The Eagle
Alliance / Focus Features

Réalisateur: Kevin Macdonald
Année: 2011
Classification: 14A
Durée: 114 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DVS 20), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935846253

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
20 juin 2011

En privilégiant le drame humain et non l'action gratuite, "The Eagle" de Kevin Macdonald parvient à intéresser grâce à ses enjeux moraux et pas seulement ses nombreux combats. Pour une fois qu'un film est nettement supérieur à sa bande-annonce.

Une légion romaine a disparu dans le nord de la Grande-Bretagne. Cherchant à faire la lumière sur ce phénomène inexpliqué dans l'espoir de retrouver un important emblème, le centurion Marcus (Channing Tatum) et son esclave Esca (Jamie Bell) décident d'explorer cette terre inconnue.

L'été dernier les cinéphiles présents au festival Fantasia ont pu découvrir Centurion qui explorait sensiblement le même sujet. Dans les mains du réalisateur Neil Marshall (qui nous a donné The Descent), cette histoire en devenait une de survie. Le créateur des pertinents The Last King of Scotland et State of Play, Kevin Macdonald, s'est pour sa part basé sur le roman The Eagle of the Ninth (non, il ne parlait pas de golf) de Rosemary Sutcliff. Au lieu d'être un simple film d'action, l'intrigue se révèle riche sur le plan humain, explorant le sentiment de culpabilité d'un fils envers son père. En fait il est possible de tout prendre sur un plan politique, remplaçant à chaque fois le mot Rome par États-Unis et Grande-Bretagne: des grandes puissances qui n'ont pas seulement semé du bonheur sur son chemin.

Les amateurs du genre seront déboussolés par l'importance prépondérante accordée aux mots et aux dialogues. Dans un premier temps le personnage principal cherche à faire la lumière sur son passé, puis il apprendra à considérer son esclave comme un ami. Un traitement qui ne fait pas toujours dans la dentelle (le rythme peut s'avérer laborieux), mais qui s'avère original dans sa façon d'explorer la psychologie de ses individus. Dans cette optique le choix de Channing Tatum peut paraître étonnant. Le populaire comédien n'est pas le plus doué pour faire passer les émotions et il ne fait pas toujours le poids devant le plus talentueux Jamie Bell. Le reste de la distribution - qui n'est pas toujours utilisée à sa juste valeur - comprend les excellents Donald Shuterland, Mark Strong et Tahar Rahim, la révélation de Un prophète.

Le récit comporte également sa part de confrontations impressionnantes. Le chaos règne sur le champ de bataille, il y a plusieurs impressionnantes stratégies militaires qui peuvent rappeler les bandes dessinées Astérix, et une finale particulièrement décoiffante. Surtout que la mise en scène est rigoureuse, la photographie toujours méticuleuse, tout comme les choix musicaux qui évitent la plupart du temps les excès.

Les pistes sonores, efficaces et bien atmosphériques, font ressortir des enceintes des bruits d'animaux et de glaives. Le tout aurait pu être encore plus dynamique et immersif. Les voix sont claires, le doublage francophone généralement au point, et il y a de très visibles sous-titres blancs en option. Les images sont un peu plus quelconques. Bien que le noir soit extrêmement important, les contrastes trop hétérogènes gâchent quelque peu la sauce, enlevant de la nuance aux endroits plus sensibles. Néanmoins les couleurs sont précises et les teintes plutôt détaillées.

La pochette tout à fait dans le ton présente deux individus qui sont disposés à aller à la guerre. Le menu principal du DVD présente plutôt un impressionnant montage de scènes ainsi qu'une puissante et émotive mélodie. Le long-métrage offre la version présentée en salles et celle qui est non censurée, un peu plus sanglante. Les suppléments comprennent des bandes-annonces, une nouvelle fin beaucoup plus pompeuse, des séquences supprimées un peu inutiles, un trop court, mais intéressant documentaire sur le tournage (avec les traditionnelles présentations des personnages, élaborations des thématiques, etc.) et, surtout, une très pertinente piste de commentaires du cinéaste qui, avait sa très jolie voix radiophonique, parle de son amour pour ce projet et sa façon de respecter le budget.

Contrairement à Ben-Hur, Spartacus et autres Gladiator,"The Eagle" n'est pas une tentative pour remettre à l'ordre du jour le péplum. Il s'agit plutôt d'une métaphore sur l'honneur et la guerre qui se déroule seulement à une époque où les glaives et les arcs menaient le bal. Sans être aussi puissant qu'il aurait pu être, le résultat surprend positivement, ne se perdant pas inutilement dans les massacres qui sont trop souvent omniprésents.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments6
Vidéo6
Audio7