La Chambre des morts
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Alfred Lot
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 118 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
17 août 2008

Les derniers suspenses provenant de l'Hexagone préféraient suivre d'ordinaire chemins déjà arpentés par le cinéma américain au lieu d'en déchiffrer de nouveau. C'était le cas de Pars vite et reviens tard, de Ne le dis à personne et de Le serpent, et c'est également le principal défaut de "La chambre des morts", l'adaptation cinématographique du livre de Franck Thilliez.

En pleine nuit, le destin frappe à la porte de différentes personnes. Sur le chemin pour payer le ravisseur de sa fille aveugle, un père est tué. Au lieu d'appeler les flics, les chauffards décident de garder l'argent... ce qui amène le meurtre de la fillette. En enquêtant sur ces crimes, une jeune policière monoparentale (Mélanie Laurent) et ses collègues mettent les pieds dans un engrenage délicat. Surtout depuis qu'une nouvelle disparition est soulignée et que l'auteur semble être le même individu...

Des films comme "La chambre des morts", il doit y en avoir des dizaines qui sortent chaque année. Il s'agit généralement de récits solidement menés qui empruntent autant à Seven qu'à The Silence of the Lambs, l'originalité en moins. C'est justement le cas de ce long-métrage, le premier d'Alfred Lot. Tout tourne autour d'un suspense cousu de fils blancs avec des retournements de situations parfois hasardeux et une héroïne qui semble tout savoir. De ce côté, il n'y a pas de surprise. La prémisse, qui sait piquer la curiosité en offrant un rythme alerte, finit cependant par se prendre les pieds dans le tapis, offrant au passage son lot d'ellipses chronologiques attendues et d'effets chocs un peu gratuits.

Le cinéaste ne cherche heureusement pas à donner mal au cœur au spectateur. Très souvent, il tente de créer des enjeux sociaux qui se terminent selon la Loi du Talion. Si la production est potable à défaut d'être unique en son genre, l'interprétation convaincue des interprètes rachète plusieurs faux pas. À commencer par le jeu sensible et délicat de Mélanie Laurent, révélée dans l'excellent Je vais bien, ne t'en fais pas. À ses côtés, plusieurs visages en demi-teintes, dont les généralement pertinents s'avèrent Éric Caravaca et Gilles Lelouche.

La richesse des deux pistes sonores francophones est toutefois indéniable. Les enceintes sont presque constamment alimentées de craquements de portes, de hululements de hiboux, de bourrasque de vent, d'eau qui s'écoule, de cris de mouettes et des battements de cœur: tout pour créer une ambiance tendue qui tient en haleine. À tel point que parfois, ces sons multiples limitent quelque peu les voix. Il y a cependant d'intéressants sous-titres blancs en anglais pour les gens qui en ressentent le besoin. La musique, à la fois lourde, clinquante, dansante et populaire, manque parfois de folie et d'authenticité pour marquer réellement les esprits. De son côté, l'image emprunte volontairement des tons de gris, de noirs et de blancs, jouant à fond avec les contrastes et les éclairages étincelants (le rouge, le vert...) afin de surprendre en quelques occasions. Du blocage et du grain peuvent cependant apparaître lors de rares occasions, ce qui est toujours un peu étonnant.

La pochette sombre et terne montre la protagoniste derrière une porte grise. Après les bandes-annonces de l'ordinaire Truands, du captivant Une affaire privée, du documentaire Junior et du dernier essai de Catherine Breillat Une vieille maîtresse, le menu principal du DVD s'ouvre sur un mur rouge orné de formes disparates. Il n'y a rien de très beau à voir là-dedans. Il faudra toutefois s'en contenter, car aucun supplément n'est au rendez-vous.

"La chambre des morts" est une oeuvre de son temps, montrant comment les productions françaises peuvent efficacement rivaliser avec celles de leurs confrères américains. De ce côté, la démonstration est éloquente. Il manque cependant beaucoup de profondeur et d'originalité pour que le long-métrage devienne autre chose qu'un simple divertissement sans réelle personnalité. Un des thèmes abordés était les troubles psychologiques liés aux pertes d'emplois, un sujet mieux traité qui aurait pu rivaliser avec l'excellent La raison du plus faible. Au lieu de cela, il s'agit d'un récit prédigéré qui tient rarement la route jusqu'à la fin.


Cotes

Film5
Présentation3
Suppléments-
Vidéo8
Audio8