Après le succès fulgurant tant critique que populaire de son premier film, The Killing Fields, le cinéaste britannique Roland Joffé était attendu de pied ferme. Ayant mis la marche haute avec cette histoire racontant les horreurs du régime des Khmers Rouges au Cambodge, il ne pouvait inévitablement que décevoir un peu par son second film. Mais à la grande surprise de tous, il réussit encore une fois à éblouir avec une autre fresque historique prenante et dure.
"The Mission", sorti en 1986, racontait un épisode de l'histoire de la colonisation de l'Amérique du Sud par les Européens et la décimation des autochtones y vivant depuis longtemps. Mais Joffé, ne voulant pas présenter un portrait purement militaire de cette période horrible, choisit d'y intégrer en plus l'élément religieux. On retrouve donc Jeremy Irons dans le rôle d'un Jésuite, le Père Gabriel, qui se donne pour tâche d'aller construire une mission et de convertir les Indiens Guarani vivant en haut d'une chute dans la forêt vierge à la frontière du Brésil et du Paraguay. Mais les bonnes œuvres des Jésuites ne font pas plaisir à tous. De fait, les gouverneurs portugais et espagnols de la région avaient pour habitude d'acheter les Guarani à des vendeurs d'esclaves qui allaient dans la forêt les chasser. D'ailleurs, le fait qu'un de ces mercenaires (Robert DeNiro) ait récemment retourné sa veste et rejoint la congrégation en tant que novice ne fait rien pour calmer la rivalité entre les parties. Un envoyé du Pape doit donc venir voir sur place et évaluer la situation. Mais les protagonistes ne tarderont pas à apprendre que la volonté de Dieu ne prime pas toujours sur les tractations politiques des rois et des archevêques. La lutte s'engage alors pour sauver la mission et les Guarani...
Bien que le réalisateur ait encore une fois réussi à présenter avec brillance la lutte injuste de simples individus contre un pouvoir politique, "The Mission" n'est pas un film aussi bouleversant que son prédécesseur. La réserve, presque froideur, avec laquelle Joffé nous dépeint les héros de son histoire ne permet pas au spectateur de se lier émotionnellement autant que pour "The Killing Fields". Cela dit, le film est quand même touchant et majestueux. Les différentes séquences de bataille dans la jungle entre les parties sont efficaces et les scènes de dialogue politique où on voit les décideurs jouer le sort d'une nation sans considération humaine restent bouleversantes.
Au final, on se demande tout de même si ce ne sont pas les images superbes et la musique puissante d'Ennio Morricone (dont je recommande chaudement l'achat du CD) qui font que "The Mission" marqua autant notre imaginaire à sa sortie à l'époque. Mais on donnera le bénéfice du doute à Roland Joffé et on se fera plaisir en se procurant ce Blu-ray intéressant.
La qualité d'image et de son du disque bleu est aussi excellente. On a maximisé les possibilités de la haute définition que nous offre ce format. Les splendides images de Chris Menges possèdent ici une incroyable richesse. On retrouve une chaleur des tons, une justesse des couleurs et des zones d'ombres de la forêt tropicale. On a aussi une précision dans les détails et les contours. La piste audio est vivante et bien remplie au niveau des fréquences. La musique d'Ennio Morricone s'harmonise parfaitement tant aux ambiances de la jungle qu'aux sons plus secs de la ville.
En suppléments, on retrouve un commentaire audio de Roland Joffé ainsi qu'un documentaire de l'époque de la série Omnibus qui jette un regard sur le peuple des Waunana, la tribu ayant joué le rôle des Guarani dans le film de Joffé.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 10 |
| Audio | 10 |