Hell on Wheels
First Run Features

Réalisateurs: Pepe Danquart, Werner Schweizer
Année: 2004
Classification: NR
Durée: 123 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Allemand (DDST)
Sous-titres: Anglais (brûlés dans l'image)
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
Avec l'aide de Serge Bédard, cycliste amateur et grand fervent du Tour de France.
5 décembre 2005

Le Tour de France est l'épreuve sportive certainement la plus connue dans le monde et considérée par la plupart des intervenants comme la première en reconnaissance, car se déroulant toujours au même endroit, de la même façon et surtout avec une logistique, de nos jours, très impressionnante: gérer un ensemble de plusieurs milliers de techniciens, journalistes et sportifs qui va de ville en ville chaque jour pendant près de quatre semaines. Même la Formule 1 et ses camions semble une sortie dominicale. Les communications ont bien changé au fil des ans. Aujourd'hui, on ne compte plus les cellulaires, ordinateurs portables et surtout hélicoptères. La technique y est tellement intégrée que certains coureurs sont en communication avec leur directeur de course pendant l'épreuve. Impressionnant.

Le réalisateur, Pepe Danquart, déjà lauréat d'un Oscar, a choisi de nous montrer au travers de ce documentaire, tourné à l'occasion du Tour de France 2003, qui marquait également le centième anniversaire de ce prestigieux événement, les souffrances et les joies qui sont le quotidien des participants, ici principalement l'équipe allemande "Team Telekom" et de sa vedette principale, le cycliste Erik Zabel.

La technique de prise de vue est un mélange de reportage sportif et de créativité artistique, utilisant parfois quelques images provenant des émissions sportives lors des retransmissions. Certains sujets utilisent aussi des images anciennes, des premiers tours des années 10 ou 20 en noir et blanc et des tours plus récents, des années 50 ou 60. Même une personne qui n'a aucun plaisir sportif et encore moins cycliste devrait aimer visionner ce documentaire qui sait alterner de façon intelligente les rapports humains, les scènes de pure action cycliste et les images bucoliques (et très belles) de l'arrière-pays français. Les plus curieux y apprendront aussi pourquoi les cyclistes se rasent les jambes (il n'y a pas que pour l'aérodynamisme), pourquoi les coureurs remplissent leur maillot de bouteilles de boisson, comment se font-ils soigner en cours d'étape, que font-ils quand il y a une envie pressante (en groupe, c'est plus sympa, semble-t-il), le montage et démontage des structures de départ et d'arrivée et bien plus.

À ce sujet, ceux qui ne sont pas habitués à cette grande épreuve sportive seront peut-être surpris de voir ce qui se passe à côté du Tour, principalement avec ce qu'on appelle localement la "caravane du Tour" mais que Serge a plus simplement nommé le "cirque". Il s'agit de l'aspect principalement commercial qui entoure l'événement. La caravane est un ensemble de véhicules qui précèdent le passage du "peloton" et qui sont, pour la plupart, à l'image de la compagnie qu'ils représentent, tel cet immense voiture lion pour la banque Crédit Lyonnais, ces chevaux de courses semblant surgir du toit du véhicule du PMU (Paris Mutuel Urbain, pour les paris hippiques) ou encore ce camion qui arrose gentiment les spectateurs sur le bord de la route avec de l'eau minérale d'une grande marque. Pour avoir personnellement connu quelques passages du Tour de France, j'ai l'impression que le "cirque" commercial est un peu moins présent qu'il l'a été il y a une vingtaine d'années, où il n'était pas rare de rentrer chez soi avec des dizaines de cadeaux publicitaires attrapés au vol lors du passage de ces véhicules.

Le film est bâti dans l'ordre chronologique du Tour, de la première étape à l'arrivée triomphale sur les Champs-Élysées de Paris, ce qui est finalement le but de tout participant et bien entendu, d'y arriver le premier. Régulièrement, nous nous retrouvons dans la chambre de Zabel et de son coéquipier Rolf Aldag. Chacun y va de son petit commentaire, de ses sentiments face à l'aventure qu'il vit, ses espoirs en tant que sportif et surtout les nécessités humaines pour mener à bien ce long périple de près de 3000 kilomètres. Les amateurs du Tour savent très bien que les étapes les plus intéressantes sont celles de montagne, et avec les Alpes et les Pyrénées, la France est bien dotée à ce niveau. C'est aussi lors de ces étapes que le véhicule le moins attendu de l'épreuve fait le plus de travail: la voiture balai. S'y retrouver n'est pas plaisant. Cela indique que c'est fini, c'est l'abandon. Les coureurs n'aiment pas y être. Mais c'est aussi une des facettes de l'aventure.

Un commentateur français indique à un moment donné que le Tour est la seule épreuve sportive où ce sont les participants qui vont au-devant des spectateurs et non le contraire comme dans toute autre épreuve où le public doit se rendre à un stade ou une aréna. Ici, le public est roi et en plus il ne paye pas pour le spectacle. Et il est très nombreux tout le long du parcours, trop parfois comme on le voit dans certains plans d'étapes de montagne où la police doit intervenir pour faire la place aux coureurs et ce qui peut entraîner des chutes, comme celle de Armstrong lors de ce Tour et que l'on voit dans la deuxième partie.

First Run Feature nous propose donc ici un excellent documentaire sur un événement peut-être moins connu de ce côté-ci de l'océan, mais qui devrait réveiller des passions. Les images, au format panoramique, sont très belles, hormis les quelques passages historiques et les reprises de retransmissions télévisées. La partie audio laisse un petit peu à désirer. À l'origine, le film est en allemand. Les séquences en allemand sont sous-titrées en anglais (sur le film). Jusque-là, tout est normal. Mais le Tour de France se déroule en France et donc on a souvent des interventions dans la langue de Molières. Elles, par contre, ne sont pas toutes sous-titrées en anglais (par exemple ces préparatifs d'une famille en montagne). Si cela nous avantage à nous, francophones, cela enlève un peu d'ensemble pour un public anglophone. Par contre, nous apprécierons grandement la musique d'ambiance, extrêmement bien choisie selon l'intensité des moments et donnant à ce film encore plus de chaleur et de beauté. Il n'y a pas d'autres sous-titrages ni de codage pour malentendants. Les pages de menu sont statiques.

Il y a par contre peu de suppléments avec cette édition. Nous trouvons tout d'abord environ huit minutes de scènes supprimées "brutes", principalement les préparatifs avec les camions et les équipes. Il y a aussi une petite galerie d'images, toutes provenant du film et enfin des bandes-annonces. Rien de bien passionnant malheureusement là-dedans.

Voici donc une excellente façon de découvrir le Tour de France, même si, c'est aussi une belle rétrospective de l'équipe allemande "Team Telekom" pour le Tour 2003. Peu ou pas de Lance Armstrong dans ce documentaire, juste quelques apparitions furtives dans le peloton. Les pavés parisiens, les cols alpins ou les plaines de Vendée n'auront désormais plus de secrets si le vélo vous intéresse et le Tour de France principalement. Une vision pas toujours drôle, mais vraiment réaliste. À se demander si ces sportifs ne sont pas un peu fous de vouloir endurer une telle épreuve pendant près d'un mois. Quant au spectacle qu'ils offrent, cela n'a pas de prix. Un excellent produit pour les amateurs, mais une grande découverte pour les candides du cyclisme.


Cotes

Film10
Présentation2
Suppléments3
Vidéo8
Audio7