Return To Forever: Returns - Live at Montreux 2008 [Blu-ray]
Eagle Rock Entertainment

Réalisateur: Christine Strand
Année: 2008
Classification:
Durée: 149 minutes
Ratio: 1.78:1
Codec: 1080i (AVC)
Langue: Anglais (DTSHD51, DD51, LPCM)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (BD-25)
Code barres (CUP): 801213333493

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
18 juin 2009

Avec le "Mahavishnu Orchestra" de John McLaughlin, le "Weather Report" de Joe Zawinul et Wayne Shorter, "Return to Forever" de Chick Corea est le troisième groupe de jazz-fusion majeur à avoir émergé de l'enregistrement de l'album phare "Bitches Brew" de Miles Davis. Cet album (avec "In A Silent Way") lançait en fait cette idée de marier le jazz à des instruments et des sonorités précédemment entendues seulement dans la musique rock. Les jeunes musiciens qui jouèrent sur ces albums prirent alors le relai de Miles qui était déjà passé à quelque chose d'autre et se lancèrent tous dans l'aventure "fusion" avec tous ses abus et ses travers, mais aussi avec cette sensation de faire à la fois l'histoire du rock et celle du jazz.

"Return to Forever" connut un immense succès auprès d'un public jazz moins puriste et par extension auprès d'un public rock plus curieux que la moyenne. Les nombreux changements de personnel que connut le groupe de Corea lui permirent tout de même d'enregistrer une dizaine d'albums entre 1973 et 1978 (dont le légendaire "Romantic Warrior"). La version la plus connue et la plus réputée étant celle qui se réunit en 2008 pour une tournée mondiale de 55 concerts qui les mena à Montreux (en passant par le Festival de Jazz de Montréal) et qui donna ce distribué par Eagle Vision. Il s'agit de Corea au Piano, d'Al DiMeola à la guitare, Stanley Clarke à la basse et Lenny White à la batterie.

Les quatre musiciens sont en pleine forme et semblent très heureux de se revoir et de rejouer des vieilles pièces de leur répertoire. La foule aussi est rayonnante de bonheur de voir le retour de ce groupe que personne n'attendait plus. Avec raison d'ailleurs puisque la formation enchaîne un classique après l'autre avec le talent dont ils sont capables, mais aussi avec la flamme de la passion ravivée par le fait d'amener quelques nouveautés ou variations à des pièces archi-connues et jouées des milliers de fois. On retrouve ainsi une suite de succès, commençant avec "Hymn of the Seventh Galaxy" puis se poursuivant avec "Vulcan Worlds", "Sorceress", "Song to the Pharaoh Kings", "No Mystery" et finalement une longue version de "Romantic Warrior" entrecoupée d'un solo de basse de Clarke ("El Bayo de Negro") et d'un de batterie de White ("Lineage"). On retrouve de plus deux sections réservées à des performances de Corea et de DiMeola, chacun y faisant étalage de son talent et de sa prodigalité musicale. Contrairement à bien des réunions de groupe rock qui sentent l'opportunisme, ce retour de "Return" semble tout à fait voulu par ses membres qui nous en donnent pour notre argent. Il faut, bien entendu, être sensible aux sonorités jazz-fusion...

La qualité de captation du concert est des plus professionnelles tout comme l'est son transfert sur disque bleu. Une belle palette de couleurs et des nuances de tons superbes rehaussent une image déjà nette et bien définie. Même les variations parfois brusques d'éclairages sont gérées de belle façon, sans grand dérangement pour l'œil. Pour l'audio, une excellente qualité dans les bandes originales permet un superbe son au transfert. Les instruments sont bien divisés et le mixage général est très réussi avec une bonne définition des fréquences et une rondeur générale superbe. On s'approche dangereusement de la perfection qu'on peut parfois atteindre dans des conditions studio, ce qui est rare pour une performance en concert.

En suppléments on retrouve cinq performances extraites de la tournée américaine de la formation réunie. Ce sont pour la plupart des solos des divers musiciens extraits de chansons déjà présentes dans le concert de Montreux. On retrouve par exemple le solo de batterie de Lenny White dans "Lineage", celui de Stanley Clarke dans "El Bayo de Negro", celui de Corea sur "Frienship" et diverses pièces acoustiques d'Al Dimeola. Il y a aussi une chanson qui n'est pas présente sur la première partie, l'excellente "Duel of the Jester and the Tyrant". On a malheureusement opté pour une présentation multi-écrans assez dérangeante, car non seulement on répète certains plans en noir et blanc, mais les écrans changent régulièrement de contenu et des motifs ondulants comblent les espaces entre ces derniers, ce qui distrait l'œil de façon irritante.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments7
Vidéo8
Audio9