Mongrel Media, Métropole Films Distribution et Revolver Entertainment nous offrent un documentaire qui ouvre les horizons en faisant pénétrer le spectateur dans le monde secret des graffiteurs, pochoiristes et autres artistes de la rue. Le fait que le film soit réalisé par Banksy, célèbre artiste de ce milieu qui propose une remise en question de la notion d'art à travers certaines œuvres, laisse supposer que documentaire pourrait être une simple blague qui ne ferait qu'appuyer sa façon de penser. Mensonge ou pas, "Exit Through the Gift Shop" reste une expérience époustouflante suite à laquelle on se sent complice des artistes de l'art de la rue, une forme d'expression qui est vue, par les autorités, comme une nuisance, mais qui peut embellir les villes et même faire passer des messages de paix ou de dénonciation.
Le documentaire relate du parcours de Thierry Guetta. Au tout départ, le sympathique français vendait des fringues vintage. Un jour, il a reçu une caméra vidéo dont il ne s'est plus jamais séparé. Celle-ci était comme un troisième œil. Il entreposait donc des centaines de cassettes sans les revisionner, satisfait par le fait seul d'avoir capturé des tranches de vie. Une certaine surprise constitue un tournant dans sa vie: son cousin est l'artiste Invader, une figure célèbre de l'art urbain. Partout à travers le monde, il colle de petites mosaïques à l'effigie des personnages du jeu Space Invaders (ou d'autres jeux vidéos des années 70-80) à des endroits inusités (sur une patte de la tour Eiffel, sur le D d'Hollywood ou au Musée du Louvre) et dans d'autres lieux beaucoup plus simples (sur un mur d'immeuble). Fasciné, Thierry commence à filmer son cousin, qui lui présente d'autres artistes comme Monsieur André et Zevs. Il se fait un nom au sein de la communauté des artistes de la rue en tant que vidéaste qui immortalise le moment pendant lequel ils pratiquent leur art, étant donné que les œuvres sont souvent éphémères. Il filme donc plusieurs artistes, dont Shepard Fairey (jeune génie derrière Obey), Swoon et Borf, avec l'intention de créer un documentaire.
Un seul artiste file entre ses doigts, c'est-à-dire Banksy, artiste légendaire et anonyme de ce milieu, jusqu'au jour où, grâce à Fairey, il devient le guide de Banksy à travers L.A. Les deux hommes se lient d'amitié et Thierry suit Banksy lorsqu'il revient en Angleterre pour le filmer. À son retour à L.A., voulant se désennuyer après tant d'aventure, Thierry commence à faire son propre art dans les rues. Réalisant que Thierry n'a pas de don de cinéaste après qu'il lui ait présenté un montage fait à partir de ses images, Banksy lui propose de s'occuper de la réalisation d'un film (qui sera "Exit Through the Gift Shop"!) et de faire sa propre exposition. C'est ainsi que Thierry Guetta devient Mr. Brainwash. Il loue un ancien studio désaffecté de CBS pour y préparer sa première exposition, "Life is Beautiful", à l'aide d'une gigantesque équipe de travail, épreuve qui ne sera pas sans embûches!
Simple et moderne, le menu du DVD est bien navigable. La qualité vidéo varie, naturellement, puisque plusieurs extraits de film tournés par Thierry sont présentés. La qualité audio, dans l'ensemble, n'est pas extraordinaire étant donné qu'on n'a pas enregistré le son avec du matériel à la fine pointe de la technologie. Les dialogues sont audibles, supportés par des sous-titres lorsqu'ils le sont moins.
Quelques cadeaux se trouvent à l'intérieur du coffret cartonné: des collants (édition limitée) et une carte postale d'une œuvre de Banksy. Les suppléments sont amusants. Pour encore plus de lavage de cerveau, les scènes supprimées montrent, par exemple, Thierry qui se fait prendre par la police alors qu'il filme ses copains vandales et d'autres scènes de la préparation de son exposition. On a aussi la chance (si on peut employer ce terme) de voir le premier film que Thierry avait présenté à Banksy, "Life in Remote Control", qui durait au départ 90 minutes, mais qu'on a coupé à 14 minutes étant donné son insupportabilité. Un autre supplément montre une exposition de Thierry au centre de Londres, et finalement, un petit film à propos de la carrière de Banksy.
Ainsi sont merveilleusement dépeintes, par Banksy, dont le visage n'est toutefois jamais révélé et dont la voix est distortionnée afin de préserver son anonymat, les aventures de Thierry Guetta, parfois touchantes, drôles et pimentées de suspense.
| Film | 10 |
| Présentation | 10 |
| Suppléments | 10 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |