Il est difficile de parler du peintre catalan Salvador Dali sans répéter encore et encore les mêmes histoires entendues de nombreuses fois. L'homme lui-même était un champion de l'autoglorification et parlait de sa vie et son oeuvre sans se lasser à qui voulait l'entendre. Plus que pour tout autres peintres contemporains, il existe des heures et des heures d'archives filmiques et télévisuelles en toutes les langues (il parlait couramment espagnol, catalan, français et anglais) avec Dali. Et c'est pourquoi le documentaire "The Dali Dimension", avec son approche nouvelle, est plutôt une belle surprise.
Réalisé par trois Catalans en association avec la Fondation Gala-Salvador Dali (ce qui facilite sans conteste l'accès aux photos, aux toiles et aux notes du grand maître) ce film analyse l'importance de la science dans la vie et le travail du peintre. Fasciné depuis sa jeunesse par les sciences et étant un homme de grande culture et de grande intelligence, l'artiste espagnol tenta toute sa vie durant non seulement de se tenir au courant des derniers développements en physique, biologie, psychanalyse ou mathématique, mais s'en servit régulièrement dans l'élaboration de ses tableaux. Le film nous montre clairement l'influence de théories comme la physique quantique ou moléculaire ou la découverte de la double chaîne d'ADN sur ses tableaux.
Grâce à des entrevues de scientifiques que Dali a rencontré tout au long de sa vie, on comprend que le peintre s'intéressait de très près aux progrès des idées scientifiques et tentait constamment de joindre l'art et la science. Le début du documentaire parle même d'un congrès sur la science que Dali organisa à la fin de sa vie chez lui à Figueras (maintenant le musée de la Fondation Dali) et où il avait invité non seulement des mathématiciens et des physiciens, mais des écrivains, des musiciens et des artistes. À sa mort on trouva même sur sa table de nuit des livres de l'astrophysicien Stephen Hawking, du mathématicien Matila Ghyka et de l'un des pères de la physique quantique Erwin Schrödinger.
Le film est divisé en chapitres, chacun portant sur une nouvelle découverte qui enthousiasma le génie ou sur un thème entourant une période de création. On associe ainsi la psychanalyse et la théorie de la relativité à sa période surréaliste, la découverte des atomes et de leur composition à sa période "d'objets éclatés", l'ADN à sa phase religieuse et à son désir de compréhension de la vie, le nombre d'or (une proportion géométrique précise découverte par les mathématiciens grecs et qu'on retrouve étrangement souvent dans la nature) à ses compositions plus structurées et ainsi de suite.
Bref, une approche intéressante et bien documentée sur un aspect moins connu de la personnalité flamboyante et souvent paradoxale de Dali. Avec en prime une vulgarisation compréhensible de quelques-uns des grands courants scientifiques du vingtième siècle! Un film vital pour les amateurs du peintre ou les curieux de tous acabits.
En suppléments on retrouve six séquences n'ayant pu se retrouver dans le montage final devant respecter les cinquante-deux minutes imposées par la télévision. Ces entrevues supplémentaires traitent de sujets déjà traités dans le film comme le nombre d'or, l'hypercube ou l'ADN, mais abordent aussi de nouveaux thèmes comme l'holographie et l'antimatière.
Visuellement, la qualité est bonne avec ses riches et chaudes couleurs et ses détails pointus rendant bien les tableaux du peintre. Et ce, même si quelques entrevues d'archives sont plus difficiles à regarder vu leur légère détérioration. Le transfert est impeccable et le résultat final généralement bon. Le son quant à lui varie aussi en qualité. Entre les entrevues contemporaines impeccables et les archives télévisuelles ou filmiques à peine passables, la marge est grande. Heureusement, on a fait un bon traitement pour essayer d'équilibrer le tout et de sauver ce qu'on pouvait sur les extraits plus anciens. On peut ainsi dire que généralement le son est bon.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |