Documentaire brûlant d'actualité qui n'aura aucune difficulté à faire réagir son public cible, "La variole: anatomie d'un fléau" (et sa version anglaise "Outbreak: Anatomy of a Plague") est disponible tout juste pour l'été... qui est également reconnue comme la saison des maladies.
La récente vague de H1N1 a fait craindre le pire. Et si une épidémie allait bientôt cogner à la porte? C'est à partir de ce cauchemardesque postulat que se dessine cet essai d'anticipation qui mélange passé et présent, réalité et fiction. Pendant 85 minutes, le cinéaste Jefferson Lewis dresse un parallèle entre la pandémie de variole qui a décimé Montréal en 1885 et ce terrible fléau qui serait de retour de nos jours. Même si les époques sont différentes, les similarités sont trop nombreuses pour ne pas les prendre en compte.
Voilà un ingénieux scénario qui évite de justesse son piège premier: le sensationnalisme. Bien que ce long-métrage de l'Office national du film soit alarmiste, il dresse un portrait assez représentatif d'une menace potentielle, tout en éclairant sur des années pas si lointaines. La comparaison est un art si elle est bien faite, ce qui est justement le cas ici, à travers une mise en scène alerte et dynamique, qui fait succéder les têtes parlantes (médecins, journalistes, essayistes, etc.) sans jamais lasser. Au contraire, le propos demeure en tête tant la démonstration est claire et limpide, vulgarisant des données souvent complexes par des exemples éloquents. En apparence il n'y est peut-être question que de vaccins et de contaminations, mais il y a une lutte sous-jacente à la pauvreté, un rapport de force envers les autorités et, intrinsèquement, l'éternelle dichotomie entre le Montréal anglophone et francophone, celui qui est protestant et catholique.
En misant sur des archives et plusieurs photographies en noir et blanc, le rendu vidéo ne pouvait qu'être inégal. Même si le grain et le blocage sont parfois de la partie, les images demeurent détaillées, les couleurs généralement justes et les contrastes suffisamment homogènes pour ne pas trop gâcher la vue. Les pistes sonores privilégient les mots et les dialogues, ce qui est tout à fait normal pour l'exercice. Parfois des bruits de voix, de cloches ou de feux d'artifice peuvent s'échapper des enceintes situées sur les côtés. Des sous-titres blancs apparaissent automatiquement lorsqu'un intervenant parle en français ou en anglais (tout dépend de la langue choisie), le narrateur assume correctement sa fonction descriptive, et les mélodies utilisées ne beurrent pas trop épais les enjeux et les sentiments.
L'étonnante pochette montre un fond en papier journal, laissant figurer une jeune femme avec un masque qui est maculé de sang. Une superbe idée que ne vient nullement rendre justice le très terne menu principal du DVD. Ce dernier ne représente absolument rien, que des carrés où il est possible de déterminer la langue et son "intensité" (en Dolby Digital 2.0 ou en Dolby Digital 5.1). Les suppléments sont également inexistants.
"La variole: anatomie d'un fléau" est un document pertinent qui sert à la fois de pensum historique et de réflexions sur l'état des choses à travers une recréation plutôt réaliste. Espérons seulement que ce ne soit qu'un simple film d'horreur, sauf que si ce n'est pas le cas, il est bon de connaître toutes les éventualités encourues. Un peu opportuniste, mais pas dénué d'intérêt.
| Film | 6 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |