Dans les années 70 les deux maîtres incontestés du film d'horreur italien étaient Dario Argento et Lucio Fulci. Bien que d'un style assez différent, ces deux réalisateurs étaient tout de même influencés par l'esprit baroque qu'on retrouve chez beaucoup de cinéastes Italiens les ayant précédés, de Federico Fellini à Sergio Leone. Non pas que le talent de Fulci se rapproche de celui de Fellini, mais l'approche prônée par le metteur en scène d'horreur laissait certainement place à une certaine poésie de l'exagération dans le macabre et le dégoûtant.
Avec "City of the Living Dead" Fulci continuait dans la veine de films explicites qu'il avait débutée des années plus tôt. Le long-métrage fut d'ailleurs amputé de plusieurs minutes à sa sortie, les biens pensants de l'époque jugeant quelques-unes des scènes trop graphiques. La recette était bien sûr efficace puisque le film connut un énorme succès auprès des amateurs du genre et reste aujourd'hui un des préférés des admirateurs de Fulci. Il faut dire aussi qu'il s'agît ici du premier volet de la trilogie des "portes de l'Enfer" - dont les deux autres tomes sont The Beyond et House by the Cemetary - qui représente peut-être l'apogée du genre ambiance maléfique/intestins pendants de la carrière du réalisateur. Quand on voit les nombreuses scènes de vomissage de tripes, de cerveaux écrabouillés ou de perçage de tête que comporte le film, on peut comprendre l'engouement des jeunes (de cœur et non pas d'âge bien entendu!) pour "City". D'autant plus que Fulci sait bien doser ses moments juteux et maintenir le suspense en créant une ambiance épeurante, tant par la musique, par l'atmosphère sonore que par le montage ou le choix d'angles de caméra étranges.
Les défauts du film sont les mêmes que pour presque tous les films d'horreur italiens de l'époque, c'est-à-dire des comédiens peu convaincants, une absence de soucis pour les raccords de lumière (champs en plein jour/contre-champs à la tombée de la nuit), sauts d'axe constants et continuité dans l'action souvent manquante. Par exemple, une victime brûle les bras en croix puis dans le plan de coupe directe elle est de dos (cascadeur) et a les bras sur le côté. Mais au final, tout le monde qui apprécie ces effrayantes extravagances s'en soucis peu. Tant que ça jute!!! Ou plutôt "faut que ça saigne" comme dirait Boris Vian.
"City of the Living Dead" raconte l'histoire d'un petit village de Nouvelle-Angleterre qui devient le centre d'événements sanglants et épouvantables lorsqu'un prêtre s'y suicide permettant ainsi l'ouverture des portes de l'Enfer. La résurrection des morts et les massacres qu'ils perpètrent ne seront arrêtés que lorsque les portes seront refermées. Pour ce faire, un journaliste (Christopher George) et une médium (Catriona MacColl) devront joindre leurs efforts et trouver une solution. Mais le temps presse, car à la Toussaint il sera trop tard et les morts triompheront et envahiront la Terre entière...
La qualité d'image et de son du film est excellente. Malgré la palette de couleurs assez variée et une tendance à privilégier les endroits sombres, une belle chaleur des tons et une profondeur du détail donnent de l'ampleur à l'image. La bande son 7.1 est excellente et permet de créer une ambiance et une tension assez macabres. Les plages de fréquences sont aussi bien reproduites. Il faut dire que "Blue Underground" nous offre un transfert en haute définition fait à partir du négatif original non censuré.
En suppléments on retrouve une bordée de revuettes: un documentaire sur le tournage avec une bordée d'entrevues avec les acteurs et les techniciens, une entrevue avec Catriona MacColl, une avec Giovanni Lombardo Radice et une dernière, un hommage au maître, où plusieurs acteurs et actrices se remémorent des moments amusants ou touchants de leur travail avec Lucio Fulci. De plus, on retrouve une galerie photo contenant des clichés du tournage et de divers produits de promotion comme des affiches ou des coupures de journaux, des bandes-annonces et finalement des publicités radio.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |