Les films de série B. On aime ou on déteste! Les amateurs seront heureux d'apprendre la sortie sur disque haute définition du classique d'horreur de Lucio Fulci "The New York Ripper" ("Lo squartatore di New York"). Les autres se demanderont pourquoi!
Tourné en 1981 par un des maîtres du genre, ce film devait connaître un succès mondial – pour une série B s'entend – par son utilisation désinhibée de la sexualité et de la violence. Même que le film fut banni dans bon nombre de pays et qu'il ne fut diffusé dans certains autres que dans des salles de films pour adulte. C'était avant la vague de "slashers films" des années 80 qui ont depuis banalisé les mutilations et éviscérations en tout genre, la vue de litres de sang giclant de plaies béantes et la vue des intestins sortant de l'abdomen! Il est vrai que vu de notre œil actuel, le film de Fulci paraît maintenant assez banal dans le genre. Seule peut-être la scène de sexe dans le cinéma porno new-yorkais ferait un peu grincer les censeurs. Et encore là, on est bien loin de "Deep Throat"!
Comme son nom l'indique, le film raconte l'histoire d'un tueur en série qui sévit à New York dans les années 80. Ses victimes de prédilection étant, bien entendu, de jeunes et jolies filles. Le tout est assez classique. Un policier mène l'enquête et devant la gravité des événements, il demande l'aide d'un psychiatre pour tenter de cerner le profil du tueur. Ce dernier appelle le flic pour le narguer avant chaque meurtre. L'utilisation de la caméra subjective (le point de vue du tueur) au moment des assassinats nous empêche de connaître l'identité du meurtrier jusqu'au dernier moment. Le réalisateur nous emmène, bien sûr, sur de fausses pistes et la fin restera une surprise. Le tout est parsemé de nudité (féminine, bien entendu!), de quelques scènes de baise et de beaucoup de coups de couteau et de sang qui gicle.
À la fin on se demande pourquoi une telle réputation pour ce film assez ordinaire. Bien que scénarisé et réalisé assez habilement, ça reste un film de série B avec tous les clichés et excès du genre. Le momentum médiatique de l'époque aurait donc perduré et les gens se rappellent encore du scandale qu'il provoqua à sa sortie ce qui aide à sa légende. Le boîtier l'appelle même "le film d'horreur le plus controversé de tous les temps"! Il ne faudrait pas pousser...
Au niveau de la qualité visuelle, bien que le travail de transfert ait été bien fait, on remarque tout de même la qualité minimale de la copie pellicule de l'époque. Comme tous les films européens de série B, on voit tout de suite le peu de moyens mis à la disposition de la technique. On a tout de même réussi à aller chercher avec le transfert de beaux contours, une image nette et lumineuse agrémentée de couleurs riches et chaudes. Mais les extérieurs manquent toutefois d'un peu de profondeur et les séquences nocturnes sont trop sombres. Malgré le transfert sur disque bleu, les défauts originaux restent très visibles.
Pour l' audio, la balance son est plutôt bonne. Les fréquences sont bien définies et le mixage est généralement agréable. Ce qui est un miracle si on considère que la bande son originale est mono! Par contre, comme toujours avec ce genre de films, l'utilisation d'une version doublée au lieu de l'italienne d'origine, enlève un aspect de proximité entre les personnages et leurs voix. La bande True HD 7:1 est bien répartie même si c'est étrange de retrouver tous ces sons dans l'espace alors que les acteurs eux-mêmes n'ont pas les bonnes voix!
En suppléments, on ne retrouve qu'une courte entrevue avec Zora Kerova, une actrice ayant tenu un rôle mineur dans le film (une des victimes de l'éventreur) et un montage comparant les lieux de tournage new-yorkais de 1981 avec ceux de 2009. On peut ainsi constater l'absence du World Trade Center ou les changements de styles de voitures ou des devantures de magasins. Rien de bien excitant.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |