Woodstock: 3 Days of Peace & Music [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Michael Wadleigh
Année: 1970
Classification: 14A
Durée: minutes
Ratio: 1.85:1 / 2.40:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (TrueHD51, DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Chinois, Danois, Hollandais, Finlandais, Allemand, Italien, Coréen, Norvégien, Polonais, Portugasi, Thaïlandais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50)
Code barres (CUP): 883929037698

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
4 juin 2009

Le festival de Woodstock qui se tint trois jours durant en août 1969 dans l'état de New York reste, à ce jour, l'événement musical et humain le plus important jamais tenu et certainement le plus emblématique de toute la génération "hippy". Souvent copié, jamais égalé, cet événement extraordinaire ou pratiquement toutes les têtes d'affiche de la musique psychédélique de l'époque performèrent et où des centaines de milliers - on vendit 186 000 billets, mais la foule totale fut évaluée à plus de 400 000 personnes, ce qui reste et restera toujours un vague estimé, car l'événement prit tellement d'ampleur après le premier soir que les clôtures délimitant le périmètre furent piétinées et on n'eut rapidement plus aucun contrôle sur le nombre d'arrivants - de personnes vinrent pour les écouter, mais aussi pour "tripper" collectivement donna lieu à un documentaire filmé simultanément qui est, lui aussi, tout aussi légendaire. Il remporta même l'Oscar du meilleur documentaire en 1970.

Avec le quarantième anniversaire de l'événement dans seulement quelques mois, Warner a, bien entendu, décidé de ressortir ce film dans une version revampée. C'est pourquoi dans cet ensemble appelé "Woodstock, Three Days of Peace and Music - Ultimate Collector's Edition" on retrouvera non seulement la version "Director's Cut" du film de Mike Wadleigh (près de quatre heures), mais un disque complet de suppléments ainsi que de nombreux artéfacts dont je reparlerai plus loin. Le tout présenté dans une superbe boîte rigide en suède imitant la veste hippy typique avec ses franges et son écusson cousu.

La version du film incluse ici est celle sortie en 1994 et comporte des performances inédites et des images jamais vues dans la version originale du film, dont la présence de Janis Joplin et celle de Canned Heat. L'expérience reste toujours aussi totale tant pour les habitués que pour les profanes. Dès les premières images montrant le terrain vierge sur lequel se tiendra cet événement, avec "Long Time Gone" de Crosby, Stills and Nash en accompagnement, on est complètement captifs devant ce qu'on sait être le prélude au plus gigantesque party jamais organisé dans l'histoire humaine récente. On voit les préparatifs - encadrement du périmètre, construction de la scène, traçage des chemins d'accès, etc. - , on discute avec les locaux - commerçants, shérif, quidams - et on recueille leurs premières impressions pré-festival et on assiste à quelques discussions entre les organisateurs. Puis Richie Havens arrive sur scène en grattant sa guitare dans son style unique et les festivités commencent...

Pour les heures suivantes, on est complètement captif non pas tant des performances musicales incroyables (la plupart en fait, mais ça dépend bien sur des goûts de chacun), mais de l'énergie et de la belle folie dont on se sent partie prenante même si des centaines de kilomètres et une quarantaine d'années nous en séparent. Tout au long du concert, diverses séquences - tantôt drôles, tantôt touchantes, tantôt dramatiques - nous font revivre l'atmosphère incroyable qui devait régner alors, en documentant les différents aspects d'une telle manifestation, que ce soit son infrastructure sanitaire, ses histoires de drogues ("ne prenez PAS l'acide brun, il est de mauvaise qualité...!"), son service de sécurité, ses complications logistiques et surtout la beauté de cette communauté qui s'affranchissait alors de bien des barrières morales, religieuses et politiques.

Au menu musical on retrouve dans l'ordre d'apparition à l'écran - ou aux écrans devrais-je dire le format multi-écran ("split screen" en anglais) étant à la mode à l'époque - "Richie Havens, Canned Heat, Joan Baez, The Who, Sha Na Na, Joe Cocker & the Grease Band, Country Joe & the Fish, Arlo Guthrie, Crosby, Stills & Nash, Ten Years After, Jefferson Airplane, John Sebastian, Country Joe McDonald (sans "The Fish"), Santana (dans une performance mémorable de "Soul Sacrifice" qui les propulsa au sommet), Sly & the Family Stone, Janis Joplin et bien entendu l'incroyable et légendaire performance de Jimi Hendrix avec son hymne national américain, le "Star Spangled Banner", superbement détruit par le guitariste de génie.

Ce coffret comporte aussi un deuxième disque réunissant 18 chansons dans des performances inédites jusqu'à ce jour. La magie du Blu-ray nous permet même de faire un choix parmi ces chansons et de créer notre propre liste de lecture. Mais au-delà des nouvelles pièces, on retrouve aussi quelques groupes qui étaient présents au festival, mais dont les performances ne furent pas incluses dans aucune version du film pour des raisons quelconques (de droits de suite, d'obligations contractuelles ou de gérance de ces groupes on imagine). C'est ainsi qu'on pourra pour la première fois apprécier la virtuosité du guitariste Leslie West et de son groupe de rock pesant "Mountain", le psychédélisme du "Grateful Dead", l'efficacité sudiste de "Creedence Clearwater Revival", les prouesses techniques de "Johnny Winter" et celles de l'harmoniciste "Paul Butterfield" et son "Blues Band". On aura de plus le choix de visionner d'autres chansons de "Joan Baez", "Country Joe McDonald", "Santana", "Canned Heat", "The Who", "Jefferson Airplane", "Joe Cocker" et les rock'n'rolleurs de Sha Na Na.

Ce deuxième disque de suppléments offre aussi une revuette, "Woodstock: from Festival to Feature", avec le réalisateur Michael Wadleigh et le producteur Dale Bell (ainsi que des entrevues avec d'autres intervenants montées en parallèle, comme celle du monteur du film Martin Scorcese ou des musiciens Grace Slick ou Alvin Lee, de l'ingénieur du son Eddie Kramer, ou de l'organisateur du festival Michael Lang!) discutant les aspects techniques du tournage comme le choix de caméra, des objectifs et la logistique des préparatifs et du tournage du film. On y apprend quelques trucs nouveaux, mais rien qui n'ait été largement documenté auparavant comme le fait que le film ne fut fait que par "la peau des fesses" contre la volonté des bonzes de Warner, mais qu'après coup c'est le succès incroyable de ce même documentaire qui sauva le studio de la faillite!

Comme autres suppléments on a aussi une présentation du nouveau musée qui a ouvert ses portes en 2008 sur le site du concert, ainsi qu'une pléiade de souvenirs reproduisant certains items de l'époque comme des billets, des messages de paix et d'amour sur des cartes postales, un écusson autocollant avec le logo traditionnel du manche de guitare sur lequel s'est posée une colombe et un numéro spécial du magazine Life sur l'événement sorti en 1969. On a inclus de plus un bloc de plastique décoratif avec des photos de l'événement et un catalogue de produits, livres, disques et affiches de l'événement.

Au niveau vidéo, on a poussé au maximum les possibilités du Blu-ray avec une version améliorée et remastérisée du film. Ça reste tout de même un film qui a quarante ans et il est bien sûr que la qualité technique de l'époque n'est rien en comparaison des moyens modernes de captation. On a donc de nettes images granuleuses, aux contrastes forts, aux contours pas toujours bien définis, des couleurs parfois blêmes, et une netteté quelques fois douteuse. Les séquences de nuit sont particulièrement granuleuses et malgré le travail de restauration on aura toujours la sensation que c'est un vieux film. Heureusement, la copie utilisée pour le transfert est de très bonne qualité et on y a fait un beau travail de nettoyage et de restauration.

Pour l'audio, la musique variant en intensité et en décibels on s'en est très bien tiré avec une belle reproduction globale, une bonne plage de fréquences et avec un respect des contrastes. On perçoit, bien entendu, le manque de netteté dans l'enregistrement et l'amplification originaux, mais comme c'était une autre époque on ne s'en sortira pas... Le Dolby 5.1 apporte par contre une dimension nouvelle à ces vieilles chansons et ajoute certainement au plaisir de les découvrir ou de les réécouter pour la énième fois... le volume dans le tapis bien sûr!

Et comme quoi cette époque n'a pas changé le système autant que ses protagonistes en rêvait, le coffret DVD est coté R aux États-Unis (interdit aux moins de 17 ans) et 14 ans chez nos voisins Canadiens. Le tout à cause de références à la drogue, de certains jurons et de quelques corps nus entraperçus ici et là! Heureusement, on pourra se le procurer à tout âge au Québec, le film étant ici côté Général. Ça va prendre une autre génération de hippies idéalistes et un autre Woodstock pour faire tomber ces vieilles pudibonderies!!! Peace Man...


Cotes

Film9
Présentation10
Suppléments9
Vidéo8
Audio8