Scott Pilgrim Vs. The World [Blu-ray]
Universal Studios

Réalisateur: Edgar Wright
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 113 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51, DD20), Français (DTS51), Espagnol (DTS51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 025192091773

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
19 janvier 2011

Depuis qu'Edgar Wright fait des films, il explore toujours des avenues intéressantes du genre qu'il s'apprête à mettre en scène. Dans le cas de Shaun of the Dead, les films d'horreur ont été une excellente source d'inspiration. Pour Hot Fuzz, le policier était à l'honneur, mélangé avec une bonne dose de comédie. Pour ce "Scott Pilgrim Vs. The World", Wright a éclaté la simple synthèse du film d'adolescent en adaptant la bande dessinée éponyme, jonglant habilement avec comédie, sentiments et les meilleurs ingrédients des jeux vidéos pour cet hybride complètement différent et à des années-lumières de ce que l'on se serait attendu.

Scott Pilgrim fait partie d'un band rock appelé les Sex Bob-Omb et ils sont sur le point de participer à un important concours leur permettant enfin d'enregistrer un disque de façon professionnelle. Seulement pour Scott, les problèmes de cœurs ont une importance cruciale, même si ça veut dire planter ses amis lors d'une répétition, surtout lorsque sa vie amoureuse se résume à presque tenir la main de sa dulcinée. Alors qu'il est à une fête, il rencontre Ramona Flowers, une excentrique aux cheveux aussi colorés que sa personnalité. Scott tombe littéralement en amour et tente par tous les moyens de pouvoir la retrouver. Sa persévérance le place sur le chemin de la jeune femme, mais elle semble difficile d'atteinte. Il lui propose une sortie qu'elle accepte sans pour autant démontrer une joie apparente. Quelques jours plus tard, lors du concours de groupes rock, la performance est interrompue par un adolescent venant tout juste de briser le mur de l'établissement. Il pointe Scott et le défi en combat singulier. Après être sorti vainqueur de la lutte, Ramona lui avoue qu'elle avait sept petits amis dont il devra surmonter les attaques et sortir grand gagnant pour gagner son cœur, jusqu'au grand boss final, le pire d'entre tous: Gédéon Graves.

Dommage que le film n'ait pas eu le succès escompté (le fait que ça se passe à Toronto n'a sûrement pas plu aux amerloques et leurs tendances conservatrices) parce que "Scott Pilgrim" marque dans tous les aspects qu'il touche. C'est une comédie, on y dénote du romantisme, il y a une profusion de scènes d'action, les effets numériques sont de bonne facture, les acteurs livrent des performances crédibles et le résultat est un sacré vent de fraîcheur sur les habituelles productions hollywoodiennes de l'été. L'univers dépeint n'est, à priori, pas différent du nôtre excepté dès l'arrivée d'onomatopées à l'écran telle la défunte série Batman des années 60, les points accumulés lorsque Scott a vaincu un ennemi, le fait que ce dernier se transforme en plusieurs pièces de monnaie, les cascades impossibles à survivre, certains effets numériques donnant l'air à des armes de malheureux pixels, le "tableau final" du grand boss rappelant sans cesse ces vieux jeux surdimensionnés, etc. La quête de Scott est non seulement de trouver l'amour, mais de gagner le respect de ses amis en dépit qu'il leur a fait du mal considérable tout au long de leur amitié, tout cela en plus de devoir se respecter en tant que personne. Tout comme Kick-Ass, "Scott Pilgrim" raconte un rite de passage à l'âge adulte. Cependant, dans le monde de Pilgrim, tout est permis et tout risque d'arriver avec une grande maîtrise de la technique.

Edgar Wright apporte une grande sensibilité asiatique dans l'aspect visuel final du film et sa réalisation percutante offre une nouvelle manière de raconter la même histoire que celle des bandes dessinées. Les envolées comiques, actives, dramatiques et exagérées de Wright donnent lieu à un spectacle que l'on voit trop rarement: un ovni, un film s'inspirant des diverses sources de divertissement autour: les jeux vidéos, la musique, le cinéma, etc. Le résultat est impossible à déterminer lors d'un premier visionnement. Il faut voir le film plusieurs fois afin d'en comprendre ses subtilités, ses qualités, ses effets visuels saisissants et ses scènes d'action rondement menées de mains de maître. Les interprétations sont dans la note, mais Michael Cera commence à sentir le réchauffé avec ses expressions et tics nerveux. Il lui faudrait un rôle comme celui obtenu par Jesse Eisenberg pour The Social Network, qui mettrait fin à ses agissements d'éternel adolescent. Néanmoins, le reste demeure de facture plus qu'honnête. Les décors, tournés majoritairement à Toronto, montrent enfin un autre paysage que les gratte-ciels de New York ou Los Angeles (comme si le cinéma ne tournait qu'autour de l'énorme complexe d'infériorité des USA). Tout ce qu'on regrette de "Scott Pilgrim", du moins sa version cinéma, c'est qu'on aurait aimé y demeurer plus longtemps... mais ne disais-je pas, dans la critique de Kick-Ass, que la modération était meilleure? De ce fait, "Scott Pilgrim" en ressort gagnant à tous les niveaux. Son excès visuel sans borne (et c'est une très bonne chose), ses cascades impossibles, le rythme mené tambour battant, les acteurs nouveaux et expérimentés (la scène où apparaît Brandon Routh (Superman Returns) constitue un des meilleurs moments du film) font de cette adaptation une des plus rafraîchissantes bouffées d'air en provenance du réalisateur de Hot Fuzz et Shaun of the Dead. "Scott Pilgrim" ressort de cet océan de pellicule, de cet amas de remakes, de ces pâles copies et autres parodies, pour se hisser grand vainqueur en guise de nouveauté. On pourrait même penser que Wright aurait inventé un nouveau genre.

Le transfert vidéo est à la hauteur de la qualité du film. Universal propose donc un calibrage des plus intéressants pour ce qui est de la saturation des couleurs, qui apparaissent vives et sans déborder. Les contrastes sont forts et préservent une très bonne dose de détails malgré certaines scènes plus sombres. Seulement, et c'est là le seul défaut, lors de certains mouvements par les personnages, ces détails se perdent quelque peu ici et là, dépendant de l'éclairage. On ne dénote cependant pas de compression abusive ni de bruit. "Scott Pilgrim" arrive sur Blu-ray avec un visuel du tonnerre qui vaut largement le détour... et la piste sonore l'est tout autant.

La bande son principale est fracassante. En passant par la musique jusqu'aux effets sonores et les dialogues, nous avons droit à une superbe représentation digitale qui testera les basses et les plus hautes fréquences de votre système cinéma. Les dialogues ressortent bien en tout moment sans se faire submerger par la musique ou les effets sonores. Quant à ces derniers, ils permettent une excellente incursion dans le monde de Pilgrim, faisant souvent référence à des sons provenant de très vieux jeux (Mario, Sonic, Zelda, etc.).

Toute édition d'un film de Edgar Wright, du moins ses deux derniers, sont bourrés de suppléments jusqu'aux oreilles. "Scott Pilgrim" est doté d'une multitude de bonus pertinents et amusants à la fois. Vous en aurez pour plusieurs heures à passer au travers de cette galerie. Il y a pas moins de quatre pistes de commentaires (Edgar Wright, Michael Bacall et Bryan Lee O'Malley - Edgar Wright et Bill Pope - Michael Cera, Jason Schwartzman, Mary Elizabeth Winstead, Ellen Wong et Brandon Routh - Anna Kendrick, Aubrey Plaza, Kieran Culkin et Mark Webber), des scènes coupées, des scènes alternes, des documentaires, des revuettes sur la pré-production, la promotion musicale et les effets visuels, des bandes-annonces, un profile de son pour cinéma, le court-métrage "Adult Swim: Scott Pilgrim contre l'animation", un Scott Pilgrim version télé, des extraits de blogues, des galeries de photos et une piste d'anecdotes.

J'ignore si vous êtes aussi fatigué de lire ceci que moi de l'écrire. Si vous en êtes rendu ici, vous savez ce qu'il vous reste à faire: vous procurer une copie de "Scott Pilgrim Vs. The World" et ainsi rejoindre ce groupe toujours grandissant de fans qui en font lentement un véritable phénomène culte tant sur support DVD et Blu-ray. Ce film obtient donc ma plus chaude recommandation possible.


Cotes

Film10
Présentation10
Suppléments10
Vidéo9
Audio10