L'univers des jeux vidéo a maintes fois inspiré celui de grand écran. Pensons, entre autres, aux adaptations cinématographiques de Tomb Raider, Resident Evil et Silent Hill. Bien souvent, ces films vont préconiser les scènes d'actions au détriment du scénario, histoire de rendre hommage à leur source. Le dernier venu, "Max Payne", se déloge de la masse en prenant une toute autre direction que la majorité de celles prises par ce genre de cinéma: au lieu d'être le film d'action bourrin qu'il aurait dû être, il propose une enquête policière très noire et complexe.
Basé sur le jeu vidéo éponyme sorti en 2001, le film relate les aventures du personnage-titre, Max Payne, ex-policier maintenant devenu détective. Suite au décès de sa femme et de sa fille, il a en obsession de retracer l'assassin coûte que coûte. Pour ce faire, Max se fera entraîner dans une sombre histoire dans les bas-fonds new-yorkais concernant une compagnie pharmaceutique secrète qui serait à l'origine d'un élixir créé afin de rendre invincibles les soldats américains.
La réalisation de John Moore, l'homme derrière The Omen et le remake de Flight Of The Phoenix, est solide. Elle est stable et posée, évitant les mouvements de caméra brusques et saccadés. Les prises de vues sont originales et innovatrices et les travelings nombreux. Il est appréciable de constater qu'un certain effort a été fait dans le but de donner au long-métrage un cachet visuel unique. Beaucoup d'emprunts sont d'ailleurs faits à Sin City, autre film du même genre.
Par contre, là où le film gagne en style, il le perd en substance. Bien que la prémisse du scénario soit assez intéressante pour construire une histoire potable, il n'en est pas le cas. L'histoire est floue et les incohérences abondent. Effectivement, "Max Payne" emprunte beaucoup trop de chemins différents pour aboutir à la conclusion finale. Cela aurait pu être correct, si seulement le film avait résolu toutes les questions du spectateur lors de sa finale. Car, avouons-le, on suit avec un certain plaisir la ligne conductrice de ce polar noir contemporain.
Mark Wahlberg est à la hauteur de son talent dans le rôle-titre. Sans toutefois en mettre trop, il parvient à faire ressentir au spectateur de la sympathie envers son personnage. Mais, c'est la jeune Olga Kurylenko (la toute dernière "Bond Girl") qui lui vole la vedette dans le rôle de Natasha Sax, femme mystérieuse qui tente par tous les moyens possibles de séduire Max. Notons aussi la présence du très controversé rapper Ludacris dans le rôle d'un policier.
L'aspect technique est impeccable. Le transfert Blu-ray confirme les nombreuses capacités de cette nouvelle technologie. "Max Payne" propose plusieurs moments d'action qui permettent au système de déployer ses talents. Bien que la plupart des scènes se déroulent de nuit, la clarté de l'image fait en sorte que l'on ne manque aucun détail. De plus, l'esthétisme du film est magnifiquement rendu. Les couleurs et les contrastes sont incroyablement chatoyants. Le spectateur a donc toujours quelque chose à contempler, et l'appréciation finale du film se voit rehaussée grâce à la qualité incontestable de l'image. Côté audio, il en va de même. Les bruitages sont irréprochables et projettent le spectateur au cœur de l'action.
Le disque de "Max Payne" est étonnement riche en supplément. Avant même d'arriver au menu, on nous offre le choix de regarder la version originale du film ou la version du réalisateur. La piste de commentaires laisse la parole au réalisateur, au producteur et au responsable des effets spéciaux. Il est surprenant de constater la franchise dont fait preuve John Moore face à son film. Il sait reconnaître les défauts et les incohérences de son long-métrage, et il sait aussi quand il y aurait eu place à l'amélioration. Ça, c'est un signe de talent.
Notons aussi la présence d'un documentaire de 60 minutes, qui met beaucoup l'accent sur les acteurs et les techniciens, et leur réaction finale face au résultat de leur travail. Autrement dit, au lieu d'embêter le spectateur avec des détails trop techniques qui le laisserait de marbre, on nous présente les artisans du film. Il est plaisant de constater à quel point ils croient en leur création et ont un amour irrévocable pour l'art du cinéma. Le supplément le plus intéressant pour un fan de la saga est le "Michelle Payne Animated Graphic Novel". Présenté tel une bande dessinée, ce court-métrage d'une quinzaine de minutes propose une autre vision du scénario original. Bien que le résultat soit discutable, les fans seront heureux d'avoir quelque chose de nouveau à se mettre sous la dent.
Bien que "Max Payne" ne soit pas un film parfait, la qualité de cette édition Blu-ray valorise grandement le visionnement. C'est le genre de long-métrage que l'on apprécie pour son visuelle et son ambiance, sans rechercher un scénario trop réfléchi. Par contre, on ne peut le nier, "Max Payne" remplit parfaitement son mandat: divertir.
| Film | 6 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |