Si vous consultez ce site, c'est que vous êtes probablement un amateur de film ou bien vous êtes arrivé ici par erreur. Si vous êtes du premier cas (je l'espère), vous vous êtes peut-être demandé un jour qui a inventé Hollywood. Hé bien, Turner Classic Movies (TCM) et Warner ont réponse à cela avec la série "Moguls & Movie Stars: A History of Hollywood". Tout amateur de film devrait visionner cette série documentaire pour connaître la provenance de leur art préféré. Apprenez d'où viennent les noms que l'on reconnait dans les génériques des vieux films, sans savoir leur provenance, leurs combats, leurs victoires et leurs défaites, les petits et gros joueurs.
Cette série est divisée en sept parties : "Peepshow Pioneers" (1889-1907), "The Birth of Hollywood" (1907-1920), "The Dream Merchants" (1920-1928), "Brother, Can You Spare a Dream?" (1929-1941), "Warriors and Peacemakers" (1941-1950), "Attack of the Small Screens" (1950-1960) et "Fade In, Fade Out" (1960-1969). Chacune d'entre elles referme une multitude d'histoires qui se résument parfois à l'entêtement de quelques personnes qui ont créé et d'autres qui ont tout chambardée pour arriver à notre ère. Il y a bien sûr une liste d'extraits de film qui m'ont donné envie de revoir les films de la collection TCM Greatest Classic Films et d'autres films que je n'ai jamais vus. Malheureusement, bien des films des premiers épisodes (1889-1928) ont été perdus à tout jamais. Nous voyons même une scène d'horreur ou les films ont tout simplement fondus dans leur boîte parce que personne n'en a pris soin et d'autres moments où les voutes des studios ont passé au feu. On parle aussi du code Hays ainsi que des problèmes de censure et de non-censure des débuts, les cauchemars de la recherche de communistes et les détours pris pour permettre à des gens sur la liste noire de faire du bon travail!
Plusieurs historiens, biographes et descendances des anciens patrons nous décrivent ce qu'ils savent de cette histoire. On nous décrit l'esprit d'entrepreneur d'une poignée d'immigrants qui croyaient que le cinéma était la pour durer, pas juste un gadget du moment. Il est incroyable de voir ce que des champs d'orges et de citronnier sont devenus au tournant du 20e siècle pour devenir la plaque tournante du cinéma. Les Adolph Zukor, Marcus Lowe, Carl Laemmle, William Fox, Louis B. Mayer, Samuel Goldwyn et bien sûr les frères Warner, ils voyaient grand! À partir de l'idée du "The Great Train Robbery", des manufactures de rêve se sont construite et aux alentours de 1922, quarante pour cent des Américains au moins un film par semaine! Chacun avait ses préférés allant de Mary Pickford, Lillian Gish, Mabel Normand, Fatty Arbuckle, William S. Hart, Tom Mix, Douglas Fairbanks, Rudolph Valentino, Lon Chaney, Greta Garbo, Buster Keaton, Clara Bow jusqu'à Charlie Chaplin. Le "star-system " était également né.
Les moments décisifs des studios semblent suivre les moments historiques des États-Unis. Le passage dans la grande dépression (et l'importance de The Wizard of Oz et de Gone with the Wind... en fait l'année 1939), le désir d'indépendance des acteurs et des réalisateurs, les deux grandes guerres, la peur de représailles des grands patrons de faire des films à message, la politique du cinéma, l'arrivée de la télévision et les technologies pour s'en éloigner (entre autres avec le Cinerama, le CinemaScope, le VistaVision, le son multicanaux et le 3-D - une technologie qui ne reviendra plus selon les gens de l'époque). Les derniers épisodes parlent d'une nouvelle génération de réalisateur qui font fit du système des studios et qui ont du succès ainsi que de l'impact qu'ont les critiques, dont Pauline Kael à qui on crédite le changement d'opinion pour le film Bonnie and Clyde.
La qualité vidéo se résume à la qualité vidéo des extraits d'époque (qui sont surprenant pour quelques-uns) et à celle des interviews contemporains. Le tout est clair, sans artefacts gênants au visionnement, même dans les plus vieux films. De toute façon, un amateur de vieux films sait dans quoi il monte lors du visionnement de cette série. Christopher Plummer offre la narration au travers des épisodes. Un excellent choix quant à moi, car il nous tient très éveillé au contenu qui peut être ardu tellement il y a beaucoup d'information. Parlant d'information, il y a un genre de table ronde d'une dizaine de minutes pour chaque épisode où Robert Osborne parle avec les gens qui ont aidé à produire l'épisode en question (historien, réalisateur, etc.). Le tout vient dans un emballage digibook d'une quarantaine de pages de grande qualité avec des photos et un petit résumé de sept épisodes.
Les mauvaises langues diront qu'en sept heures c'est difficile de couvrir 80 ans, en plus que cela ne touche presque pas du cinéma d'ailleurs. Je leur propose de faire leur propre documentaire! Moi j'ai bien apprécié et cela m'a permis de mettre des visages et des personnalités sur les noms des fondateurs du cinéma américain et j'ai trouvé fascinant d'en apprendre tant sur ma passion.
| Film | 10 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |