Don McKay
E1 Entertainment / Image Entertainment

Réalisateur: Jake Goldberger
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 774212103766

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
13 juillet 2010

Intrigant film noir qui croule malheureusement sous ses invraisemblances et ses retournements de situations à deux sous, "Don McKay" peine à exploiter les talents de Thomas Haden Church et de Melissa Leo.

Don McKay (Thomas Haden Church) a quitté son village natal en catastrophe il y a de cela 25 ans. Il y retourne à la demande de Sonny (Elisabeth Shue) qui n'en a plus pour longtemps à vivre. Les deux anciens amoureux semblent vouloir retrouver le temps perdu, sauf que rien ne se déroule normalement. Le médecin disparaît sans laisser de trace et le comportement de l'infirmière (Melissa Leo) n'indique rien qui vaille. Quelque chose ne tourne pas rond, mais quoi?

Ce long-métrage écrit et réalisé par Jake Goldberger s'inspire à la fois des ouvrages des frères Coen (comme Blood Simple) que de ceux de David Lynch (Blue Velvet). Il s'agit donc d'un mystérieux film noir, à la fois inquiétant et insaisissable, qui a la matière première pour tenir en haleine. Dommage que du sable vienne entraver l'engrenage. Le ton dramatique est sans cesse bousillé par des personnages unidimensionnels dont l'attitude faire presque rire aux larmes. Pire encore, les situations rocambolesques se multiplient à un rythme effarant, ne donnant pas une grande latitude au résultat final. Après quelques révélations relativement prévisibles, une surprise tardive vient nuancer les enjeux. Manque de bol, cet aspect se veut incohérent et s'inscrit mal avec le reste du récit. Du coup, l'ensemble se regarde sans palpitation, et la très belle distribution (Thomas Haden Church est un excellent acteur trop peu exploité, Melissa Leo peut jouer vraiment n'importe quoi... et Elisabeth Shue ne s'améliore pas en vieillissant) ne peut venir sauver tous ces trous qui ponctuent le scénario.

Les agréables mélodies naviguent allègrement entre les époques, alors que la musique instrumentale (souvent au piano) se veut plus atmosphérique ou stressante. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 berce légèrement les différentes enceintes de bruits d'oiseaux, de cloches, de sirènes et de sonneries de téléphone en se concentrant sur les canaux avant. Les voix sont généralement claires et il est possible d'insérer de très visibles sous-titres jaunes en anglais ou en espagnol. Les images aux détails un peu déficients sont parfois entravées par du blocage. La palette de couleurs (dominée par des teintes de verts) manque d'éclat, bien que la qualité des contrastes soit tout à fait appréciable.

La jolie pochette à l'effigie de Haden Church et de Shue évoque les grands espaces avec la maison, le champ et le ciel qui prennent beaucoup d'espace. Plus conventionnel est le menu principal du DVD qui offre un montage de scènes sur une agréable chanson. En plus de la bande-annonce originale et une série de publicités, les suppléments comprennent près de cinq minutes de séquences supprimées qui approfondissent à peine les relations entre les personnages. Mieux vaut donc opter pour l'intéressante piste de commentaires narrée par le réalisateur Jake Goldberger et le producteur Jim Young qui racontent sur un ton complice la concrétisation du projet, les conditions de tournage et l'apport des comédiens.

En jouant malencontreusement avec les genres (drame, suspense, comédie), "Don McKay" finit par se brûler. Il est toujours agréable de voir un pastiche de films noirs, sauf que ce dernier doit tenir le moindrement la route pour intéresser outre mesure. Ce n'est toutefois pas le cas de cette production prometteuse et généralement bien interprétée qui tourne trop rapidement à vide.


Cotes

Film5
Présentation6
Suppléments4
Vidéo6
Audio6