturnes et surtout lors des moments les plus sombres prévalent, mais ne sauraient gâcher votre plaisir. Les donzelles bien roulées offrent un charme à revendre et c'est avec une telle précision que l'on peut presque deviner dans certains close-up les limites du maquillage (fond de teint, etc.). Autant en anglais qu'en français, les pistes sonores se tirent admirablement bien d'affaire. Tout d'abord, la piste maîtresse est promue au rang des excellentes avec sa disposition subtile du son. C'est lors des premières attaques des vampires que nous pouvons l'entendre le mieux, passant du murmure soufflé et quasi indicible à la musique stressante, mais brève pour le sursaut obligatoire. Les dialogues sont en avant-plan ici et ne sont en aucun moment inondés dans les scènes les plus bruyantes. La dispersion des deux pistes sonores offre une ambiophonie très agréable, nous plongeant dans le cœur de ce village à la forêt (enfin, plutôt les jeunes filles) maudite. Pour ceux et celles qui n'aimeraient pas entendre des expressions trop françaises, sachez que ce doublage est bien correct. Il y a bien de rares moments où l'on entend des adages du coin, mais ils sont aisés à comprendre.
Une petite prise de suppléments permet de rafraîchir un peu le fan en moi, mais il n'y en a pas beaucoup si ce n'est: une piste de commentaires audio du réalisateur (très pertinente et informative), les improvisations de James Corden sur le plateau, un vidéoclip de "Crying Blood", une revuette sur le tournage qui n'effleure que la surface, des scènes ratées, des webisodes et les bandes-annonces du film. Ça ne va pas beaucoup en profondeur et on aurait aimé davantage une immersion dans le tournage plutôt que cet effleurement digne seulement d'une entrée en matière.
Faut aimer le softcore, c'est sûr. Si vous êtes plutôt adepte des films à petits costumes, mieux vaut éviter celui-ci. "Lesbian Vampire Killers" n'a de racoleur que son titre et quelques scènes bien "léchées". Le scénario aux dénouements prévisibles, mais amusants offre un rythme enjoué et des moments comiques venant davantage du sarcasme et de la satire que des films à la Scary Movie. Ici, pas (ou très peu) de vulgarité. L'image est des plus nettes pour une production du genre et le son offre une excellente reproduction en haute définition. Au niveau des suppléments, mieux vaut pas être difficile parce que ça a l'air légion, mais c'est un peu décevant. Un futur film culte de l'Halloween? Un film pour échauder les soirées romantiques? À vous de décider, les deux sont possibles.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |