Neal Page est un publiciste un peu coincé qui travaille pour une agence de la ville de New York. À la veille de l'Action de Grâce, il ne souhaite que retrouver sa famille dans sa demeure cossue de la banlieue de Chicago. Malheureusement, la frénésie des fêtes complique les déplacements et il est presque impossible de dénicher un taxi. Après s'être fait resquiller le sien par Del Griffith, un voyageur de commerce sympathique, mais envahissant qui se spécialise dans la vente d'anneaux en plastiques pour les rideaux de douche, les deux hommes se retrouvent dans la file à l'aéroport, puis voisins de siège à bord du même vol. S'ils travaillent tous deux dans le domaine de la vente, leurs caractères sont diamétralement opposés, et le voyage s'annonce pénible. La situation empire encore un peu plus lorsque l'avion est détourné vers Wichita à cause des conditions météo. Neal et Del se verront obligés de faire équipe pour surmonter les embûches invraisemblables qui se multiplient en travers de leur route, transformant un simple voyage qui devait prendre trois heures en épopée cocasse.
John Hughes n'a pas réalisé que des films d'adolescents. "Planes, Trains and Automobiles" est probablement l'une de ses œuvres au ton le plus mature. On peut même y voir une scène qui utilise le mot "fuck" pas moins de 19 fois en deux minutes, sans compter plusieurs gags adultes parsemés à travers le récit. Cette fable sociale qui repose principalement sur la psychologie des personnages continue d'être pertinente encore aujourd'hui, même si certaines blagues sont plus datées que d'autres. Malgré une réalisation qui s'écarte peu des normes et une morale soulignée deux fois plutôt qu'une, l'histoire procure plusieurs éclats de rire, ainsi que des moments émouvants.
Le duo comique composé de Steve Martin et John Candy porte le long-métrage sur ses épaules. Dans le rôle de Neal Page, Steve Martin penche cette fois-ci davantage du côté du "straight man", ce qui ne l'empêche pas de nous offrir plusieurs moments comiques. Quant à lui, John Candy possède un sens du rythme parfait dans son interprétation de Del Griffith, mais il ajoute en plus une dimension dramatique au personnage qui démontre à quel point le comédien possédait une palette plus nuancée que le simple "slapstick" humoristique. La magie entre ces deux monuments du cinéma fonctionne à merveille et le reste de la distribution est remplie d'acteurs de talents pour leur donner la réplique, comme Michael McKean, Kevin Bacon, ou Edie McClurg.
Le boitier du disque et le menu présentent une image du duo découpée sur fond blanc. Le graphisme est donc efficace, mais dénué. La boîte est recouverte d'une couverture cartonnée qui présente une version holographique de la pochette qui bouge lorsqu'on change l'angle de vision. Même si "Planes, Trains and Automobiles" date de 1987, le transfert de la pellicule sur disque Blu-ray est impeccable et nous présente une qualité d'image irréprochable. La seule chose qui a mal vieilli est la trame sonore. À part quelques rares excursions du côté du blues, l'ensemble de la musique est interprété sur des synthétiseurs de l'époque. Ce son peut devenir agressant, particulièrement en ce qui concerne la version de la chanson "When the Saints" jouée sur des claviers Casio, qui revient à plus d'une reprise. Au moins, le mixage de l'audio est bien équilibré.
Si vous aimez les suppléments, vous serez servi avec l'édition Blu-ray, qui est bourrée de contenu additionnel. Oubliez la traditionnelle piste de commentaires, le programme qu'on y retrouve est substantiel et la plupart des extras sont offerts en HD. On compte une session de questions et réponses portant sur la genèse du film avec John Hughes, Steve Martin et John Candy, un portrait des œuvres plus matures du réalisateur, des entrevues avec plusieurs acteurs ayant tourné avec lui, un hommage au regretté John Candy, une scène retirée du montage, ainsi qu'une présentation de l'héritage cinématographique de John Hughes, décédé il y a quelques années. Les suppléments sont passionnants. On y apprend (entre autres) que l'histoire de "Planes, Trains and Automobiles" est inspirée d'une mésaventure qui personnellement arrivée à John Hughes, qu'il écrivait tous ses scénarios en quelques jours à peine (deux pour Breakfast Club), et que c'est la déception qui l'a poussé à quitter le milieu du cinéma à la fin de sa vie.
Que ce soit pour voir ou revoir ce classique du cinéma d'humour avec une qualité d'image inégalée, l'édition Blu-ray de "Planes, Trains and Automobiles" vaut le détour. C'est d'ailleurs la saison parfaite pour visionner ce film qui a très bien vieilli dans l'ensemble, et qui saura vous mettre dans l'esprit des fêtes.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 10 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |