"Tout ce que vous devez décider est quoi faire du temps qui vous est apparti!"
Un projet qui a commencé par un pari audacieux, la trilogie de Peter Jackson a bien failli ne jamais voir le jour. C'est en rencontrant les exécutifs de la New Line qu'un des producteurs s'est retourné vers le réalisateur et lui a dit: "Pourquoi en faire un seul film? N'y a-t-il pas trois livres au départ?" L'histoire cinématographique était en marche et l'équipe de Jackson s'attelait à une tâche pour le moins considérable: donner vie à une des séries de romans les plus chers au monde de la littérature. L'échec n'était donc pas envisageable, et à en juger par le piètre Donjons et Dragons sorti l'année précédente et par le même studio, les attentes étaient pour le moins hautes étant donné la pauvre qualité du film.
Pari tenu et remporté avec brio puisque cette trilogie fut un succès sans précédent pour le studio (qui dû néanmoins vendre à la Warner), raflant Oscar après Oscar d'un film à l'autre. Le dernier volet de la trilogie fut sélectionné pour treize catégories et allait en recevoir 11 dont celui du meilleur film de 2003. Une étape importante était franchie pour l'Académie des statuettes dorées: la consécration du genre fantastique. L'apport des trois films allait se faire sentir un peu partout, prouvant ainsi l'impact ressenti et son importance dans le panthéon du septième art.
Les chefs-d'œuvre de Jackson retentissent de messages, d'interprétations et foisonnent d'imagination fertile tendant autant vers le merveilleux que le désenchanté. La communauté de l'anneau a marqué au fer rouge tout ce qu'elle touche et ce, avec ou non l'influence de Sauron.
Le récit, bien que plutôt simple, offre bon nombre de rebondissements, de surprises et de légères modifications. Le tout est absolument cohérent en lui-même et même s'il s'écarte un peu par moments des histoires de Tolkien (exemple: l'absence de Tom Bombadil), conserve un aspect indéniablement efficace. Les personnages sont plus vrais que nature, leurs motivations continuent de fasciner et le rythme, bien que lent, imprègne les scènes dans la rétine tant elles sont d'une puissance sans précédent. Impossible de ne pas se souvenir de l'expression d'Aragorn, vêtu de son accoutrement du roi des hommes, fonçant seul vers une légion des sbires de Sauron, accompagné bientôt des maigres effectifs de la résistance. La musique totalement adaptée et majestueusement écrite par Howard Shore (Silence of the Lambs entre autres) ne manque pas d'émerveiller, de compléter ainsi l'expérience de la Terre du Milieu.
Le Seigneur des Anneaux est désormais une trilogie sacrée, au même titre que celles du Parrain et autres réussites cinématographiques, une légende du Septième Art comme on en voit peu et qui ouvrit le bal sur un cinéma du 21e siècle laissant présager d'un brillant avenir.
Commençons par la mauvaise nouvelle: oui, le premier film est de facture gâchée. Le transfert gênant amène bien sûr une multitude de textures et de détails que ne pouvaient le faire les précédents DVD. Cependant, je ne me souviens sacrément pas la scène du concile d'Elrond être aussi jaune d'apparence. Néanmoins, le second volet rattrape un peu le tout avec une définition un peu mieux. On dénote quand même une déception en ce qui a trait à la fidélité du transfert. C'est "Return of the King" qui permet d'offrir un transfert des plus fidèles, aux couleurs, saturations et contrastes compétents qui sort du lot. Comme s'il était nécessaire d'améliorer le transfert d'un film à l'autre. Warner (Alliance au Canada) nous réserve peut-être une surprise pour le coffret éventuel des éditions rallongées... c'est à espérer pour éviter la catastrophe qui les guette. Une chance que l'aspect audio réchappe l'image. Les pistes sonores sont tout simplement éclatantes et nous projettent directement dans la Terre du Milieu. Du plus subtil murmure d'insecte à la plus féroce explosion volcanique, chaque brin sonore est ici transféré avec une fidélité incroyable. Les enceintes arrière sont majoritairement bien utilisées, la plupart du temps offrant les sons les plus éloignés. L'enceinte du centre possède une excellente profondeur et l'haut-parleur d'extrême-grave est appelé en grand renfort lors des combats plus épiques.
Rien de neuf à se mettre sous la dent, les suppléments originaux sont ici offerts dans la même définition standard, de quoi être déçu et d'envoyer des lettres de plaintes à la compagnie pour ne pas avoir osé sortir les versions rallongées. Peut-être est-ce voulu comme un apéritif en préparation aux versions rallongées, qui seront, et on l'espère, beaucoup plus fournies et offrirons la totalité des suppléments déjà offerts sur les éditions précédentes en plus de quelque chose de nouveau. Les fans seront en colère tandis que ceux et celles moins friands de suppléments sauront s'en satisfaire aisément.
Usurpation probablement utilisée afin de financer The Hobbit, cette première incursion dans le domaine Blu-ray est certes supérieure au DVD, mais aurait bénéficié d'un traitement plus "royal". Reprenant la totalité des suppléments du DVD, on n'apprend donc rien de nouveau et attendons toujours de pied ferme une trilogie des versions rallongées. Si le studio se décidait à intégrer TOUS les suppléments des versions rallongées (incluant les documentaires tournés par l'ami d'enfance de Peter Jackson), on pourrait alors dire que l'expérience en aura valu la peine... d'ici là, les amateurs resteront sur leur faim.
Une critique plus approfondie sera offerte lors de la sortie du coffret des versions rallongées... tout comme cette édition, ce n'est qu'un avant-goût.
| Film | 10 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6/7/8 |
| Audio | 9 |