Dear Wendy
Sony Pictures Home Entertainment / TVA Films

Réalisateur: Thomas Vinterberg
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 101 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DDST), Français (DDST)
Sous-titres: Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
26 juin 2006

Dans les années passées, le réalisateur danois Lars Von Trier n'est jamais vraiment passé inaperçu dans l'univers mondial du cinéma. Chacun de ses films et de ses scénarios est une incursion différente dans un monde différent, mais jamais par hasard. Il fait partie de ces personnages intrigants qu'on aime ou qu'on déteste. Et même parfois, les deux en même temps selon l'œuvre proposée. Avec "Dear Wendy", Von Trier a une fois de plus écrit un scénario troublant et percutant qui a été mis en scène par un de ses compatriotes, Thomas Vinterberg, jusque-là plus cantonné dans des productions pour la télévision. Sous un titre presque à l'eau de rose, se cache en fait une escapade dérangeante dans les entrailles d'une jeunesse qui se cherche, dans un environnement vide et froid.

Les lieux ne sont pas sans rappeler un peu ceux de l'angoissant et mystérieux film, Dogville, de vrais décors en plus. Nous sommes à Estherslope, une pauvre ville minière américaine quelconque dans une région sans importance. Dans une sorte de huis clos, le film se déroule dans deux endroits principalement: la place principale et une vieille mine abandonnée. Le tout débute par une voix de jeune homme qui semble nous lire à haute voix une lettre à une certaine Wendy, qui a toutes les allures d'un message d'amour à sa bien-aimée. Richard "Dick" (Jamie Bell) est le narrateur. Il vit avec son père, mineur, et une gouvernante noire, Clarabelle. Dick est un jeune homme seul, pacifiste et enfermé dans son monde. Il ne pourra jamais travailler à la mine, malgré plusieurs tentatives. À la mort de son père, il se retrouve encore plus prisonnier de lui-même. C'est alors qu'il découvre un objet qui va le fasciner: un petit pistolet à la crosse de nacre, parfait pour une bourse de femme. Et le pacifiste invétéré va tomber amoureux de cet objet. Il va même jusqu'à lui donner un nom: Wendy. Cette nouvelle présence dans sa vie va attirer l'attention d'autres jeunes de la place et ensemble, ils vont former les "Dandies", un groupe de fanatiques d'armes en costumes d'époque, mais toujours pacifistes. Mais ce qui ne devait être qu'une passade de jeunesse va se transformer en un drame aux limites de l'irréel et surtout de l'incompréhension, en passant irrémédiablement par une colère quand vient le moment de juger les bons et les méchants.

Avec ce film qui devrait en déranger plus d'un, l'équipe de production se défend de vouloir apporter sur le tapis le sujet tant décrié des armes à feu. Certes, il en est grandement question ici, mais il faut chercher plus loin le sens de l'histoire. D'ailleurs, la règle du "Dandy", c'est de ne jamais dégainer son arme, son bien le plus précieux. Pourtant, le quotidien prouvera qu'il ne faut jamais jurer de rien. Ici, on apprend rapidement à aimer ce groupe de jeunes, au demeurant bien sympathiques avec leurs problèmes de jeunes paumés dans une ville sans couleurs, sans vie et sans chaleur. L'issue, aussi malheureuse et violente soit-elle, pouvait-elle vraiment être évitée? Avons-nous là l'explication que toute vie est bâtie d'avance et que sa destinée ne peut pas vraiment être changée? Avec une technique de tournage qui semble hésiter entre le clip vidéo et le drame humain, le réalisateur sait capter notre attention pour que nous ne sombrions pas dans une histoire qui donnerait l'impression de s'éterniser. Quant aux jeunes acteurs, la plupart ont déjà su nous montrer un talent certain dans des œuvres pourtant plus légères. Outre Jamie Bell et Michael Angarano (Sky High, Will & Grace), je voudrais signaler l'excellente performance du jeune acteur noir Danso Gordon, dans le rôle de Sebastian. À noter que le film a entièrement été tourné en Allemagne et au Danemark.

Sony et TVA Films nous offrent une édition sans fioritures, avec un transfert vidéo de bonne qualité, qui nous maintient dans une ambiance où les couleurs se font timides et ternes, comme la vie de ces jeunes. Les bandes sonores sont aussi de très bonne qualité et même si une bande française est présente, on choisira de regarder le film en version originale, éventuellement avec les sous-titres français, également offerts, pour être encore plus dans l'atmosphère du long métrage. Les pages de menus sont statiques, mais sonorisées par l'excellente musique psychédélique, type années 70, du film. Il n'y a pas de supplément.

Tout comme avec Undertow et Chumbscrubber, c'est la présence de Jamie Bell qui m'a poussé vers ce film que je ne connaissais pas. Je n'ai pas vraiment cherché non plus à le connaître avant de le visionner, me laissant une certaine surprise, les deux films cités plus haut étant déjà très différents l'un de l'autre, je savais que je devais m'attendre à être certainement surpris. Comme je l'indique dans ma critique, la surprise fut en fait assez diversifiée et j'ai encore de la difficulté à me positionner quant à une opinion franche sur le contenu. Mais quoi qu'il en soit, on ne reste pas insensible. Un bon film à regarder dans des moments avec le moral plutôt haut.


Cotes

Film8
Présentation3
Suppléments-
Vidéo7
Audio7