Gonzo: Life and Work of Dr. Hunter S. Thumpson
Mongrel Media

Réalisateur: Alex Gibney
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 118 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20)
Sous-titres: Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
21 novembre 2008

Bien que ce soit normal que les acteurs, les chanteurs ou même les politiciens atteignent un niveau de popularité tel que leur vie privée en est bouleversée à jamais, on ne peut pas dire que ce soit le cas pour la majorité des métiers comme celui de journaliste. Or Hunter S. Thompson est peut-être la seule exception à cette règle. Adulé d'un certain public, admiré par toute une génération anti-conformiste pour ses prises de position extrêmes et son franc-parler, signant autant d'autographes que les candidats qu'il suivait lors de ses reportages politiques des années 70, et inspiration pour un personnage de bande dessinée et pour deux long-métrages hollywoodiens (Where the Buffalo Roam avec Bill Murray et le plus récent Fear & Loathing in Las Vegas de Terrry Gilliam avec Johnny Depp), cet hurluberlu extrêmement intelligent aura connu une période de gloire éphémère, mais une renommée durable.

Le documentaire qu'on lui consacre, trois ans seulement après son suicide, met à jour la carrière et les excès de cet homme qui a bouleversé la façon de faire du journalisme aux États-Unis. Inventeur du style de journalisme Gonzo (d'où le titre du film "Gonzo: the Life and Work of Dr. Hunter S. Thompson") où l'objectivité supposée de l'écrivain laissait la place à une prise de position sans équivoque, une présence importante de l'auteur dans son article et à des exagérations flagrantes des faits dans le seul but d'améliorer le récit et de pimenter l'histoire, Thompson est devenu avec le temps prisonnier de son image.

Le film d'Alex Gibney se penche donc sur la vie et l'importance des écrits de cet iconoclaste qui se présenta même comme député shérif dans la ville d'Aspen au Colorado, avec pour programme politique principal la légalisation et la gratuité des drogues! Éternel consommateur de plaisirs licites et illicites (allant du Wild Turkey aux Marguaritas en passant par l'acide ou les amphétamines et les armes à feu et les femmes), cet homme brillant tenta de réveiller la masse de l'Amérique profonde sur des sujets importants comme la politique, la guerre ou l'abrutissement par le sport. Connu pour ses reportages parus dans Rolling Stone ou autres journaux et magazines de la contre-culture (qui étaient ensuite réunis sous forme de manuscrits) l'approche personnelle, hallucinée et extrêmement crue de son style ne plaisait pas à tout le monde. Certains affirment par contre que c'est ses articles populaires qui aidèrent à porter le Démocrate Jimmy Carter au pouvoir en 1974.

Amalgame incroyable de témoignages poignants, de narrations d'extraits de ses œuvres (par Johnny Depp), de films ou de vidéo de famille de Thompson, de reportages télévisuels sur le personnage, d'extraits de ses enregistrements audio, de photos et de dessins de son ami Ralph Steadman, le film "Gonzo: the Life and Work of Dr. Hunter S. Thompson" est un voyage fantastique dans l'univers éclaté, mais cohérent d'un des plus grands critiques de "l'American Dream" que le vingtième siècle aura connu. Ce portrait personnel nous permet aussi de passer par dessus les clichés reliés au personnage et d'approfondir sa pensée critique et de valider l'importance de son testament littéraire. Et puis de voir Hunter Thompson discuter son monument funéraire et le déroulement de ses funérailles avec des amis, pour ensuite le vivre "live" dans toute sa folie et ses excès (gracieuseté de son ami et admirateur Johnny Depp), vaut à lui seul le visionnement.

Au niveau de la qualité audiovisuelle, l'origine des extraits d'archives affecte grandement le résultat. Même si la plupart des entrevues contemporaines sont impeccables avec leurs couleurs précises et leur son bien enrobé, le tout souffre tout de même du nombre incroyable d'archives de qualité moindre utilisées pour le film. Allant d'extraits 8mm à des bandes-vidéo amateurs en passant par des clips télévisuels de l'époque, ces documents, bien qu'essentiels au niveau du contenu, affaiblissent grandement la qualité audiovisuelle du long-métrage. Les extraits audio tirés de ses cassettes souffrent particulièrement d'un manque de profondeur et de bruits de fond dérangeants.

En suppléments, on retrouve une série de scènes coupées au montage, un nombre d'entrevues bonifiées, de nombreuses galeries de photo et de dessins de Ralph Steadman, une liste dactylographiée des fusils de Thompson, une chanson composée par Tift Merritt, une musicienne admiratrice, deux extraits audio de cassettes "Gonzo" du journaliste et une pléiade de publicités de produits dérivés tirés du documentaire comme un coffret CD de ses enregistrements et des livres inspirés par ses écrits.


Cotes

Film8
Présentation8
Suppléments9
Vidéo7
Audio7