Never Let Me Go [Blu-ray]
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Mark Romanek
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 104 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51), Espagnol (DD51), Portugais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Portugais, Mandarin Cantonais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 024543714200

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
15 février 2011

Une réflexion existentielle sur l'humanité et une histoire d'amour intemporelle forment une symbiose imparfaite dans "Never Let Me Go", un récit ambitieux, mais pas tout à fait au point qui s'enlise légèrement au lieu d'être touché par la grâce. Les grands romantiques seront heureux, les autres un peu moins.

Malgré leur destin, trois amis cherchent à profiter pleinement de leur existence. Se revoyant pour la première fois en l'espace d'une décennie, Ruth (Keira Knightley), Kathy (Carey Mulligan) et Tommy (Andrew Garfield) se dépêchent à rattraper le temps perdu, réparant des erreurs du passé avant qu'il ne soit trop tard.

Il y a des sujets forts qui annoncent des oeuvres importantes. "Never Let Me Go" se devait d'être l'un de ceux-là. Ses thèmes, nombreux et essentiels, donnent le goût de dévorer le livre auquel il s'inspire, en l'occurrence Remains of the Day de Kazuo Ishiguro. Il y a beaucoup de Ghost in the Shell, de Dark City et de Gattaca dans cet ouvrage qui embrasse la science-fiction et le film d'anticipation. Les héros cherchent à prouver qu'ils sont des humains, et cette quête d'une âme les amène à revendiquer leur unicité, les obligeant à puiser au fond d'eux-mêmes pour faire ressortir leur humanité.

De ces possibilités riches et infinies, rares sont les pistes de réflexion qui seront véritablement explorées jusqu'au bout. Le réalisateur Mark Romanek (qui s'est fait plutôt discret depuis son intéressant One Hour Photo en 2002) a plutôt opté pour la voie de la douceur et de la romance. Celle qui sent un peu trop l'eau rose, avec sa belle trame sonore qui sature les oreilles et sa finale qui cherche à soutirer quelques larmes sans y parvenir réellement. Sans doute que le pari de l'émotion et des sentiments atteindra plus aisément le coeur du public cible que la rhétorique intellectuelle et existentielle sur les conditions de vie et de mort. Sauf que les principales courroies de transmission - les personnages - ne remplissent pas toujours leur mandat, ce qui est toujours un peu problématique.

Carey Mulligan n'a pourtant rien à se rapprocher. Sa narration permet de bien saisir les enjeux en place et le déroulement du long-métrage fait parfois écho à An Education, le titre qui l'a fait connaître. La splendide actrice est toujours juste, faisant frissonner par ses yeux qui se remplissent d'eau ou par sa façon de baisser la tête en signe de résignation. Ce sont plutôt ses partenaires de jeu qui ne sont pas à la hauteur. Andrew Garfield incarne un personnage sans véritable colonne vertébrale et sa chimie avec Mulligan laisse parfois indifférente, ce qui est un grave problème lorsque l'intrigue mise finalement tout sur leur relation. Un peu à l'écart, Keira Knightley tente de se débrouiller avec des pacotilles, et c'est toujours triste de réunir des gens talentueux comme Charlotte Rampling et Sally Hawkins sans les utiliser davantage.

La très jolie photographie est relevée par une image de haut calibre, qui comprend des couleurs riches et variées, des teintes soignées et des contrastes développés qui donnent beaucoup de latitude aux ombres et à la lumière. Les pistes sonores soutiennent toujours parfaitement les situations, et ce, même si les enceintes qui regorgent de bruits divers, de mélodies, d'eau et de vent auraient pu être encore plus utilisées. Les voix s'entendent correctement, le doublage francophone est convenable, et il y a de visibles sous-titres blancs en cas de besoin.

La pochette aurait pu être plus élaborée, présentant simplement le visage des trois protagonistes. Beaucoup plus recommandable est le menu principal du Blu-ray qui fait littéralement danser de magnifiques paysages sur un air instrumental tristounet. Les suppléments comportent d'agréables photographies du cinéaste, des dessins enfantins, de la publicité pour des organismes de bienfaisance, une bande-annonce et, surtout, un très intéressant documentaire de 30 minutes qui permet aux comédiens de discuter du matériel original et de leur admiration pour le metteur en scène.

À l'instar du récent et inférieur Eat, Pray, Love ,"Never Let Me Go" demeure beaucoup trop en surface, ce qui empêche de bien saisir la déroute et la mélancolie de ces êtres qui aspirent à autre chose. Bien que la prémisse fascine d'emblée, la romance finit par prendre toute la place, que n'arrive pas à niveler une réalisation un brin poussiéreuse et une interprétation un peu trop sage heureusement relevée par la performance attachante de Carey Mulligan. Sans doute que le livre de Kazuo Ishiguro est une véritable merveille...


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo8
Audio8