Adaptés des deux premiers volets de la trilogie du romancier Sergei Lukyanenko et réalisés par son compatriote Timur Bekmambetov, "Night Watch" ("Nochnoy Dozor") et "Day Watch" ("Dnevnoy Dozor") ont fait un tabac au box-office et "Night Watch" s'est vu attribuer le titre de premier "blockbuster" de Russie, réveillant l'éternel conflit entre le film d'art et le divertissement, entre le "pourquoi imiter les Américains?" et le "on peut faire aussi bien que les Américains!". Curieusement, sur le populaire site IMDB (Internet Movie Database), la plupart des commentaires positifs viennent d'étrangers, alors que les cinéphiles russes ne sont pas aussi tendres...
La guerre entre les forces de la lumière et celles des ténèbres dure depuis des décennies, jusqu'à ce que les meneurs, immortels, déclarent une trêve. Chaque clan forme des agents chargés de faire respecter les règles. "The Night Watch" surveille les forces des ténèbres après le coucher du soleil et vice-versa pour "The Day Watch". Ces agents sont invisibles pour les humains, sauf pour une infime minorité d'individus dotés de pouvoirs spéciaux que l'on appelle "les autres". Quand un "autre" devient conscient de ses dons et de la lutte qui oppose les deux clans, il sera attiré par un côté ou par l'autre.
"Night Watch" nous propulse dans le Moscou des années 1990, alors qu'Anton, un "autre", choisit de joindre les forces de la lumière. Mais en essayant de protéger un jeune garçon de l'appel des forces des ténèbres, il brisera les règles établies et tuera un vampire. La guerre entre les deux factions éclatera, alors que Svetlana, une jeune femme apparemment frappée d'une malédiction semble être la cause d'un étrange vortex qui prend des allures d'apocalypse.
Dans "Day Watch", Anton est toujours au service des forces de la lumière et tente de retrouver son fils, doté de pouvoirs extraordinaires et attiré par les forces des ténèbres. Lorsque des vampires sont assassinés, Anton sera faussement accusé et devra lutter pour survivre, tout en essayant de retrouver un artefact ancien qui a la capacité de changer la destinée de son propriétaire.
Solidement ancré dans l'univers de la fantaisie avec ses vampires, sorciers/sorcières, médiums et êtres qui ont la capacité de changer d'apparence, "Night Watch" et "Day Watch" constituent des oeuvres denses et complexes, parfois à la limite de l'incohérence. J'imagine que ça aide quand on a lu les livres qui, si je ne m'abuse, ont été traduits en anglais en 2006. "Night Watch" est à mon avis le meilleur des deux, puisque malgré un budget limité, un rythme déroutant et des effets numériques approximatifs, il arrive à séduire par son originalité. Il faut être attentif et mettre de côté logique et réalisme, mais le film comporte suffisamment d'éléments positifs pour satisfaire les amateurs du genre. Quant à "Day Watch", doté d'un budget largement supérieur à son prédécesseur, on entre carrément dans la surenchère, comme si le réalisateur avait décidé de mettre tout l'argent sur les effets spéciaux, au détriment de l'intrigue et des personnages. Le film en met plein la vue et demeure divertissant, mais il n'a pas le charme ni cette ambiance à la fois étrange et fascinante de "Night Watch".
Le transfert de "Day Watch" est supérieur à celui de "Night Watch", mais dans les deux cas il s'agit d'une amélioration par rapport aux éditions parues en DVD. La granularité de la pellicule est toujours présente et les couleurs du premier film paraissent légèrement sursaturées, mais le niveau des contrastes est excellent et l'image y gagne en définition, les moindres détails apparaissant avec netteté. Au rayon audio, les deux films bénéficient d'une piste sans perte en DTS-HD dans la langue de Tolstoy. Dynamique et équilibrée, elle procure un environnement sonore immersif qui mettra vos enceintes à l'épreuve. Les effets ambiophoniques alternent entre la subtilité des bruits d'ambiance et les rugissements qui viennent appuyer les scènes d'action sans jamais enterrer les dialogues qui demeurent facilement audibles. Les sous-titres sont faciles à lire, mais pour ceux que la lecture rebute, des pistes en anglais (DTS) et en français (Dolby Surround) sont également incluses.
Les deux films proposent une belle brochette de suppléments. Sur "Night Watch", on retrouve une piste audio de commentaires avec le réalisateur, une autre (sous-titrée) avec l'écrivain Sergei Lukyanenko, des scènes coupées et une fin étendue avec commentaires optionnels de Bekmambetov, les revuettes "The Making of Night Watch", "Characters, Story and Subtitles" et "Night Watch Trilogy", une galerie photo, la bande-annonce du film, ainsi qu'un segment s'adressant à ceux (les deux d'entre vous...) qui possèdent un système "D-Box". Sur "Day Watch", on retrouve une piste audio de commentaires avec le cinéaste, la revuette "The Making of Day Watch", quelques bandes-annonces (originale, anglaise, télé) et le même segment sur le système "D-Box".
Probablement trop ambitieux, les deux films laisseront une quantité de spectateurs perplexes et confus, particulièrement en ce qui a trait à "Night Watch". Le second est un bon divertissement qui n'a rien à envier à quantité de productions hollywoodiennes, mais perd en même temps toute son originalité. Si vous n'êtes pas familiers avec ces films, je vous suggère de les louer avant d'acheter. Pour les fans qui les possèdent déjà en format DVD, ces éditions Blu-ray valent le détour.
Veuillez noter que le troisième volet de cette trilogie, intitulé "Twilight Watch", est en préproduction et que sa sortie en salles est prévue pour 2009.
| Film | 7/5 |
| Présentation | 4/4 |
| Suppléments | 8/6 |
| Vidéo | 7/8 |
| Audio | 8/8 |