En 1984, Michael Douglas était connu comme acteur à la télé (The Streets of San Francisco) et comme producteur au cinéma (One Flew Over the Cuckoos Nest), mais il ne lui était jamais venu à l'esprit de jouer dans un film. Douglas avait cependant beaucoup de flair et un sacré culot. Agissant à titre de producteur, il décide d'adapter le scénario de Diane Thomas, une parfaite inconnue qui travaillait comme serveuse dans un restaurant, et d'engager un cinéaste peu expérimenté, Robert Zemeckis (c'était un an avant Back to the Future), pour tourner "Romancing the Stone", tout en s'offrant le premier rôle! Kathleen Turner et Danny DeVito viendront s'ajouter à ce projet casse-gueule que l'on pourrait qualifier de premier film d'action/comédie/romance/aventure. La formule connaît un tel succès que Douglas, Turner et DeVito collaboreront de nouveau un an plus tard dans "Jewel of the Nile", réalisé cette fois-ci par Lewis Teague.
L'histoire de "Romancing the Stone" débute lorsque la soeur de l'écrivaine de romans à l'eau de rose Joan Wilder (Kathleen Turner) est kidnappée en Colombie par des truands à la recherche d'un bijou inestimable, cette dernière verra sa vie routinière de citadine plonger dans l'imprévu. Se rendant sur les lieux, elle recevra l'aide de Jack Colton, un séduisant aventurier qui rêve de faire fortune. Une course au trésor s'ensuit, alors que Jack et Joan tenteront de s'emparer du précieux bijou, poursuivis par Ralph (Danny DeVito), un des kidnappeurs, et par la police colombienne menée par l'infâme Zolo (Manuel Ojeda).
Dans "Romancing the Stone", le plaisir passe par l'astucieux dosage entre les genres et la distribution exemplaire. Cette comédie romantique intègre parfaitement l'humour et les scènes d'action à une intrigue prévisible, mais elle possède tant de charme qu'on ne peut s'empêcher d'y succomber. La chimie entre la romancière naïve et l'aventurier, incarnation du héros de ses romans, est parfaite, mais Joan se rendra compte que la réalité dépasse la fiction et devra mettre l'idéalisme de côté pour trouver sa propre identité. Jack suivra un cheminement semblable, réalisant que le bonheur véritable transcende l'appât du gain. Douglas et Turner sont impeccables, Danny DeVito est hilarant et l'intrigue est menée de façon énergique par le réalisateur Robert Zemeckis. Léger, efficace et vachement divertissant!
Passons au film "The Jewel of the Nile", où Jack (Michael Douglas) et Joan (Kathleen Turner) parcourent le monde en voilier, mais Joan commence à trouver cette vie de nomade ennuyeuse. Elle acceptera l'invitation du mystérieux scheik Omar et se rendra en Afrique du Nord pour écrire sa biographie. Mais Joan s'apercevra qu'Omar la manipule et que, puisqu'il s'est emparé du "joyau du Nil", rien ne pourra l'empêcher de devenir le chef suprême du royaume. Forcé de voyager avec Ralph (Danny DeVito), Jack volera à la rescousse de Joan et ils tenteront de déjouer les plans d'Omar et de restituer le fameux joyau à son peuple.
Reprenant la formule du film précédent, "The Jewel of the Nile" essaie d'en recréer la magie, mais n'y arrive qu'à moitié. L'approche est intéressante puisque l'intrigue débute par une séparation et permet par la suite d'aborder la résolution des conflits de personnalités entre Jack et Joan, mais le film souffre d'un scénario brouillon et de cassures de rythme qui viennent gâcher une partie du plaisir. Les scènes d'action sont efficaces, malgré certains effets spéciaux approximatifs, l'humour est toujours au rendez-vous et les acteurs reprennent leurs rôles avec conviction, mais le spectateur ne se sentira jamais totalement absorbé par cette aventure qui demeure tout de même passablement divertissante.
Le transfert du premier film est excellent. L'image, claire et détaillée, possède une belle définition et les couleurs sont riches et naturelles. Le niveau des contrastes et l'étalement des noirs donnent une certaine profondeur à quelques segments plus sombres, particulièrement à l'intérieur de l'avion abandonné. Le second film propose également une image nette et détaillée, sauf que curieusement, les couleurs apparaissent parfois fades et délavées. Au rayon audio, la piste sans perte offerte sur les deux films est décevante. La séparation des canaux avant est nette, mais les enceintes arrière sont peu mises à contribution et l'ambiance sonore n'est pas très immersive. La piste du second film est plus dynamique, mais manque de tonus au niveau des graves, et on note un déséquilibre entre la musique, parfois trop forte, et les dialogues. La présentation et les menus sont standards, incluant la technologie "Smart Menu" (un nom pour une technologie qui est standard sur tous les Blu-ray…) qui permet d'accéder aux différentes options sans quitter le film.
Les suppléments de l'édition spéciale de "Romancing the Stone", parue en 2006, ont été reportés sur cette édition Blu-ray. On retrouve quatre revuettes agrémentées d'entrevues avec Michael Douglas, Kathleen Turner, Dany DeVito et autres artisans du film, qui abordent la genèse du projet, différents aspects du tournage et racontent quelques anecdotes. Le contenu est intéressant, mais devient redondant puisque les mêmes portions d'entrevues sont utilisées dans les différents segments. "Michael Douglas Remembers", par exemple, ne dure que 30 secondes et le contenu est identique à une section d'une autre revuette. On aurait pu facilement condenser le tout en une seule revuette. Quelques scènes coupées sont également au programme. Le second film propose une piste audio de commentaires peu inspirée avec le réalisateur Lewis Teague, quelques scènes coupées, la revuette "Romancing the Nile: A Winning Sequel", qui offre plus de détails sur différents aspects de la production, et le bref segment "Adventures of a Romance Novelist" qui, encore une fois, n'est rien d'autre qu'une portion de la revuette précédente. La bande-annonce de "The Jewel of the Nile" complète les suppléments.
"Romancing the Stone" demeure un classique innovateur qui mélange adroitement romance, comédie et aventure, alors que "The Jewel of the Nile" n'arrive pas à se hisser au même niveau, malgré les excellentes prestations de Michael Douglas, Kathleen Turner et Dany DeVito. Ces éditions Blu-ray comportent quelques carences techniques et les suppléments ne sont pas à la hauteur, mais elles sont quand même acceptables.
| Film | 8/6 |
| Présentation | 4/4 |
| Suppléments | 4/4 |
| Vidéo | 8/6 |
| Audio | 5/6 |