"Darby O'Gill and the Little People" est un film magique rempli de la couleur et de la sociabilité des gens de la verte Irlande. Nous pénétrons dans le monde étrange des farfadets, des lutins ou si vous préférez des gnomes. Le vieux Darby O'Gill (Albert Sharpe) est un drôle de débonnaire qui raconte à ses amis du pub, la fabuleuse histoire du roi Brian Connors (Jimmy O'Dea) qui n'est pas plus haut que trois pommes et de ses lutins malfaisants qu'il a rencontrés pour la première fois dans les mystérieuses ruines de Knocknasheega. Darby leur raconte que puisqu'il avait capturé le roi, ce dernier devait alors lui exaucer trois vœux. Mon premier vœu est que vous me donniez la santé, dit-il. Mon second, une belle récolte de pomme de terre et pour finir mon troisième vœu, je demande un chaudron rempli de pièces d'or. Mais le roi Brian est un petit espiègle, très futé. Après avoir fait mes trois vœux, il insista pour que j'en fasse un quatrième.... Ce que je fis, dit Darby! Puis, tous mes vœux disparurent un à un... puisqu'il ne faut jamais demander à ces petits êtres malicieux plus de trois souhaits.
Un peu plus tard, Darby apprend que dans deux semaines, il ne sera plus gardien du domaine et qu'il devra laisser la place au jeune Michael MacBride (Sean Connery). Toutefois, MacBride finira par tomber amoureux de la très jolie Katie (Janet Munro), la fille de Darby, grâce aux manigances de ce dernier et du roi Brian...
Tiré d'une histoire délectable de Herminie Templeton Kavanagh, ce film de Robert Stevenson sans être un chef-d'œuvre déborde de prouesse technique étonnante pour l'époque. Les trucages sont tellement ingénieux que l'on se demande si ces petits bonshommes de vingt et un pouces de hauteur n'existent pas réellement, surtout qu'au générique du début, il y a un texte insolite de Walt Disney qui se lit ainsi: Je remercie le roi Brian et ses lutins, dont l'aimable collaboration a rendu ce film possible.
La vedette principale, Albert Sharpe, est majestueuse dans la peau de Darby O'Gill. Voir ce vieil acteur jouer avec autant de désinvolture et dans des répliques aussi savoureuses, nous procure beaucoup de plaisir. Sean Connery, qui vient de fêter son soixante-quatorzième anniversaire de naissance le 25 août dernier, démontre ici énormément de potentiel dans son jeu, il joue avec vigueur et chante admirablement bien "My Pretty Irish Girl". Il est d'ailleurs cocasse de vous mentionner que Sean Connery fut choisi par le producteur Albert R. Broccoli pour interpréter le fameux James Bond dans "Dr. No", après que son épouse l'eut remarqué dans "Darby O'Gill and the Little People".
Le menu est très animé... Il est amusant de voir de petits farfadets apparaître, sauter et disparaître sur une musique très irlandaise. Au niveau des suppléments, il y a tout d'abord "Mr Connery Goes to Hollywood" où Sean Connery nous raconte ses souvenirs lors de la production de "Darby O'Gill and the Little People" et du plaisir d'avoir travaillé pour Walt Disney. Une multitude de photographies comble les commentaires et les anecdotes pendant le tournage de cette production.
Puis ensuite, "Little People, Big Effects" est un extraordinaire documentaire du comment furent tournées les scènes avec les petits lutins. Tout est très bien décortiqué et expliqué. L'information y est vaste et détaillée, et touche virtuellement à tous les aspects se rapportant à la création du film. L'ensemble est présenté de façon intelligente et rigoureuse, s'appuyant sur des entrevues, des segments de films ou des photos pour faire passer l'information.
Pour terminer, nous avons droit à une émission de "Walt Disney Presents", "I Captured The King of the Leprechauns". Ce segment en noir et blanc de plus de quarante-huit minutes, met en vedette nul autre que Walt Disney qui reçoit chez lui l'acteur américain Pat O'Brien pour nous parler de ses ancêtres et la légende des farfadets... Cette télédiffusion promotionnelle du film "Darby O'Gill and the Little People" nous rappelle le côté très éducatif de cette émission qui fit la joie des petits comme des grands à travers le monde, durant quatre décennies.
Il est par contre regrettable de constater l'absence totale de sous-titre en français à l'intérieur des suppléments ce qui peut représenter pour un consommateur francophone ne maîtrisant pas parfaitement la langue anglaise, un sérieux problème de compréhension.
L'image de cette édition DVD est absolument éblouissante. Disney nous offre un produit de très grande qualité, à la fois par l'interpositif utilisé que par le travail de numérisation du film. Bref, la définition générale est absolument remarquable. On est surpris de trouver un interpositif parfaitement nettoyé sur un film datant de 1959. La finesse des détails est impressionnante... Les couleurs sont saturées et riches. Le rendu de la peau des personnages garde toujours une apparence naturelle et les noirs sont parfaits. Le contraste est excellent, offrant une image toute en relief et est largement à la hauteur, évitant toutes surbrillances. Le rendu des parties sombres est excellent avec un rendu précis des dégradés.
Les deux bandes sonores proposent une dynamique et une profondeur fort correcte. La très sobre musique d'Oliver Wallace est bien intégrée au reste de la bande-son, sans jamais provoquer une quelconque perte d'intelligibilité. Tous les effets sont très bien restitués et la subtilité de leur rendu est tout à l'honneur de cette bande-son. Les dialogues sont en permanence parfaitement compréhensibles et ne présentent jamais la moindre trace de saturation ou de parasites que ce soit en français ou en anglais. Il va sans dire que ce long-métrage est plus savoureux à nos oreilles dans sa version originale anglaise avec l'accent irlandais fort coloré.
Voici une édition très réussie de "Darby O'Gill and the Little People", tant au niveau de l'image que du son. De plus, les suppléments sont plus qu'adéquats. Si les œuvres cinématographiques en DVD produisaient toujours des résultats de cette valeur, les cinéphiles en seraient ravis.
| Film | 6 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |