Poignant et douloureux documentaire québécois sur le métier le plus important sur Terre, "Ce cœur qui bat" déstabilise, fait pleurer et hante longtemps après son visionnement. Une œuvre importante pour le cinéphile qui n'a pas le cœur sensible.
Une caméra filme lentement et patiemment quelques médecins de l'hôpital Hôtel-Dieu de Montréal. Ils parlent avec leurs patients, tentant de les raisonner et de leur expliquer la marche à suivre. Ils en prennent soin, réalisant les opérations nécessaires pour assurer leur santé, physique comme psychologique.
Ce long-métrage est un pari audacieux. Une caméra tourne et c'est toute la misère humaine qui défile pendant 82 minutes. Il y a des gens blessés, des individus qui semblent perdus, des personnes dépendantes à l'alcool et d'autres qui aimeraient mourir. Rapidement le malaise s'installe et on a de plus en plus de mal à respirer dans ce climat claustrophobe. Très souvent le réalisateur Philippe Lesage semble verser dans le voyeurisme, mais il ne franchit jamais cette fine ligne. L'important n'est pas de montrer les images les plus spectaculaires et sensationnalistes, mais de souligner le courage du quotidien. Celui des médecins qui pratiquent le métier le plus vital de la planète, qui font l'impossible pour empêcher le bateau de couler.
Sans narration ni véritable ligne conductrice pour diriger le regard, l'essai plus vrai que nature est un hymne à l'existence. C'est parfois lourd, les ombres tendent à maîtriser la lumière, mais un semblant d'espoir filtre à l'horizon. La répulsion du début se transforme rapidement en fascination, surtout lorsque l'émotion tend à apparaître, amenant avec elle son lot de larmes. De quoi en sortir profondément bouleversé.
Un peu de musique classique vient souligner quelques passages délicats. Le reste du temps, la piste sonore francophone se contente de rendre le plus audible possible les dialogues et les longs moments de silence. Les images sont claires, précises, plus que potables. Les couleurs sont justes, les contrastes dans le ton et la présence de grain rend presque le tout encore plus véridique.
La belle pochette rouge montre un visage qui semble dormir pour l'éternité. Le menu principal du DVD réutilise ce concept, statique et sans musique. Deux disques sont insérés dans le boîtier. Le premier comporte la version originale francophone, alors que la seconde est ornée du même montage, mais cette fois avec de très visibles sous-titres anglophones blancs. Peut-être que le tout aurait pu figurer sur un seul DVD, ce qui aurait été plus simple. Peu importe le disque, il n'y a aucun supplément de disponible.
Il faudra être disposé et averti avant de plonger dans la noirceur de "Ce cœur qui bat" qui entraîne le spectateur dans les bas-fonds de la souffrance humaine. L'odyssée en vaut cependant la chandelle, car il sera impossible d'en ressortir sans être le moindrement transformé. Un opus unique en son genre qu'il faudrait voir au moins une fois dans sa vie, que ce soit aujourd'hui ou dans dix ans.
| Film | 8 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |