Cairo Time
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Ruba Nadda
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 90 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 629159040974

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 janvier 2010

Quelques années après son séduisant Sabah, la réalisatrice Ruba Nadda touche à nouveau aux différences culturelles à travers sa très jolie romance "Cairo Time". Vite, un billet vers l'Égypte et tout de suite!

Juliette (Patricia Clarkson) va rejoindre son mari au Caire. Malheureusement pour elle, il est retenu par sa mission des Nations Unies à Gaza. Il a toutefois dépêché son ami Tareq (Alexander Siddig) pour lui montrer les lieux. Au fil des rencontres, un sentiment profond unira cet homme et cette femme qui ne veulent vraiment pas faire de mal à personne.

La belle histoire d'amour pour adultes est rare. Pourtant, parfois, elle arrive sans crier gare. C'est le cas de ce long-métrage, qui évoque à la fois In the Mood For Love de Wong Kar-wai, Bridges Of Madison County de Clint Eastwood et Je ne suis pas là pour être aimé de Stéphane Brizé. Rien de trop sucré ni de trop mielleux. Que des beaux sentiments, honnêtes, portés par deux comédiens à la chimie qui fonctionne à plein régime. Devant un Alexander Sidding serviable émane une Patricia Clarkson toujours aussi sobre et séduisante.

La mise en scène de Nadda ne casse peut-être rien et elle ne réinvente certainement pas cette prémisse où la raison combat sans cesse les sentiments. Sauf qu'elle le fait avec classe et retenue. En plus de s'intéresser aux sentiments amoureux, la cinéaste aborde par la bande le fossé entre les États-Unis et l'Égypte, traitant avec intelligence des mœurs et des coutumes sans jouer la carte du film à thèmes ou à thèses. Cela amène une profondeur au récit, l'éloignant du même coup de la simple production léchée digne d'une carte postale.

La très jolie photographie de Luc Montpellier donne suffisamment de latitude aux images pour qu'elles séduisent par leurs teintes multiples, leurs couleurs fidèles et leurs agréables définitions des contours. Sans doute que du grain peut apparaître à quelques endroits, mais ce défaut mineur s'oublie assez rapidement, surtout face à ces contrastes relativement homogènes. La musique alterne les compositions traditionnelles et les tubes universels en s'effaçant devant un superbe leitmotiv de piano mélodique d'où émane un parfum de mélancolie. Les pistes sonores francophones et anglophones en Dolby Digital 2.0 utilisent timidement les enceintes. Ce n'est pas catastrophique, l'intérêt réside dans les mots, les dialogues... et les silences. Le tout s'entend parfaitement et la traduction dans la langue de Molière demeure recommandable. Dommage qu'il est pratiquement impossible d'enlever les sous-titres qui défilent directement à l'écran.

L'agréable pochette à l'effigie des deux protagonistes est baignée par la noirceur, la lumière, des pyramides et un lever de soleil. Une fois l'insertion du disque, il faudra affronter une publicité sur l'Égypte, quelques bandes-annonces variées et un espace publicitaire de voitures qu'il est impossible d'éviter. Apparaît enfin le menu principal du DVD, qui regroupe un montage de scènes sur une mélodie sympathique. En guise de suppléments, il y a un court documentaire de moins de huit minutes sur le tournage qui permet à la réalisatrice d'expliquer sa passion pour le Caire, le choix des acteurs et les inspirations diverses. Il y a également une éclairante piste de commentaires narrée par Nadda et Montpellier qui abordent tour à tour les pistes explorées et le rôle de la lumière, passant du général au particulier sans trop déstabiliser.

"Cairo Time" est un agréable petit film, séduisant et éloquent, qui fait beaucoup de bien, notamment à la vue (par les paysages grandioses), à l'ouïe (quelle belle trame sonore!) et au for intérieur qui n'est plus habitué de voir une histoire d'amour traitée avec autant d'intelligence et de savoir-faire. Rien de majeur ou d'inoubliable, mais 90 minutes exotiques qui rappellent que les flèches de Cupidon n'arrivent pas toujours au meilleur moment.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments4
Vidéo7
Audio6