Pour tous ceux qui ont la moindre petite fibre écologique ou préoccupation face à l'environnement, le documentaire qu'a co-réalisé Richard Desjardins est tout simplement un incontournable. J'avais entendu parler de ce fameux documentaire-choc condamnant la gestion de notre patrimoine forestier, mais ce n'était pas aussi choquant que de voir par soi-même ce qui semble se dérouler dans notre forêt boréale.
À l'aide d'images troublantes de zones de coupes à blanc, d'extraits d'entrevues avec des intervenants concernés par l'avenir de nos forêts et d'autres extraits avec d'autres intervenants de l'industrie et du gouvernement, Desjardins réussit à passer son message. En effet, nous constatons bouche bée la rapacité des industries forestières qui ne semblent avoir que des intérêts monétaires à court terme sans vision d'avenir pour nos forêts. Le gouvernement, qui profite pour l'instant des retombées économiques liées aux dizaines de milliers d'emplois, semble lui se complaire et se rassurer par des plans de régénération de la ressource dont l'efficacité à long terme reste à démontrer et par des prévisions informatiques de production sur les prochaines cent années et plus (!!!) qui paraissent anormalement optimistes. Tout cela pendant que l'argent des contribuables finance à grands coûts les efforts de régénération pendant que les territoires publics (qui nous appartiennent) sont siphonnés sans considération. Il faut voir la gueule que des finissants en foresterie font en voyant des images tournées par l'équipe de Desjardins!
Ce documentaire de 1999, qui a secoué la province, a eu le mérite de faire bouger le gouvernement qui semble avoir depuis pris en plus grande considération l'avenir de nos forêts avant qu'elles ne soient plus exploitables. Malheureusement, pour rendre le DVD d'une qualité encore supérieure, il nous manque un court documentaire qui aurait pu nous illustrer où en sont les choses depuis le début du 21e siècle, pouvons-nous encore espérer préserver l'exploitabilité de nos forêts de conifères.
Nous avons aussi la chance de pouvoir regarder un deuxième film, plus récent, dont le sujet est la vie des reboiseurs, ces jeunes qui partent dans le nord de la province pour quelques mois l'été pour planter des conifères et accélérer le renouvellement de ces forêts qui sans ces plantations auraient à passer par des cycles naturels durant des décennies avec d'autres essences d'arbres avant de voir repousser les "payants" conifères. On les accompagne dans leur boulot, leurs chambres, leurs quelques congés et ils nous passent leur réflexion sur les raisons qui les ont poussés à faire ce travail et l'effet que ce travail a sur eux.
Je dois dire, lorsque nous voyons ce que ce genre de travail exige, nous devenons très humbles et un peu gênés des fois où nous avons pu nous plaindre des conditions des emplois que nous avons occupés dans notre jeunesse. Ces jeunes-là deviennent endurcis par ce travail plutôt abrutissant, c'est assez impressionnant! Ce qui est moins impressionnant, malheureusement, c'est le médiocre niveau de langage de ces jeunes et leur taux effarant de tabagisme!!! Sans être aussi mordant que l'"Erreur boréale", "Deux mille fois par jour" nous montre de façon intimiste une réalité qui était pour moi tout à fait inconnue auparavant.
La qualité visuelle des deux documentaires est très satisfaisante. L'image est très claire, les couleurs bien définies, je n'ai pas vraiment vu de signes de détérioration, cela m'a laissé l'impression d'une qualité supérieure à ce que j'aurais pu voir à la télé. Du côté audio, l'"Erreur boréale" s'écoute bien, sans problème particulier, mais pas d'effets, de bruitage ou de musique vraiment mémorables à noter. "Deux mille fois par jour" se distingue d'abord par son utilisation de plusieurs extraits musicaux plutôt rock qui donnent de l'ambiance au documentaire. On note aussi un peu d'ambiophonie, ce qui m'a surpris pour un documentaire. Toutefois, il est souvent arrivé que je joue avec le niveau de volume, car les jeunes sont parfois difficiles à comprendre, soit parce que la prise de son semble un peu trop éloignée, ou bien qu'ils parlent peu fort, presque marmonnent par moment.
Le seul extra consiste en un drôle de court métrage animé, "Mouches noires", qui sur les airs d'une chanson traditionnelle, nous montre la voracité de ces bestioles envers les travailleurs du nord. Le menu est d'une belle qualité avec un défilement de scènes de film sur la page de chacun des documentaires avec un fond musical relaxant et le choix des scènes se fait sur des sélections animées. Encore une fois, un autre élément de bonne qualité pour un DVD de documentaires.
Une très bonne acquisition pour les gens qui s'intéressent à l'avenir de l'environnement, et un visionnement presque incontournable pour les autres.
| Film | 8/7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 2 |
| Vidéo | 8/8 |
| Audio | 6/7 |