Les films mettant en vedette des enfants qui décident soudainement de s'occuper de leurs parents âgés sont de plus en plus nombreux. Il n'y a toutefois pas que de jolis longs-métrages comme La vie avec mon père et The Savages. Il y a également des productions plus ternes et superficielles qui portent le nom de "Diminished Capacity".
Il faut parfois écouter la vie lorsqu'elle gronde. C'est ce que fait Cooper (Matthew Broderick) contre son gré. Ralenti par une commotion cérébrale, le rédacteur en chef d'un journal de Chicago décide de revenir chez lui au Missouri pour renouer avec sa famille. Il retrouve les vertus "thérapeutiques" de son oncle sénile (Alan Alda) qui décide d'aller échanger une carte de baseball très populaire lors d'une importante convention. En compagnie d'une amie d'enfance (Virginia Madsen), Cooper décide de l'accompagner pour veiller sur lui.
Pour sa première réalisation, l'acteur Terry Kinney n'a pas voulu surprendre outre mesure par sa mise en scène. Au contraire, tout y est plutôt classique et terre-à-terre, centré sur le scénario et le léger humour qui en ressort. À partir d'une prémisse éprouvée, mais tout de même prometteuse (la famille déréglée et la maladie mentale), le cinéaste s'enfonce peu à peu dans le confort et l'indifférence. Les dialogues, si importants dans ce genre d'entreprise, laissent généralement de glace. Les situations attendues tâtent l'anecdote sans jamais arriver à creuser au sein des personnages. Surtout que la progression de l'intrigue débute sur des chapeaux de roue pour ensuite s'intéresser presque uniquement à cette foire de baseball, entre bons sentiments et scènes à la limite de la vraisemblance.
De quoi vouloir décrocher assez rapidement. Surtout que les individus présents pataugent généralement dans les stéréotypes. Aux premiers abords, Matthew Broderick évite ces pièges... pour mieux s'y complaire par la suite. Il est tout de même plus convaincant que Virginia Madsen qui ne sert absolument à rien et dont sa mère de famille monoparentale n'est qu'en attente constante d'un homme... La seule bonne raison de visionner ce long-métrage est sans doute pour la performance truculente d'Alan Alda, parfait en mouton noir au grand cœur qui se met aisément dans le pétrin. Sans lui, le récit serait encore plus ridicule et indolent.
Le choix musical peut surprendre. Les airs à la guitare sont doux, langoureux. Il y a même deux pièces du génial Sufjan Stevens, l'artiste chéri de... Chicago! Les pistes sonores sont efficaces, jouant avec les enceintes pour faire triompher les sons de lucioles, d'oiseaux et de grenouilles. Les voix s'entendent aisément et il y a de très visibles sous-titres jaunes en anglais. La traduction est cependant une des pires à avoir vu le jour depuis des lustres. Tout est raté, du débit aux intonations. Dès que le protagoniste affaibli ouvre la bouche, il ressemble à un attardé! Les images offrent de belles teintes foncées et des reflets tout à fait réalistes. Dans la noirceur de la nuit, le rendu se veut très agréable et recommandable. Lors de la journée, le grain se fait un peu trop ressentir, ce qui est tout de même bizarre pour un produit datant de 2008.
La pochette présente un poisson rouge, une machine à écrire et les trois principaux comédiens. Après quelques publicités variées, le menu principal du DVD s'ouvre sur un montage de scènes et une jolie mélodie de voyage. Il n'y a rien de très transcendant là-dedans. Il faudra toutefois s'y accommoder, car aucun supplément n'est de la partie pour offrir une valeur rajoutée à l'ensemble.
"Diminished Capacity" est un film horriblement ordinaire qui ne mérite pas nécessairement que le cinéphile investisse 90 minutes de sa vie pour le regarder. Malgré son sujet inspirant et le charme relatif de ses interprètes, le scénario tourne rapidement en rond, valorisant le rire facile et la mièvre valeur. Mieux vaut peut-être se contenter du livre de Sherwood Kiraly.
| Film | 4 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |