Cirque du Soleil: La Nouba
DEP / Cirque du Soleil Images

Réalisateur: David Mallet
Année: 2003
Classification: G (QC)
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Musique (DD51)
Sous-titres: Français, Anglais, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres: 13
Nombre de disques: 2 (DVD-9 + DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
5 mars 2006

Lorsque nous pensons au cirque, nous avons immédiatement en tête les lions et les éléphants... jusqu'à ce que le Québec se mette le nez dedans. En 1984, Guy Laliberté et Daniel Gauthier fondèrent un cirque où les artistes vedettes sont uniquement des acrobates accompagnés d'une thématique spéciale et d'une musique d'autant merveilleuse qui ne ressemble en rien à celles des cirques traditionnels. Le cirque se retrouve en tournée autour du monde avec des spectacles tels que Saltimbanco, Alegria, Quidam, Dralion, Varekai et tout dernièrement Corteo, le tout sous chapiteau, ainsi qu'à des endroits permanents tels qu'à Las Vegas avec Mystère, Ô, Zumanity et et maintenant à Orlando avec "La Nouba". Deux nouveaux spectacles permanents sont prévus, l'un à Las Vegas en 2006 nommé The Boys (sur le thème des Beatles) et l'autre à Disneyland Tokyo en 2008. Il ne faut pas oublier de citer les deux séries télévisées Solstrom et Sans Filet.

Aujourd'hui je vous entretiens du spectacle permanent "La Nouba" qui vient de prendre l'affiche sur DVD. Présenté à Orlando en Floride au théâtre du Cirque du Soleil à Walt Disney World, il revient à son point d'origine pour quelque peu nous inciter d'aller le voir en vrai ou tout simplement en profiter si cela ne nous est pas possible. Pour être honnête, c'est le premier spectacle du cirque du Soleil que je vois au complet depuis sa création et j'ai été fortement impressionné. Selon le site web du cirque, "La Nouba" se veut un défi au banal et au monochrome, à l'ordinaire et au routinier dans un environnement moderne, urbain, en jonction avec le monde des rêves d'enfants. Je dirais facilement que leur but est atteint!

Le spectacle commence comme un cauchemar, entre la fantaisie et la réalité. Une femme de ménage est effrayée de tout ce qui se passe dans la noirceur urbaine, mais rapidement le tout tourne au rêve et son imagination se remplit d'émerveillement. À travers de numéros qui partent du simple vers l'impressionnant, voire l'impossible, quelques personnages animent les rêves. Il y a les "Cons", quatre pierrots espiègles, vêtus de blanc, habitant l'urbanisme du spectacle, gesticulant leurs commentaires sur l'action qui se déroule dans leur paysage. L'un d'entre eux est plus clown que les autres et ajoute énormément à la comédie. Un autre pierrot s'éprend d'une ballerine et ajoute le cachet histoire d'amour et passion à l'univers. Il y a ensuite ce titan, un homme fort au dos courbé qui fait bien peur, mais vous surprendra lors du numéro de trampoline. Un oiseau coloré et maladroit est prisonnier de l'univers urbain, comme les quatre pierrots, perd des plumes tout le long du spectacle alors qu'il est inquiet pour le sort des acrobates. Il va faire une crise cardiaque à un moment donné!

La musique, cette fois-ci, tire ses influences du hip-hop, sous un air quelquefois tragique, d'autre fois très dynamique. Le compositeur Benoît Jutras a su puiser dans les demandes de ses patrons afin de créer une atmosphère à mi-chemin entre la musique classique et la musique électronique. J'ai spécialement aimé la pièce nommée "Jardin Chinois" qui accompagne l'intrigant numéro de diabolo. Comment ces petites asiatiques réussissent à en faire autant alors que la plupart des gens ont du mal à faire tenir la roue sur la corde! Le court numéro de funambule est également hallucinant. Les artistes du fil de fer, formés de deux Russes et un Américain, font un renversé arrière et des équilibres sur la tête que je n'ai jamais vus ailleurs. Le numéro de roue allemande est aussi parmi mes préférés et les costumes de ces deux artistes sont bien intéressants. La séance de trampoline offre un flot d'action synchrone avec beaucoup de sauteurs et un "édifice" qui ajoute un autre niveau de complexité. J'ai un petit peu moins aimé les numéros de vélos, de cadre aérien, de "ballet de soie" et de "grands volants" et la passion entre la femme de ménage et le prince crapaud m'a laissé bien froid. Les numéros d'équilibre sur chaise et les numéros de clown étaient bien corrects. En somme, "La Nouba" offre un spectacle bien équilibré.

Le DVD se présente avec une qualité audiovisuelle très haut de gamme. La performance de la compression est telle que même la projection sur grand écran ne laisse paraître aucun artéfact nuisible. La capture même du spectacle est un chef-d'oeuvre. Des angles de vue uniques ont été ajoutés spécialement pour le DVD, tournés évidemment sans le public. Durant le spectacle, le réalisateur a tout mis en oeuvre pour qu'aucune caméra ne soit visible. Une seule instance impossible à éviter nous montre une des quatorze caméras numériques qui ont capturé toute la gloire de "La Nouba". L'audio est à tous points parfait... parfait pour reproduire la musique originale de Benoît Jutras. Le menu des deux DVD reprend quelques personnages et quelques numéros, le tout très bien animé d'un bout à l'autre. Un menu exemplaire.

Un second disque accompagne le spectacle, celui-ci rempli de suppléments. Malheureusement, tout est en anglais et il n'y a pas de sous-titres malgré que l'on nous offre un choix de langue. Dommage pour un cirque québécois. Il y a tout d'abord de très intéressantes interviews avec quelques artistes, dont les Cons, et avec Chantal Tremblay qui est la directrice artistique du spectacle. Ensuite, il y a d'autres interviews avec les musiciens, quelques-unes en français. Une galerie de photos en défilé et des bandes-annonces des DVD du cirque disponibles chez DEP complètent la liste des suppléments. Cela me donne maintenant envie de voir les autres spectacles du cirque sur DVD!


Cotes

Film8
Présentation9
Suppléments8
Vidéo10
Audio10