Charlie Bartlett
Equinoxe Films / Universal / Sidney Kimmel Entertainment

Réalisateur: Jon Poll
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
14 août 2008

Les films d'adolescents ne se limitent plus à des grosses farces vulgaires et insignifiantes à la Superbad, Knocked Up et autres Drillbit Taylor. Récemment, Juno arrivait à rejoindre tous les publics avec cette fille qui vivait une grossesse non désirée. Sans être aussi éclatant, "Charlie Bartlett" sort en DVD en mélangeant habilement la comédie et le drame. De quoi se réconcilier avec un genre qui a vécu beaucoup trop d'American Pie.

Charlie Barlett (Anton Yelchin) rêve d'être populaire. Cet adolescent de 17 ans qui vit au sein d'une famille riche doit pourtant encore changer d'école, car il a été expulsé pour une énième fois. Il passe dorénavant du privé au public, une transition pas toujours évidente pour un jeune homme hyperactif qui aime bien s'habiller. Entre l'indifférence de la masse étudiante et des échafaudages avec les brutes du coin, le nouveau venu découvre les moyens pour être adulé de tous. Pour y parvenir, il doit toutefois se heurter aux méthodes pas toujours catholiques du directeur Gardner (Robert Downey Jr.).

Monteur pour des projets variés (Meet the Parents, Scary Movie 3), Jon Poll a décidé de prendre le taureau par les cornes et de se lancer à la réalisation. Pour y parvenir, il a ressassé ses préférences d'adolescence, se retournant sans doute vers ses maîtres à penser John Hugues et Howard Deutch. C'est que ce "Charlie Bartlett" aurait presque pu être tourné dans les années 1980 tant que son charme désuet opère. Il n'y a ici pas de vulgarité et très peu de gros mots. Les gens ne pensent pas seulement à se saouler ou à copuler, mais ils ont de vrais problèmes. Ce qui aurait pu être une simple farce superficielle se transforme assez rapidement en réflexion (légère, mais néanmoins présente) sur l'abandon, la solitude et le désir de partir.

Ces éléments plus graves ne font pourtant jamais oublier que le long-métrage est une œuvre comique qui fait souvent beaucoup rire. Un peu à la façon de Ferris Bueller's Day Off, les évènements réalistes se font parfois transcender par quelques touches plus surréalistes, comme ces personnages qui deviennent subitement névrosés et ces séquences usuelles qui se transforment en vrai ballet de gags. De quoi sourire du début jusqu'à la fin, surtout devant la fraîcheur des interprètes. Très rapidement, Anton Yelchin (la série Huff, Hearts in Atlantis) vole la vedette en adolescent dévergondé qui se fait passer pour le psychologue de l'école. Le jeu appuyé est généralement juste et son duo avec le plus terre-à-terre Robert Downey Jr donne au film ses moments les plus irrésistibles.

La musique variée va du piano au jazz en laissant une grande marge de manœuvre aux airs rock et populaires. Les pistes sonores anglophones et francophones sont en Dolby Digital 5.1 et elles sont suffisamment animées (d'écho de voix, d'applaudissements, de sonnettes, de chansons diverses) pour attirer l'attention. À tel point qu'elles prennent parfois le dessus des voix qui s'avèrent parfois un peu faibles. La traduction dans la langue de Molière est cependant convenable, ce qui ne rachète toutefois pas l'absence de sous-titre. Les images plus précises qu'éclatantes donnent des teintes un peu rugueuses et des couleurs qui manquent de tonus. Les contrastes sont cependant convaincants, tout comme la définition des contours. De quoi se plonger dans l'histoire... jusqu'au temps où l'abondance de blocage se fait ressentir.

L'intrigante pochette représente une multitude de photographies découpées des protagonistes. Le menu principal du DVD reprend cette idée en faisant bouger les icônes. La mélodie qui y joue agrémente la navigation sans surprendre outre mesure. Étrangement, même si ce film a rencontré un succès enviable, aucun supplément n'est de la partie. Cela sent la sortie d'une édition spéciale au cours des prochains mois.

Bénéficiant d'une réalisation vivante (quoiqu'un peu conventionnelle), d'un choix musical intéressant et de différents quiproquos qui ne relâchent pratiquement jamais la tension au sein de ces 97 minutes (hormis peut-être la finale où les bons sentiments et les morales prennent le dessus), "Charlie Bartlett" réinstaure avec douceur et souplesse un genre qui semblait terni à jamais. Sans sortir des sentiers battus comme l'hilarant et imbattable Rushmore, le premier essai de Jon Poll se veut suffisamment attrayant et il mérite l'attention grâce au jeu plus grand que nature d'Anton Yelchin. Un pas dans la bonne direction.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments-
Vidéo7
Audio7