Mafia, police et amitiés douteuses sont les ingrédients principaux de "Den of Lions", un banal film sorti directement sur DVD. Pauvre Bob Hoskins, il devrait arrêter de jouer dans n'importe quoi pour payer son loyer.
Mike Varga (Stephen Dorff) est un policier infiltré dans l'organisation du célèbre et puissant Darius Paskevic (Bob Hoskins). Pour être totalement digne de confiance, il doit entreprendre des actions douteuses, ce qui risque de décontenancer ses collègues. Entre ami et ennemi, la ligne peut facilement être franchie. Surtout lorsque la fille (Laura Fraser) du riche patron russe est aussi intelligente que séduisante. Écoutant ses pulsions plutôt que sa raison, Varga se retrouvera très rapidement entre deux feux et il ne pourra faire confiance à personne pour s'en sortir vivant.
Cette coproduction entre la Grande-Bretagne et la Hongrie ne risque pas d'étonner beaucoup de monde. De son introduction musclée (il faut mettre de l'action au début pour accrocher les amateurs du genre) à sa conclusion prédigérée hautement prévisible, la torpeur vient toujours à un doigt de s'abattre sur le spectateur. Pas que la réalisation académique de James Bruce ne soit pas professionnelle, mais c'est plutôt le scénario de Freddy Deane qui n'intéresse jamais. Le héros qui tombe pour la progéniture du patron est le cliché le plus éculé du film policier. Et puisque le déjà-vu est l'aspect le plus redondant de "Den of Lions", il ne faut pas se surprendre de penser à des œuvres supérieures lors de différentes scènes: à Donnie Brasco pour la taupe policière face à son mentor criminel, à Infernal Affairs pour les agents doubles des deux côtés des organisations et à Your Name is Justine de Franco de Pena pour cette femme forcée à se prostituer pour pouvoir changer de pays.
Le long-métrage ne risque toutefois pas d'endormir. Il faut tendre l'oreille ou hausser le son pour bien saisir les dialogues. Lorsqu'une explosion survient ou qu'un protagoniste hurle, c'est le sursaut assuré! Ce va-et-vient sur la télécommande n'est pas très agréable, mais c'est une façon de rester attentif. Au-delà de cette trame sonore sans personnalité et de cette musique agressive qui accompagne les séquences d'actions, les bruits ressortent bien. Les haut-parleurs situés sur les côtés sont utilisés judicieusement et il n'y a pas d'abus. La qualité de l'image est également très acceptable. Quelques taches peuvent apparaître ici et là (un saignement des couleurs, un peu de blocage), mais rien de majeur ou de récurrent. Les teintes souvent foncées sont belles. Au niveau des sous-titres, c'est une autre histoire. Ils sont très visibles, mais les quelques erreurs grammaticales à des moments chauds risquent de faire rire involontairement. C'est toutefois triste qu'aucun supplément ne soit présent. Cela aurait pu faire avaler cette pilule de l'indifférence qui reste encore et toujours dans la bouche.
Avec son abus de ralentis et son histoire invraisemblable, "Den of Lions" se laissera peut-être regarder pour ses interprètes. Stephen Dorff en caricature de Kiefer Shuterland n'est pas mauvais. Il joue seulement toujours sur la même intensité. Tout le contraire de Bob Hoskins qui berce dans la caricature et la mégalomanie pour interpréter un personnage nullement développé. Des trois mots qui se retrouvent sur la pochette pour décrire le film (Passion. Betrayal. Deception.), il faudra seulement retenir le dernier.
| Film | 4 |
| Présentation | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |